: Jean-Michel Lemonnier, bloc-notes: mars 2016

mardi 29 mars 2016

Prière du coeur, Hésychasme et mensonges des gourous du Nouvel Âge


Il existe un nombre considérable d'articles, de vidéos, de livres traitant en partie ou totalement de la "Prière du cœur". Or parmi ces productions, un bon nombre n'a absolument aucun rapport avec l'authentique "Prière du cœur", celle transmise par les Pères de l'Eglise et relevant de l'orthodoxie chrétienne. L'inculture religieuse crasse qui prévaut dans les milieux "new age" spiritualistes est la raison de l'usurpation de l'expression "Prière du cœur" qui au...cœur de la tradition spirituelle hésychaste. Il est inutile de faire la liste de toutes les niaiseries "nouvel âge" qui correspondent à ce que Oswald Spengler appelait "religiosités secondaires" et qui loin d' annoncer un renouveau spirituel au sein de ce que nous pouvions encore autrefois le "monde occidental" (expression avec laquelle, nous européens-eurasiatiques, devons rompre) est le prodrome de la disparition imminente de toutes formes de traditions religieuses sérieuses "enracinées". Dans le cadre de ces discours dans lesquels - cela dit au passage - on relève généralement une haine presque totale, vomitive, envers les traditions ecclésiales et un tas d'aberrations comme celle consistant à dire que la prière ne présente pas forcément un caractère religieux. Il convient de rappeler ici que ces bigots du "nouvel âge", ayant élaboré une bouillie œcuménique totalement aberrante, excluent la plupart du temps les traditions chrétiennes catholique et orthodoxe. Ces remarques liminaires posées, passons à la définition et à l'explication de cette "Prière du cœur" qui vise l'Union du fidèle avec Dieu. Cette "prière du cœur" est aussi nommée "Prière de Jésus" et s'inscrit au cœur de la tradition chrétienne de l'hésychasme. L'esychia, terme grec signifiant "paix, silence", c'est la recherche de Dieu. Cette pratique prend sa source dans les Evangiles, dans le message du Christ. La "Prière du cœur" ou "Prière de Jésus" consiste en la répétition permanente d'une phrase simple (avec des variantes) : "Seigneur, aie pitié", "Seigneur, Jésus-Christ, Fils de Dieu, prends pitié de moi, pêcheur", c'est le Kirie Eleison. Il n'est pas question ici de rabâcher continuellement la même phrase. Il faut avoir conscience qu'il s'agit avant tout d'une attitude du cœur, de contemplation, de désirer le Christ. Signalons que c'est Joseph l'Hésychaste (1898-1959) qui rétablira le mode de vie hésychaste au Mont-Athos. Mais c'est saint Syméon le Nouveau Théologien qui définit cette méthode. Aux alentours de l'an 1000, il décrit cette technique ainsi : "Pour prier, il faut fermer la porte de sa cellule, se mettre dans un état de tranquillité, s'asseoir, incliner la tête sur sa poitrine, regarder vers le milieu du ventre, comprimer la respiration, faire un effort mental pour trouver le "lieu du cœur", c'est-à-dire pour se représenter cet organe, tout en répétant "l'épiclèse de Jésus-Christ" ". On le voit, nous sommes très éloignés ici des niaiseries "nouvel âge" qui consistent à  définir la "Prière du cœur" en évoquant cette vague notion d'amour universel, d'intentions envoyées à ses frères humains et autres fadaises sentimentalistes petites-bourgeoises, que sais-je encore...
Saint Grégoire Palamas, moine du mont Athos qui deviendra évêque de Thessalonique, parmi d'autres religieux va défendre l'hésychasme. En 1782,  l'évêque Macaire de Corinthe écrit sa "Philocalie" (traduit par "amour de la beauté") en se basant, notamment, sur l'œuvre des Pères du désert. La "Prière de Jésus" est alors essentiellement réservée aux moines. Au XIXe siècle, le livre "les Récits d'un pèlerin russe", fait découvrir cette pratique spirituelle au plus grand nombre qui connaît alors un très grand succès dans tout le monde chrétien orthodoxe. Durant la période soviétique, malgré les persécutions religieuses et alors que l'édifice ecclésiastique s'effondre, la "Prière du cœur" devient une forme de résistance face au régime athée de Moscou. 

Or donc, cette prière s'accompagne d'une technique basée sur le souffle, ce qui n'a rien d'anodin. Associée à la respiration, cette prière est donc très puissante et génère à terme une profonde modification physique et psychologique et finalement un changement de mode d'être au monde, une modification du régime existentiel du pratiquant. C'est une prière divino-humaine engendre progressivement un changement intérieur chez celui qui la pratique mais a aussi pour objectif de changer le statut ontologique du monde. Le néophyte doit donc veiller à prendre toutes les précautions nécessaires quand il se lance dans cette expérience. Le Royaume de Dieu est Jésus-Christ et c'est Marie qui conduit le prieur vers cette demeure. Marie est la maison de Dieu. C'est Elle qui a reçu l'homme-dieu en son sein. En nous offrant à Elle, à Marie qui est donc porte du Ciel, nous pouvons nous introduire en Christ. Il s'agit alors de s'abandonner à Elle avec une confiance parfaite. Cette prière doit alors permettre d'abolir la distance infinie entre le croyant et Jésus-Christ avec l'aide de la Theotokos et aboutir à la divinisation de l'homme. Il s'agit, dans un premier temps d'entrer en soi-même en faisant taire les bavardages mentaux, puis de dans un deuxième temps de trouver Dieu pour s'unir à Lui. Cette union à Dieu, cette divinisation est donc le but le plus élevé qui soit et demande un effort considérable en empruntant un chemin ardu où le risque de découragement est grand. Cette voie de salut s'oppose donc en tout point aux mensonges de tous les gourous du "nouvel âge" qui promettent à leurs brebis une transformation spirituelle spontanée en affirmant a priori la divinisation de l'homme alors que rien n'a été fait dans ce sens par le "disciple" pour atteindre cet état. Nous sommes, finalement, avec ces pseudo-maîtres spirituels, qui pullulent dans cette société sécularisée dans laquelle les authentiques traditions religieuses ont été oubliées, typiquement dans le mensonge bourgeois du monde post-chrétien du "tout est permis, tout est possible"...

Prière de Jésus  en Roumain : 
"Doamne Iisuse Hristoase, Fiul lui Dumnezeu, ai mila de mine, pacatosul"

vendredi 25 mars 2016

Mircea Eliade - Noces au paradis (partie III)

Voir auparavant sur ce blogue :
http://jeanmichel-lemonnier.blogspot.fr/2014/11/mircea-eliade-noces-au-paradis-quelques.html
http://jeanmichel-lemonnier.blogspot.fr/2014/11/mircea-eliade-noces-au-paradis-nunta-in.html

On peut se demander si Ileana, héroïne du roman "Noces au paradis" n'est pas la Hélène-Ennoia prostituée, compagne de Simon le Magicien perçu comme le premier des hérétiques par les chrétiens, ou si tout du moins le personnage féminin du roman et le personnage historique n'ont pas des caractéristiques communes. Eliade n'assigne-t-il pas à Ileana-Lucifer-Vénus (voir partie II), un rôle identique - celui de rédemptrice - à cette Hélène "découverte dans un bordel à Tyr (...) considérée comme la dernière et la plus déchue incarnation de la "Pensée" de Dieu (Ennoia)". (Eliade, M. (1976). Histoire des croyances et des idées religieuses, volume II). Nous avons montré les similitudes entre Ileana et Lucifer en mettant en exergue un passage significatif du récit d'Eliade concernant la perte de l'éméraude (chute des Cieux de Lucifer)...Eliade écrit ainsi dans son "Histoire des croyances et idées religieuses" : "(...) rachetée par Simon, Héléne-Ennoia était devenue le moyen de la rédemption universelle (...) L'union du 'magicien' et de la prostituée assure le salut universel, parce que cette union est, en réalité, la réunion de Dieu et de la Sagesse divine". Enfin, nous savons que Pierre était l'ennemi de Simon. Cet affrontement entre l'apôtre et le magicien était connu dans les permiers siècles de l'ère chrétienne. Peut-être donc qu'Eliade a transposé cette opposition dans son roman "Noces au paradis" en attribuant à chacun des deux personnages masculins,  Hasnas et Mavrodin, le rôle d'un des deux personnages mythico-historiques pré-cités.

lundi 21 mars 2016

Ovidiu Anton - "Moment of silence" (2016)

Belle découverte à la télévision roumaine, il y a quelques semaines. Ovidiu Anton représentera la Roumanie pour le concours de l'Eurovision 2016 avec une chanson dans le style metal symphonique. De facture classique, plus lyrique que metal, mais ça reste un excellent morceau. Ligne mélodique très travaillée, choeurs grandioses et chanteur à grande capacité vocale : épique ! Une telle situation est (pour moi) suffisamment rare pour être signalée. Il est fort possible que cette chanson arrive à émerger au milieu de ce rendez-vous annuel du néant musical. Mais pour cela, il faudrait compter sur le bon goût des masses. Le public votant étant principalement composé d'amateurs de musique pop et de variétés (ces foutues classes moyennes européennes qui n'ont aucun goût, ces chansons néo-réalistes qui parlent du quotidien, de la "vrêêêêêêe vie" !).C'est donc loin d'être gagné pour Ovidiu Anton...Mais, rappelons qu'il y a eu la "surprise" Lordi dans un style heavy metal, il y a quelques années...De toutes façons, pour moi, ce groupe a déjà gagné...
La chanson candidate (chantée en roumain et en anglais) pour la Roumanie de l'année passée, n'était pas si mal que ça et, elle aussi, largement au-dessus (mélodiquement, capacités vocales du chanteur...) des autres titres proposés. Elle a fini à la 15e place...Voltaj, "De la capat/All over again" : https://www.youtube.com/watch?v=o7iOFkEymXA

samedi 19 mars 2016

Synodikon de l'orthodoxie - Dimanche du Triomphe de l'orthodoxie (20 mars)

Demain dimanche 20 mars, c'est le premier jour du Grand Carême et le dimanche du triomphe de l'orthodoxie. La première célébration a eu lieu en 843. Ce dimanche est devenu la fête de la victoire de l'orthodoxie sur toutes les hérésies dont une des plus importantes est la condamnation de la vénération des icönes : http://www.pagesorthodoxes.net/eikona/icones-intro.htm 
 C'est l'occasion de lire ce document "Le Synodikon de l'orthodoxie" (traduction Jean Gouillard). 
Cet article est éclairant pour ceux qui ignorent de quoi tout cela relève :  "Controverses et continuité de la conscience orthodoxe à Byzance à la lumière du Synodikon de l'orthodoxie" (Jean Gouillard, 1964) http://www.persee.fr/doc/ephe_0000-0001_1964_num_1_1_4879
A lire aussi : http://www.doxologia.ro/puncte-de-vedere/icoana-cea-mai-credibila-lui-hristos-lume

Voir aussi sur ce blogue : http://jeanmichel-lemonnier.blogspot.fr/2015/03/dimanche-du-triomphe-de-lorthodoxie.html