: Jean-Michel Lemonnier, bloc-notes: Etats-Unis
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vendredi 2 octobre 2015

Libération de la Syrie : bombardements russes des positions terroristes


Images télévision russe
L'histoire s'accélère depuis quelques jours...
L'alliance Russie, Syrie d'Assad, Iran et Hezbollah (et Chine ?) mettra-t-elle fin à la domination du B.A.O. au Moyen-Orient et à ses intrigues dans le Caucase (financement wahhabo-étasunien du terrorisme)? Ces opérations militaires menées par la Russie permettront-elles également, par la force des choses, d'en finir avec l'aberrante politique étrangère française actuelle qui n'est évidemment pas née avec Hollande ? Après avoir contrarié les plans otaniens en Europe orientale (Ukraine), la Russie arrêtera-t-elle le projet euroccidental de reconfiguation du (Grand) Moyen-Orient ? Ces questions appellent, bien sûr toutes, une réponse positive.

jeudi 1 octobre 2015

Russie, migrants : analyse d'un général roumain

"La Russie est à l'origine de la 'crise des migrants' en Europe". Ce point de vue formulé par le général d'armée roumain Degeratu, ancien chef d'Etat-Major des armées,  sur la chaîne télévision en ligne "Adevărul Live" est, bien sûr, plus que contestable. Cette déclaration transcrite ici : http://adevarul.ro/international/europa/adevarul-live-generalul-degeratu-despre-criza-imigrantilor-rusia-cea-genereaza-criza-acestei-migratii-excesive-1_55e05dbdf5eaafab2c014a6e/index.html confirme l'alignement total de Bucarest sur la politique atlantiste. Le bidasse gradé parle, évidemment, très bien le langage orwello-otanesque en qualifiant d'"agression" le soutien de la Russie aux rebelles du Donbass et...l'indépendance de la Crimée suite au vote populaire. Mais quoi d'étonnant dans tout cela ? Nous savons que la Roumanie est aux ordres de Washington et continuera de l'être, sauf changement de régime. Mais une telle atttente en l'état des choses politiques actuel est parfaitement illusoire à très court terme. Pourtant. J'ai développé dans une publication scientifique géopolitique à paraître - lisible en prébublication et écrite bien avant le début de la déferlante migratoire en Europe - une argumentation qui permet pourtant d'espérer une sortie de l'histoire des partis politiques roumains en place depuis 89 ou/et par incidence un changement de système politique. La Hongrie pourrait, en effet, jouer dans mes scénarios géopolitiques le rôle déclencheur d'une crise politique majeure en Roumanie.
Cela dit, cette propagande anti-russe très grossière n'émane évidemment pas des seuls ressortissants d'anciens Etats satellisés par la Russie (URSS). Les journalistes français aux ordres, politiquement analphabètes, ne cessent, eux aussi, de dénigrer la Russie poutinienne en pissant à grands flots de la copie atlantiste. Ici sur l'intervention russe en Syrie, ô combien salutaire pourtant : http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20150930.OBS6775/la-troisieme-guerre-mondiale-a-peut-etre-commence-aujourd-hui.html

mardi 30 décembre 2014

Class 1984 et catharsis... (+ The substitute et Class 89)


En plus de sa dimension prophétique, bien qu'il ne fallait pas être grand devin pour soupçonner à l'époque l'évolution à court terme du système éducatif nord-américain (disons euroccidental), ce film clairement imprégné de l'univers d'ultra-violence d'"Orange mécanique" et inspiré de faits divers (1) visiblement suffisamment, sinon nombreux, au moins frappants pour inspirer un tel scénario en 1982, a dirons-nous une fonction cathartique certaine...Comprenne qui pourra...

(1) source : http://www.imdb.com/title/tt0083739/

Dans la même veine : The substitute et  Class 89.


dimanche 16 novembre 2014

Jason et les argonautes (1963) versus 300 (2007)


Tellement plus palpitant, exaltant que ces récents peplums et autres récits mythistoriques "numérisés", destinés à des BDphiles ou hardcore gamers bloqués au stade pré-adolescent, tel le manichéen, anhistorique, propagandiste (1) et accessoirement sans scenario et dialogues véritables, "300", d'une nullité abominable avec ses personnages imberbes sortis d'une salle de musculation de banlieue....Avec ce film, Jason et les argonautes, on a, au contraire, exactement la réprésentation qu'un excellent élève de 6e ou 5e pouvait se faire des héros bien humains (pas des gros beaufs en slip moulant qui s'injectent de l'huile Synthol dans les muscles)  et créatures mythologiques dont lui parlait son professeur d'histoire...

(1) Sparte=Etats-Unis, Perse=Iran. On avait déjà relevé cette utilisation du cinéma (dans un film qui, d'ailleurs, traite, même si très différemment, le même sujet) à des fins de propagande politique (période de Guerre froide) dans The 300 Spartans-La bataille des thermopyles sorti en 1962, dont s'inpire d'ailleurs la BD "300" qui donnera plus tard naissance au fil éponyme.

dimanche 4 mai 2014

Massacre d'Odessa..."L'Europe c'est la paix !" (1) et le stade ultime du pourrissement intellectuel





Pour ce qui concerne le récent massacre d'Odessa, d'une sauvagerie inouïe, alors qu'il s'agit d'un crime de guerre (des personnes sans aucun moyen pour se défendre, enfermées dans un bâtiment que l'on a incendié),  la presse occidentale (française ici, autant dire atlantiste et collaborationniste) se contente de titrer avec détachement et une neutralité parfaitement cynique : "Des dizaines de morts lors d'affrontements à Odessa" (Le Figaro), "31 morts à Odessa en marge des affrontements" (Libération). Et la presse française aux ordres de Kiev-Washington de déverser son flot de conneries autorisées et obligatoires, donc : 

Totalement DEMENT, le confusionnisme, le cynisme et le mensonge partout !

Pourtant, la réalité c'est celle-ci. Une horreur sans nom :
Acculés dans la Maison des Syndicats, 46 manifestants russes (NDA : ou Ukrainiens contre la junte de Kiev) ont été asphyxiés ou brûlés vifs par la milice du parti « Pravyi Sektor », membre du Gouvernement, appuyés par des bandes de hooligans venus en renfort. « Bravo ! Que les diables rôtissent en Enfer », s’est exclamée sur Facebook une députée et porte-parole du parti « Svoboda », membre de l’Exécutif au pouvoir depuis la chute de Viktor Ianoukovitch.



Quelques jours auparavant :

Yulia Izotova, une infirmière de 21 an a été tuée hier par la garde nationale ukrainienne (pravy sektor) à Kramatorsk, République de Donetsk (est de l’Ukraine ancienne).


Voilà le résultat de la collaboration EUA-UE-OTAN, des milices privées de l’anglosphère, du pouvoir à Kiev et des porcs hooligans néo-nazis, supporters de foot abreuvés de haine et de mauvaise bière (comme dirait -presque- l'autre),  issus du lumpenprolétariat ukrainien...
Enfin, une vidéo réalisée par tous ces ridicules du show-business...."L'Europe" (1) c'est la paix (ne pas vomir) :


(1) Lire et entendre "union européenne" évidemment. Ici encore, la confusion constante entre le supermarché européen, l'union des marchands, la zone de libre-échange sous influence anglo-américano protestante et la véritable Europe (l'Eurasie) des peuples qui viendra...

(2)Rectif. du 5 mai : plus de 100 morts à ce jour, peut-être plus...http://ersieesist.livejournal.com/813.html

Ici sur un autre sujet, le crétinisme en phase terminale de certains journaleux. Marianne épingle Le Point.



VOIR AUSSI :
http://jeanmichel-lemonnier.blogspot.fr/p/geopolitique.html


AJOUT du 7 mai 2014 :
http://www.alterinfo.net/CE-QUE-KIEV-CACHE-SUR-LE-MASSACRE-D-ODESSA-_a102296.html

http://reseauinternational.net/odessa-un-simulacre-dincendie-pour-couvrir-lexecution-dun-des-plus-atroces-massacres-jamais-vus/



vendredi 28 février 2014

Victoire euro-atlantiste en Ukraine ?! Pas si sûr...


Il serait bien prématuré de présenter des conclusions définitives sur la situation en Ukraine. Cependant, à suivre le déroulement des événements de ces derniers mois jusqu'à  ce jour, nous avons au moins la confirmation d'un certain nombre de faits sur la nature profonde de l'Union européenne et des Etats-Unis de fait (mais c'est loin d'être une révélation) ET des objectifs de ces derniers en Ukraine.  Ensuite, on ne peut qu'élaborer des scénarios. Le premier, s'il venait à devenir réalité, verrait le recul de l'influence de la Russie en Ukraine, ce qui ne serait guère à l'avantage des Européens de l'Ouest et de l'Ukraine (chantage économique). Le second part du principe que la Russie ne laissera pas les factions séditieuses de l'Etranger étasunoccidentales prendre le contrôle total de l'Ukraine. La "stratégie mondialiste" anti-russe échouerait alors lamentablement


I- Ce qui est désormais certain (ou confirmé)

- L'Union Européenne est bien une structure fantoche,  pseudo-démocratique et pseudo-humaniste téléguidée par Washington. Les "démocrates" euroétasuniens s'accommodent, en effet, fort bien avec la pire racaille nazie, antisémite quand cela arrange leurs affaires. "Sieg heil salutes and the Nazi Wolfsangel symbol have become an increasingly common site in Maidan Square, and neo-Nazi forces have established “autonomous zones” in and around Kiev." Et ces groupes ou sympathisants nazis constitueraient près de 30% de l'ensemble des protestataires d'Euromaidan (A). Nous pouvons en conclure que cette lutte à l'interne contre l'antisémitisme et les partis souverainistes (même groupusculaires et de gauche), en France par exemple, ne sont que des postures visant à discréditer toute idée d'émancipation vis-à-vis de la tutelle atlanto-germano-bruxelloise.
-Les Etats-Unis -"plus grande démocratie du monde"- soutiennent les coups d'Etat et le terrorisme qu'il soit de nature fasciste (Ukraine) ou islamiste (Tchétchénie...avec l'aide des Saoudiens). Et à ce propos, nos humanistes larmoyants traitant Poutine de "tyran" ou de "dictateur" se taisent...
-La "conquête de l'Est" par les Allemands est une vieille histoire et qui n'est toujours pas terminée. La construction européenne ne serait qu'une revanche du IIIe Reich, par procuration...Soulignons aussi que la construction européenne, présentée par ses défenseurs comme remède aux "nationalismes exacerbés" (du catéchisme pour benêts) s'est largement compromise avec "l'idéal fasciste" (l'Europe aryenne d'Hitler, voire la timide dénazification de l'administration allemande après-guerre)...
-Les Etasuniens, les Allemands, les Polonais (on parle des gouvernements ici), les nationalistes et les néo-nazis ukrainiens communient dans une même haine anti-russes (B) Pour ces pantins néo-nazis de l'impérialisme euroccidental, le peuple russe est impur car  il contient des éléments "asiatiques"
.

II- La situation à ce jour en Ukraine dévoile encore un peu mieux le complot euro-étasunien et de 
la "Banque" ayant engendré cette nouvelle (contre-)"révolution"

- Arsenyi Yatsenyuk, membre du "parti Orange" de la corrompue Iulia Timochenko et ancien ministre (2005-2007) et ancien employé de Goldman Sachs a été nommé premier ministre de l'Ukraine.
-John Kerry a promis un milliard de dollars à l'Ukraine par le biais des institutions financières habituelles. Le "sauvetage" de l'Ukraine par la mise sous tutelle de l'Ukraine par le F.M.I. et la Finance. La ruine du pays suivra pourtant même avec cet argent (une "carotte"), à n'en pas douter...
-Outre les catholiques, et gréco-catholiques nationalistes ukrainiens, la minorité Tatare de Crimée (10% de la population péninsulaire) est utilisée par l'union des "complotistes" de l'intérieur et de l'extérieur pour s'opposer à la populations russe (60% de la population criméenne) de la région. Les oligarques euro-atlantistes pratiquent là un de leurs jeux préférés : manipuler et opposer les différents groupes ethniques et/ou religieux au sein des Etats constitués. (voir les guerres yougoslaves des années 1990)


III- Ce qui pourrait survenir en cas de non-réaction de la Russie ( peu probable ?)

Si les forces russophiles et démocratiques de la partie Est et Sud-Est de l'Ukraine et la Russie ne réagissent pas à ce coup d'Etat. Si une coalition (sans doute hétéroclite-> union nationale : des libéraux aux éléments nationalistes et fascistes (C) ) anti-Russes s'installe durablement à Kiev, parmi les conséquences on peut craindre :
-La perte catastrophique pour la Russie de la Crimée, des bases navales de la mer Noire de la Flotte de la Fédération de Russie. Par suite, la mise en place de bases de l'OTAN dans cette zone. La Flotte de la mer Noire est basée dans le port de Sébastopol qui appartient en partie à la Russie (14 000 militaires et 380 bâtiments de guerre). Mais on voit mal les Russes déguerpir avec leurs sous-marins sous le bras. De toutes façons, il existe un accord entre l'Ukraine et la Russie concernant la gestion d'une partie du port de Sébastopol...Les Russes sont, en réalité, chez eux à Sébastopol, mais, sait-on jamais...
-La création de centres de formation pour les terroristes (la Crimée a déjà son lot d'islamistes) basés en Ukraine et financés par l'administration étasunienne, l'Arabie Saoudite et les Emirats pour gangréner un peu plus le Caucase et  le bassin de la Volga, donc la Russie...   
-Un naufrage économique de l'Ukraine déjà lourdement endettée et en quasi-faillite. La Russie refusant désormais de venir en aide à Kiev suite au changement de gouvernement (seul 3 des 15 milliards de dollars d'aides prévus avant la crise ont été versés). Développement exponentielle de "mafias", malgré l'intervention d'un F.M.I. (cf. partie 2) qui a "fait ses preuves" en Grèce par exemple...
Un scénario à la "yougoslave" en somme :  une Ukraine toujours divisée socialement, ethniquement et sur l'appartenance religieuse. A la faveur du chaos déjà réel dans l'ouest du pays,  une épuration ethnique et l' élimination physique des populations russophones dans l'est et le sud de l'Ukraine, provoquant des déplacements massifs de populations. Soit une ukrainisation forcée de la partie orientale et sud du pays. La destruction progressive de toute empreinte de la religion chrétienne orthodoxe en Ukraine orientale notamment. Autrement dit : la guerre.


IV- Ce qui pourrait arriver si la Russie réagit en coordination avec les forces légalistes pro-russes

-Prise de pouvoir en Crimée (République autonome d'Ukraine) par les forces d'auto-défense pro-Russes (les Russes y sont majoritaires). Ce jeudi 27 février 2014, le parlement a un nouveau président pro-russe du parti des Régions de Ianoukovitch. Le drapeau russe flotte sur le parlement de Crimée à Simferopol. Le parlement s'est réuni le 27 février pour fixer la date d'un référendum à propos du statut de la Crimée. Et le pouvoir central provisoire de Kiev ne semble, donc, pas maîtriser la situation dans la péninsule à ce jour. La population pro-russe s'organise de manière autonome et défie le pouvoir central. Plus qu'une autonomie accrue de la péninsule, va-t-on vers une sécession de celle-ci avec le reste de l'Ukraine ?
-La Russie et les Ukrainiens(-Russes) hostiles aux formations qui souhaitent diriger l'Ukraine s'accordent donc  pour sauver la Crimée des mains du nouveau pouvoir à Kiev. Intervention directe de l'armée russe pour protéger la zone (Sébastopol...). Dans ce cas, il est à peu près certain que ni les Etatsuniens ni l'Union européenne ne se permettront de contrer militairement la Russie ; une troisième guerre mondiale étant quasiment assurée dans le cas contraire. Mais, déjà ces insupportables donneurs de leçons américains mettent en garde, sans aucune honte : "Toute intervention militaire qui violerait la souveraineté, l'intégrité territoriale de l'Ukraine, serait une grave erreur" (John Kerry, février 2014). Alors que ce sont les Etats-Unis qui sont largement impliqués dans ce coup d'Etat en Ukraine...
-Des mouvements de troupes russes à l'ouest et au centre de la Russie sont, par ailleurs, en cours (27/02). Cela n'a rien d'exceptionnel. Mais dans ce contexte de crise, ce qui s'apparente pour l'instant à une démonstration de force, mènera-t-il à une invasion d'une partie du territoire ukrainien par l'armée russe (autant dire entrée en guerre contre l'Ukraine et les forces de l'OTAN). Mais, sans doute, que la dramatisation n'est pas de mise ?!...
-A court terme : création de deux entités. La première : L'Ukraine ukrainienne de l'Ouest formée sur la base d'une légitimité vaguement historique (influence lituano-polonaise), la seconde passerait définitivement sous protection russe, sous la forme d'un Etat indépendant pro-russe (ou annexion-> peu probable) qui correspondrait donc à la partie est et sud-est du pays. Concernant, la deuxième entité territoriale, peut-être correspondrait-elle uniquement à l'actuelle Crimée. 
-Sur le moyen à long terme : Indirectement, les fauteurs de guerres euro-atlantistes et leurs pantins "orange" et  néo-nazis pourraient donner corps à une grande Russie : la partie orientale (et sud-est) ukrainienne rattachée à la Russie permettrait de faire la jonction jusqu'à la Transnistrie pro-Russe. Renforcement de l'axe ou de la ligne de front eurasiste : Moscou-Minsk-Simferopol-Tiraspol.
La  Russie serait alors plus forte que jamais depuis la dislocation de l'Union soviétique. Cela constituerait un véritable camouflet pour les forces impérialistes euroccidentales. On peut même imaginer que la création cette nouvelle fédération russe (tout au moins cette union pan-russe) porterait un coup d'arrêt aux manipulations eurotanesques en Europe centrale et orientale et à la stratégie d'encerclement de la Russie.







Carte front pionnier eurasien/eurasiatique, février 2014. Le front pionnier de l’Eurasie à la date du 27 février 2014 

En conclusion : Nous avons confirmation que la véritable Europe se trouve bien plus à Moscou qu'à Bruxelles. La "Troisième Rome" est un des centres de cette Europe charnelle et spirituelle (comme peut l'être la Roumanie malheureusement bien trop russophobe et fascinée par "l'Amérique") aux antipodes de cette Europe américaine pilotée par les techno-gestionnaires bruxellois aux ordres des guerriers de Washington aux mains pleines de sang. Les nations d'Europe occidentale autant que celles des ex-démocraties populaires n'ont rien à gagner à rester sous la domination matérialiste impéraliste molocho-mammonite actuelle....
Enfin, être dans le "camp russe" (puisqu'il faut désormais raisonner en ces termes et sans donner de blanc-seing à Poutine) c'est s'opposer aux "marchands", c'est se positionner pour une Europe des nations souveraines qui veulent rompre leurs chaines imposées par leurs maîtres banquiers et européotanesques.

(A) source : Blumenthal (M.) "Is the US backing neo-nazis in Ukraine?", 24/02/2014,  http://www.alternet.org/tea-party-and-right/us-backing-neo-nazis-ukraine)
 (B) On signalera également, encore une fois, la bêtise crasse de certains nationalistes européens, notamment Français, qui ont applaudi au déboulonnage des statues de Lénine en Ukraine (ce vieux fond anti-communiste pathologique) par les insurgés anti-Ianoukovitch. Ces "natios" toujours à s'extasier devant n'importe quels ahuris sous prétexte qu'ils défient l'Union européenne (Aube Dorée en Grèce, le Jobbik ou l'irrédentiste Orban en Hongrie...) et qui appellent à "l'union de patriotes européens" sans même se poser la question si ces "patriotes" (au passage le terme patriote n'appartient sûrement pas à ces formations clairement néo-fascistes ou néo-nazies) partagent les mêmes intérêts.
 En effet, à titre d'exemple Orban et le Jobbik réclament les territoires perdus par la Hongrie, notamment la Transylvanie et s'opposent par incidence aux mouvements nationalistes roumains (Parti de la Grande Roumanie, Noua Dreapta/Nouvelle Droite) qui portent une haine atavique à l'égard des Magyars de "l'intérieur" et de "l'extérieur". Pareillement, quelle entente possible entre les néo-oustachis croates, les partisans d'une Grande Albanie incluant le Kosovo et les nationalistes serbes ?
Il n'y a évidemment pas de possibilité d'union de TOUS les "patriotes", ou alors de manière tout à fait ponctuelle. Dans tous les cas, cette "union des patriotes européens" ne peut se faire qu'une fois débarrassée de ses stupides éléments racistes et irrédentistes et devrait nécessairement être un "front" créé sur  une base socialiste et religieuse (le projet communiste athée, plus grand monde n'en veut d'ailleurs) et non crétinement ethnique. Il faudrait aller vers la construction d'une "théologie de la libération européenne ou eurasiatique" en somme...
(C) Les libéraux finiront-ils par marginaliser, au moins, les éléments extrémistes qui ont participé au coup d'Etat ? Rien n'est moins sûr...

samedi 1 février 2014

Ukraine : nouvelle agression impérialio-messianique au coeur de l'Europe



I-L'administration étasunienne et les ONG manipulent les "Euro-maïdan"



Les barbares de Washington-Bruxelles(-Berlin) sont une nouvelle fois complices, sinon les fomenteurs, d'une guerre civile, cette fois en Ukraine. Ils propagent encore le choléra "orange-brun", nouvelle tentative, cette fois-ci plus musclée de faire tomber, un régime dorénavant favorable à la Russie. 


Qu'ont à voir les Etasuniens dans cette histoire ? C'est simple. Ils ont "partout". Relisons d'abord ce qu'écrivait Zbigniew Brzezinski dans son ouvrage "Le Grand Echiquier" (1997) : " Sans l’Ukraine, la Russie cesse d’être un empire, mais elle le devient automatiquement avec une Ukraine subornée, puis subordonnée ". Mais aussi "l'Eurasie reste l'échiquier sur lequel se déroule la lutte pour la primauté mondiale (...) quiconque contrôle ce continent contrôle la planète". L'objectif des Etasuniens est avoué et parfaitement clair. Encercler la Russie, contrôler le Rimland. Tels sont les buts de la puissance thalassocratique étatsunienne. Un "bloc eurasiatique" uni porterait un coup d'arrêt à la politique impérialiste etasunoccidentale. En décembre, le sénateur républicain et ancien candidat à la présidentielle américaine John McCain était en Kiev et a déclaré aux insurgés pro-euro-atlantistes (1) qu'ils avaient "le soutien des Etats-Unis"C'est ce même cow-boy qui, en Lybie en 2011, avait appelé les Russes "à s’armer et à tuer Poutine comme l’avait été Kadhafi"...Cela ne fait que confirmer les buts de dominations avoués par Brzezinski.
L'Association Project on Transitional Democraties qui a financé toutes les "révolutions colorées'" (Ukraine, Georgie, Kirghizstan) s'appuie sur l'USAID ( Agence des Etats-Unis pour le développement international), et des ONG (Fondation Soros, Freedom House) pour "arroser" de millions de dollars les activistes anti-russes favorables aux intérêts atlantistes, mais aussi la "presse d'opposition indépendante" (sic), et les instituts de sondages lors des échéances électorales...Ces organisations sont évidemment toujours actives en Ukraine. 
II-Une Ukraine indispensable à la Russie et aux Etats-Unis...




Sans l'Ukraine (pour les Russes le peuple ukrainien est un peuple frère), la Russie perd un accès à la Mer Mediterranée et aux "mers du sud" via la Mer Noire (importance de la Crimée). Plus de 60% des échanges commerciaux ukrainiens se font avec la Russie. La question énergétique est aussi centrale dans la relation entre les deux Etats. Si on change d'échelle, on sait que la Russie essaie de créer une entente, en partie réalisée, avec d'anciennes républiques socialistes soviétiques : l'Ukraine, la Biélorussie et le Kazakhstan. En somme, les enjeux géopolitiques ou géostratégiques sont énormes pour la Russie et l'Ukraine orthodoxe russophone. 

L'Ukraine est donc bien au cœur de ce "nouvel" affrontement Est-Ouest (avait-il seulement cessé depuis 1991 ?). Les élections de 2010 ayant été un échec pour les nervis "orange-brun" suppôts de l'union euro-atlantiste, ces guerriers impérialistes appellent désormais à l'insurrection en Ukraine. Les EUA et l'Union européenne ont, en effet, perdu leur agent en 2010 : le président atlanto-européiste Viktor Iouchtchenko qui, au passage, a réhabilité durant son mandat la figure du nazi ukrainien Bandera (2). Les oligarques qui ont soutenu le président Ianukovitch tant qu'il allait dans le sens de leurs intérêts (tournés vers l'Euroccident) l'ont désormais lâché face à la volonté du chef d'Etat de défier Bruxelles et se tourner vers Moscou. Cette clique oligarchique soutient désormais les opposants au régime en place, et Vitali Klitchko est le nouveau poulain des barbares euro-mondialistes. 

III-Une géographie électorale reflet des clivages ethnico-religieux ukrainiens sur lesquels s'appuient les forces atlantistes

La géographie électorale de l'Ukraine atteste d'une division du pays.... sur laquelle les fauteurs de guerre habituels vont s'appuyer et... manipuler. Cette géographie électorale reflète assez bien les clivages socio-ethnico-religieux du pays. Les opposants à Ianukovicth résident majoritairement dans la partie ouest de l'Ukraine nationaliste, catholique qui est la plus occidentalophile. Dans la partie orientale chrétienne orthodoxe, la plus russophone et russophile, on trouve les meilleurs soutiens au chef d'Etat actuellement en place. Une zone orientale à la culture ouvrière fortement enracinée et plutôt nostalgique de l'Union soviétique. Le centre de l'Ukraine est quant à lui peuplé de populations de religion grecque-catholique ou uniate. 


Document 3 : carte ethnolinguistique de l'Ukraine
  

La stratégie du nation building pourrait fonctionner encore une fois dans ce contexte ukrainien.

Et, même si Poutine semble mépriser le président actuel le trouvant bien trop affairiste et manipulateur à son goût, la Russie a bien compris le danger de laisser-faire ces factions séditieuses téléguidées par Washington et leurs sous fifres d'Europe occidentale. 

IV-Le monde chrétien orthodoxe est une des cibles privilégiées du bloc euro-germano-étasunien 


Des contre-révolutions de la fin des années 80 dans les démocraties populaires et URSS à la crise ukrainienne actuelle en passant par l'agression militaire contre la Serbie ("une agression du plus pur style hitlérien " selon Zinoviev) par le bloc euro-germano-étasunien, les mêmes acteurs sont à la manoeuvre.

Alors pourquoi cet acharnement de la part des barbares anglo-saxons, germains et de leurs sous-fifres ?
Parce que les valeurs de l’orthodoxie chrétienne sont incompatibles avec le projet messianique de "nouvel ordre mondial". Zbigniew Brezinski, élément majeur de l’Etat profond étasunien affirmait, par exemple, en 2007 que : "Le principal ennemi de l’Amérique est désormais l’Eglise orthodoxe russe".

N'en déplaise aux matérialistes (marxistes ou bourgeois) purs et durs, l'orthodoxie chrétienne est le ciment de nombreuses nations est-européennes. C'est bien l'appartenance religieuse et donc ce vieux fond pagano-chrétien orthodoxe propre aux civilisations rurales d'Europe centrale et orientale qui prime sur la conscience de classe, malgré l'arrogance des nouvelles aristocraties d'argent qui ont émergé dans ces pays dans les années 1990 et malgré toutes les humiliations subies par ces populations du fait de l'avènement du capitalisme sauvage. Ce sont peut-être les valeurs de l'orthodoxie chrétienne qui seront le fer de lance des révolutions anti-capitalistes futures dans ces ex-démocraties populaires et en Russie...et qui gênent, de fait, les matérialistes bourgeois euroccidentaux.

Ici, l'analyse marxiste montre donc toutes ses limites. Les attaques de natures diverses (par la guerre civile larvée ou la séduction/protection de l'OTAN-UE) à l'encontre d'Etats de culture chrétienne orthodoxe sont une constante. Que nous le souhaitions ou non, nous sommes face à un conflit civilisationnel et nos médias et politiciens euro-étasuniens veulent d'ailleurs absolument nous convaincre de sa réalité. Certains en ont décidé ainsi. Lire la situation actuelle en Ukraine à la lumière de cette grille de lecture ne signifie pas souhaiter ou adhérer à ce "choc". Force est d'admettre, pourtant, que c'est bien cette vision géopolitique qui guide la politique étrangère étasunienne aujourd'hui (3). Plus que des sytèmes économiques ou des "modes de production" antagonistes qui s'affronteraient, c'est bien un impérialisme matérialiste euroccidental (on incluera les Etats matérialistes arabo-wahabites) qui a pour projet de détruire un monde spiritualiste (malgré l'imprégnation de l'occidentisme capitalo-communiste dans l'aire civilisationnelle est-orthodoxe) de type chrétien orthodoxe (et en partie mulsulman).

En conclusion : des questions.

 Jusqu'où iront ces agents subversifs américains, leurs amis nazis manipulant bon nombre de ces manifestants pro-UE ? Comment réagira la Russie si le président actuel est destitué au profit de Klichtko ou tout autre nervi euro-atlantiste ? Se dirige-t-on vers un scénario à la Yougloslave ? Plus encore. Les Etats-Unis ruinés, au bord de l'implosion et du chaos social veulent-ils porter -avec la complicité des l"Europe communautaire- la "guerre civile" en Europe qui leur permettrait de sauver leur système militaro-totalitaire et le culte du veau d'or ?


(1) Qui se pose la question de savoir pourquoi des Ukrainiens auraient massivement le désir de rejoindre une Europe communautaire à l'agonie ?
(2) Bandera est la figure tutélaire du parti Svoboda, parti national-socialiste qui fait partie de la coalition hétéroclite hostile au pouvoir actuel.
(3) Précisons, toutefois, qu'Huntington ne mentionne pas originellement la "civilisation orthodoxe" et qu'il souhaitait une politique étrangère US pro-russe au début des années 90. En outre, la Grèce incluse dans le monde euro-étasunien selon ce même géopolitologue est fortement liée au monde chrétien héritier de Byzance. Ajoutons qu'Huntington réduit le "monde musulman" à un bloc uni, ce qui ne correspond pas à la réalité objective. En somme, on ne peut pas dire que les administrations américaines (et l'Etat profond) aient suivi à la lettre ce que le politologue préconisait.

samedi 1 septembre 2012

De l’idéologie dominante, de la gouvernance globale et du néo-totalitarisme à travers l’opération « Pussy riot »




L’affaire des « pussy riot » qui aura mobilisé tout le bottin mondain du show-business et politique « occidental », de Sting à Bernard-Henry Levy, du ministre du logement Mme Duflot (encagoulé pour l’occasion), au département d’Etat américain, aura permis de donner une nouvelle dimension à la dénonciation du « totalitarisme poutinien ». Sous couvert apparent de défense de « toutes les libertés », y compris celle de s’insérer un poulet mort dans le vagin, c’est tout le système de domination mondialiste, toute l’idéologie « libérale-libertaire » -néo-conservatrice dans sa version Outre-Atlantique- qui se sera affirmée, sûre d’elle-même, autoritaire, dominicaine et insensible (comme dans tout bon système totalitaire) aux arguments des parties adverses. Que peut représenter ce « groupe de musique punk », qui n’a visiblement jamais rien enregistré, ayant rapport avec la musique ou le mouvement « punk » (mort depuis 30 ans -le Système l’ayant récupéré comme n’importe quelle autre tendance (méta-musicale))- pour ces thuriféraires du pouvoir global ?Encore une fois, il nous faut aller au-delà de l’écume des choses, un travail infaisable pour ces hordes de journalistes et parfois d’universitaires « aux ordres », tous relais, plus ou moins savants et habiles d’une idéologie dominante ne faisant que peu de cas des positions divergentes » des leurs, en tout cas peu soucieuses d’un minimum d’objectivité…

Soyons clairs et directs, derrière « Pussy Riot » il y a OTPOR (« résistance » en français), groupuscule créé en 1998, accompagné par d’autres ONG transnationales, actives dans la campagne de déstabilisation du régime de Milosevic. Plus encore, c’est George Soros, Gene Sharp et son « Albert Einstein Fundation », ou encore « Freedom House », qui fournissent le matériel idéologique à OTPOR. In fine, nous retrouvons sous le vernis subversif porno-punk pro-occidental des « Pussy Riot », la CIA, qui à travers l’USAID (United States Agency for International Development) rejeton du « Plan Marshall », soutient tout ce qui a pu se révéler anti-Milosevic, anti-communiste viscéral ou plus généralement opposé à la « gouvernance globale » et à son bras armé dévastateur, ces dernières décennies. 


Or donc, « Pussy Riot » n’est rien, ou bien plutôt, disons, une vitrine visant à déstabiliser par le « spectacle » la Russie poutinienne, tout comme le groupe de « performeuses féministes » ukrainiennes des « Femen » (300 membres !) qui s’est récemment distinguée, à Kiev, en sciant une croix érigée en mémoire aux victimes du… stalinisme. Qu’il s’agisse à travers cela, d’une volonté de provoquer l’émotion et une réaction virulente des peuples dans ce monde slavo-orthodoxe encore très pieux -tout imprégné de ce « christianisme populaire », encore très rural, largement emprunt de paganismes, très loin de ce catholicisme bourgeois d’Europe occidentale par ailleurs- pour dénoncer des « sociétés réactionnaires » selon les critères bourgeois américano-occidentaux, ou qu’il s’agisse de dénoncer les positions russes sur la Syrie, une chose est sûre, la Russie est la cible prioritaire des « forces occidentalistes ». Dans une « société occidentale » (euro-américaine) (nous pourrions discuter d’une telle expression, mais elle répond bien à la désastreuse soumission des peuples à la thèse « huntingtonienne ») à l’inconscient miné par le refus trans-classe de l’interdiction, des limites ; la victimisation de l’entité Pussy-Riot fera sans doute plus dans la mobilisation des opinions dans cette croisade contre le monde russo-eurasien orthodoxe et musulman d’essence socialiste que n’importe quelle dénonciation de prétendues fraudes éléctorales dans cette nouvelle « Russie unie », par exemple.

 La guerre psychologique -en attendant l’entrée en scène de la soldatesque armée et casquée- a pris son rythme de croisière. Il faut s’attendre à encore plus d’opérations de subversion « orange-brune », à voir s’afficher dans les media « maintream », ces groupes d’ « agit-prop » composés de jolies femmes blondes ax culottes oranges, armées de tronçonneuses de couleur identique, parfois détentrices de visa de résident(e) canadien ou de pays vassaux de la sphère d’influence anglo-américaine, portant haut des bannières signées du logo inspiré du mouvement OTPOR -un poing serré cerclé de blanc- copié sur celui de mouvements anti-fascistes (identique, d’ailleurs, au geste rageur et déterminé d’un certain Anders Breivik lors de l’ouverture de son procès…). La Russie est redevenue une grande puissance. Elle n’est plus gouvernée par des alcooliques et une poignée d’oligarques qui n’ont jamais hésité à aller chercher leurs soutiens aux Etats-Unis d’Amérique. Dès lors, ces derniers doivent plus que jamais empêcher le rapprochement de la Russie avec certaines puissances est-europénnes (les anciennes républiques soviétiques et les « démocraties populaires ») mais surtout ouest-européennes et asiatiques (Allemagne, Chine ou même encore la France) pour éviter que l’heartland ne leur « échappe » définitivement. La puissance thalassocratique étatsunienne a besoin du rimland, des « rivages » qu’un « bloc eurasiatique » uni serait en mesure de lui rendre inacessible pour longtemps… 


Certains diront que nous allons chercher bien loin les tenants et aboutissants de ces médiocres « performances » réalisées par ces jeunes personnes… Nous dirons que des provocations des « Voïna » russes pornographes hédonistes aux « rebelles » anti-Assad, c’est bien pourtant le bloc occidentalo-mondialiste, d’essence capitalo-protestante, qui soutient ces actes de subversion et de déstabilisation protéiformes. Et, c’est bien la même monstrueuse machine politico-médiatique qui est à l’œuvre dans la mise en place de ce nouvel ordre militaro-consumériste global. Au final, les « pussy riot » n’incarnent donc rien en même temps qu’ elles reflètent tout… tout ce que le monde occidental produit d’indécent, de « non-valeurs », de réellement autoritaire, de « spontanéiste » au service d’un projet tout aussi creux que non-viable. Elles reflètent tout aussi bien, le monde de la prédation financière, l’hédonisme porno-publicitaire, abrutissement par le « je » et le « jeu » . Elle sont, de toute évidence, le prodrome de « fin d’un monde »… le déclin de l’ « Ouest », là où le soleil se couche… Nos regards d’hommes et de femmes debout ne peuvent, par incidence, que scruter l’Est, le Levant, et attendre le retour du Soleil invaincu…

par Jean-Michel Lemonnier, retrouvez cet article ici : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/de-l-ideologie-dominante-de-la-121969

samedi 14 mars 2009

Obama et la "question amérindienne"-articles de 2009


Notre propos, ici, n'est pas de revenir sur l'engouement qu'a pu susciter à travers la planète, la campagne électorale puis l'élection de celui qui a bénéficié d'un soutien de la part d'une majeure partie des opinions publiques de presque tous les Etats du monde, à l'exception, peut-être, de celle de l'État d'Israël.
Nous n'évoquerons pas, non plus, très longuement la "racialisation" des commentaires sur son élection, éclipsant (presque) tout jugement réellement politique sur l'événement de la part de ces mêmes opinions publiques. On a, effectivement, fêté l'événement comme "la victoire d'un Noir à la Maison-Blanche". Signalons, aussi, que cette analyse, à travers le prisme de l'appartenance ethnique portée sur la personne d'Obama est autant le fait des racistes que des anti-racistes. Les premiers ont été sidérés par l'accession d'un Afro-américain (un métis en réalité) à la tête de l'Etat le plus puissant du monde, les seconds, pourtant toujours prompts à faire fi de l'appartenance ethnique (simple formule euphémisante du mot race) de l'individu, ont exulté à l'annonce du résultat de l'élection : "Enfin, un Noir à la présidence des Etats-Unis!". Enfin,ce qui est apparu stupéfiant, ce sont les propos tenus par de jeunes Français d'origine africaine hurlant à tout rompre : "Nous avons enfin notre président!"... (article Lemonnier)
Au-delà, des réactions hystériques des uns et des autres, il apparaît pourtant qu'Obama a été le premier président démocrate, depuis Johnson en 1964, a avoir été élu avec autant de "votes blancs" (vous excuserez ce malicieux jeu de mots). D'ailleurs, n'a-t-il pas fait campagne sur sa couleur de peau...
En réalité, "Obama représente l'archétype de l'idéologie mondiale unique (IMU) : métis, mondialiste, social-démocrate, de gauche, « antiraciste ». Il est l'élu de l'Amérique des minorités assistées et de l'hyper-classe mondiale assujettissant les classes moyennes blanches." http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=10845"
Cette longue introduction (qui a plus valeur de prologue) nous a, en tout cas, rappelé quelques éléments contextuels sur l'arrivée au pouvoir du 44ème président des Etats-Unis ou au moins comment celle-ci a pu être perçue.
Nous voulons donc aborder ici ce que pourrait-être le traitement de ce que l'on désigne communément sous le nom de "question (amér-)indienne" aux Etats-Unis (et a fortiori dans les Amériques) après cette élection. Nous essayerons d'éviter de nous attarder sur les origines ethniques d'Obama (origine kényane, caucasienne, cheerokee). Ce serait, encore une fois, considérer les potentialités de ce président à la lumière de critères raciaux.

Nous tenterons simplement d'apprécier comment ce président "post-racial" comme il a pu se définir, gérera cette question, qui fait figure de préoccupation marginale, pour nombre d'observateurs. Certains objecteront,peut-être aussi, à la vue de ce qui est mentionnée plus haut, que distinguer une cause amérindienne, c'est racialiser un propos comme d'autres ont pu le faire lors des élections américaines...Nous disons, simplement-et c'est sans doute un positionnement idéologique- que la "question amérindienne" est justifiée (justifiable) car elle recouvre un ensemble de revendications identitaires (nous ne sommes donc pas, ici, dans une logique d'assignations identitaire) toujours d'actualité. En outre, si le "monde amérindien" est polymorphe, multiple, si des oppositions s'y affirment (choix entre assimilation à la société dominante et entre-soi choisi, par exemple) il reste que celui-ci est reconnu légalement puisque les différents gouvernements américains ont, depuis deux siècles, réservé un "traitement" particulier aux individus qui le composent : signatures de traités, "cession" (plutôt rétrocession) de terres, expropriations, reconnaissance de groupes d'individus identifiés, "critérisés", catégorisation (reconnaissance statistique des Amérindiens), permettant l'octroi de droits ou, a contrario, leurs limitations, etc.
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Trois arguments me paraissent parler en faveur de la particularité de cette "question indienne" :
-le statut de premiers habitants de ces "Indiens"-la faiblesse numérique actuelle de ces nations vis à vis des autres "grandes 'minorités ethniques' " présentes sur le sol américain
-la marginalisation actuelle, sans aucun doute, plus affirmée de ces populations par rapport aux autres "minorités" (agrégation dans des réserves pour certains groupes, configuration considérée par certains comme un "privilège" pourtant)
.
Par ailleurs, existe-t-il une élite sociale et politique amérindienne (en dehors des réserves et des conseils tribaux) comme il en existe une chez les Noirs américains? A priori, non...
1) Ainsi donc, il n'est, sans doute, pas inutile de rappeler que les peuples désignés sous le terme générique d'"Indiens" ou d'"Amérindiens" sont les premiers habitants des Etats-Unis. D'autres termes, plus appropriés peut-être, servent, d'ailleurs, à les désigner :"Peuples natifs", "Peuples premiers", "premières Nations" "populations aborigènes d'Amérique" etc. En outre, il est aussi bon de noter, que l'ensemble de ces populations premières n'a jamais formé une seule entité. Il n'y a jamais eu unité de langue, de culture entre ces peuples ou même d' "empire", de "gouvernements" les fédérant, avant l'arrivée des premiers européens, en tout cas.
Ceci étant dit, et c'est un avis personnel- cette "question indienne" ne peut être mise sur le même plan que la situation des autres minorités présentes postérieurement sur ce même territoire américain. C'est l'argument le plus important permettant de dire- et sans rentrer dans la polémique d'une concurrence victimaire- que les Nations amérindiennes sont les plus marginalisées puisque dépossédées de leurs territoires, à l'arrivée des Européens. Alliés occasionnels ou ennemis des nouveaux arrivants du "vieux-continent", peu "utilisées" comme main d'oeuvre par les colons,comme ce fut le cas en Amérique latine, la vertigineuse chute démographique de ces Nations (ils ne sont plus que 250000 en 1896, les estimations hautes pour le peuplement au XVIème vont jusqu'à 12 millions d'individus), due aux guerres et épidémies incessantes, font que le génocide(euphémisé par les expressions "guerre de colonisation", "pacification des territoires"), et l'ethnocide amérindien qui s'en suit, ne supportent aucune comparaison possible dans l'histoire de l'Humanité.
2) L'aspect quantitatif :  ces "Indiens" ne représentent 2% de la population totale des Etats-Unis.En 2005, sur environ 300 millions d'habitants aux États-Unis, le gouvernement recensait :*42,7 millions d'hispaniques*39,7 millions de Noirs au total, i.e. les Afro-Américains, les d'Africains récemment arrivés et les Noirs d'origine antillaise.* 4,4 millions d'habitants d'origine asiatique *4,5 millions d'Amérindiens et d'indigènes de l'Alaska  * 1 million d'indigènes d'Hawaï et des îles du Pacifique (que l'on ne distinguera pas du cas Amérindien puisque relevant de la même logique, i.e; appropriation de territoires etc.)
Il reste, par ailleurs, qu'il est difficile de savoir qui est "Indien" aujourd'hui. Les critères d'indianité étant très "laches" . L'indianité c'est avant tout une revendication identitaire :" Je suis de sang indien". Juridiquement, il existe le "certificat de proportion de sang indien", il faut justifier d'1/4 de sang indien (critères variables visiblement) auprès du bureau des affaires indiennes pour revendiquer son indianité. De plus, certains "Indiens" ne font même pas la démarche pour l'obtention de ce certificat...
3) La question des réserves indiennes (presque 300 au total) : idée des colons du XVIIIème siècle, il s'agissait de mettre à l'écart (ségrégation spatiale et ethnique) ces Native american. En 1825 : déportations vers l'ouest des Etats-Unis, création d'un "territoire indien", on parlera de "solution finale" a posteriori, puis c'est la guerre de sécession, de traités en invasions de toutes sortes, le  "ghetto" éclate...
Aujourd'hui...on ne s'étendra pas sur le statut juridique des Nations indiennes et de leurs territoires. Disons simplement que les groupes indiens sont des "communautés politiques distinctes et indépendantes conservant leurs droits naturels originels" en matière d'administration locale. Les groupes indiens demeurent "un peuple séparé conservant le pouvoir de réglementer leurs rapports internes et les relations sociales" (1886), c'est la souveraineté tribale. Les groupes indiens sont considérés comme des nations internes aux Etats-Unis.
Certains arguent que les "Indiens" des Etats-Unis sont aujourd'hui très riches grâce à une loi de 1988 autorisant, la construction de casinos sur les réserves indiennes (interdiction des casinos aux Etats-Unis, hormis Las Vegas ou Atlantic city). Les Amérindiens seraient-ils "solubles dans le capitalisme"? cf.(1)(2)(3)
Il est essentiel de dire que toutes les réserves indiennes ne bénéficient pas des revenus générés par les établissements de jeux. L'Etat du Montana et celui du Dakota du sud, par exemple, avec leur respectivement 7% et 10% d'Améridiens regroupent, sans doute, les populations du pays les plus faibles économiquement. Pine Ridge, l'une des 9 réserves indiennes du Dakota du sud, territoires de la grande Nation Sioux, répartie sur deux comtés comptent 400000 âmes. Pine Ridge, territoire des Sioux Lakota,est tout simplement l'endroit le plus pauvre des Etats-Unis, avec ses 90% de chômeurs...
(1)(2)(3):
Veronica Tiller, « La souveraineté tribale des Indiens des Etats-Unis et le système fédéral américain », Nuevo Mundo Mundos Nuevos, Coloquios, 2008, [En línea], Puesto en línea el 15 décembre 2008. URL : http://nuevomundo.revues.org/index46193.html.
"Très souvent, ces premiers Américains sont invisibles, figés à jamais dans des images mythiques du passé. Ils sont présents sur les photos de Curtis et dans les tableaux de Remington et nous entendons parler d'eux à travers ce qu'en disent les milieux new age. Ils sont cools, ces Indiens. Et puis, dès qu'un nouveau casino ouvre près de l'autoroute, ou qu'une exposition de poteries fait parler d'elle, nous nous rendons compte qu'ils sont toujours là, parmi nous. Avec l'ascension d'Obama, les Indiens se sont autorisés à rêver – et même, pour certains, à tomber amoureux. En mai dernier, il a été adopté par une famille indienne du Montana, et a reçu de la nation crow le nom de Barack Black Eagle [Barack Aigle Noir]."
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Il existe, certes, un lien fort entre ces Amérindiens, spoliés de leurs terres, humiliés, ostracisés, et les Noirs américains descendants d'esclaves. Mais, Obama (qui n'appartient d'ailleurs pas à la dernière catégorie citée) qui suscite tant d'espoir à travers le monde, fait, le plus souvent, figure, auprès des groupes tribaux (malgré l'euphorie ici et là de quelques individus emportés par leur naîveté (?)), d'un simple signataire de traités, comme les autres présidents américains qui l'ont précédé. Kennedy, en son temps, avait bien serré la main d'un chef tribal, lors de sa campagne électorale...et ensuite? Obama a déclaré, lui aussi durant sa campagne : "Je sais ce que c'est que de lutter (…) combien de fois on vous a oubliés, tout comme les Noirs ou d'autres groupes dans ce pays. Parce que j'ai vécu cela, je ne vous oublierai pas", a promis le candidat." Cette phrase doit, peut-on le penser, provoquer un vague malaise chez certains autochtones amérindiens qui se remémore le "Je n'oublierai pas Leonard" de Bill Clinton pendant sa campagne électorale...A ce jour, Leonard Peltier, militant amérindien Anishinaabe/Lakota (American Indian Movement), est toujours "prisonnier politique"...
Pour autant, durant sa campagne pour les primaires présidentielles, Barak Obama avait annoncé que les Nations amérindiennes seraient représentées dans son administration. "La souveraineté pour les peuples autochtones tient la première place dans le cœur de Barak Obama" a affirmé Keith Harper, un avocat de Washington, directeur du Conseil Consultatif Sénatorial Démocrate de l'Illinois pour les Autochtones Américains et d'ajouter : "la décision d'Obama se vérifiera par les actes, non par la parole".
Or donc, trois mesures en faveur des communautés amérindiennes ont été promises :
* nomination d'un amérindien comme conseiller politique et réunion d'un groupe de conseillers personnels composé de "personnalités" issues du "monde autochtone amérindien" (chefs tribaux, intellectuels), pour faire entendre la voix des autochtones dans son administration.* création d'un Tribal G8 Summit, après chaque (?) réunion annuelle des dirigeants du traditionnel G8. Abolition de la jurisdiction gap, qui met les tribus indiennes dans l'impossibilité de poursuivre les membres non-tribaux, pourtant responsables de la majorité des crimes fédéraux commis sur leurs territoires (réserves).
* signature de la Native hawaïan Government Reorganisation Act dite "loi Alaska". Ce qui signifie à la fois, égalité de statut entre Hawaïens, autochtones d'Alaska et Amérindiens mais aussi, droit de former une entité gouvernementale, légalement apte à négocier avec l'Etat et les gouvernements fédéraux le contrôle des terres, des ressources naturelles et de leurs revenus. Source : Robert Pac, indian Contry Today, 08 et 28 février 2008 in http://www.okamag.fr/oka/77.htm
De nos jours, la situation socio-économique des Nations indiennes est certes différente, selon que l'on soit Ojibwas dans le Wisconsin ou Sioux Lakota dans le Dakota du sud. 60% des 339 tribus indiennes des Etats-Unis possèdent des établissements de jeux d'argent. Paradoxalement, l'essor économique sur les réserves possédant des casinos a permis grâce aux ressources financières dégagées par ces activités de permettre un nouvel élan pour les mouvements autochtones traditionalistes : programmes culturels, environnementaux. Certains Amérindiens sont aujourd'hui "riches", attisant la haine et l'envie, tant d'autres communautés indiennes, que parmi la société dominante...en outre, certains groupes amérindiens voient dans ce phénomène une parfaite contradiction avec les valeurs morales de leurs peuples...(article Lemonnier)
Il reste, qu'en moyenne, les Indiens des Etats-Unis meurent plus précocement que les autres Américains, les taux d'alcoolisme et le nombre de diabétiques dans certaines réserves n'ont leur équivalent nulle autre part dans le pays, les jeunes "Indiens" ont honte de leur héritage, et les métis d'Amérindiens et de Blancs, d'Amérindiens et de Noirs n'ont guère plus de respect pour leurs origines (constatation valable pour le métis Colombien ou Brésilien, par ailleurs)...
In fine, il me souvient à l'esprit cette phrase, lue je ne sais plus où, d'un généticien, dont j'ai oublié le nom (mais qu'importe, l'idée développée est très clair encore dans mon esprit), qui disait peu ou prou "Les Indiens d'Amérique n'ont d'autres choix que celui de l'assimilation ou celui de leur disparition définitive." Cynisme ou réalisme?Obama, "l'Espoir des damnés de la terre" a-t-il, finalement, d'autres alternatives à proposer aux Nations indiennes que celles-ci?

(à suivre...)
Copyright © J-M Lemonnier 2009