: Jean-Michel Lemonnier, bloc-notes: Histoire de la Bretagne
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samedi 21 février 2015

Alan Stivell - An alarc'h et Barzaz Breizh (T. H. de la Villemarqué) - Eloge du génie breton par G. Sand


Lien : Texte français-breton - extrait du Barzaz-Breiz, T. H. de La Villemarqué
An alarc'h (le cygne), consacré au retour de Jean IV de Bretagne (Montfort), se trouve au chapitre XVII dans la partie consacrée aux CHANTS MYTHOLOGIQUES, HÉROÏQUES, HISTORIQUES ET BALLADES.
Lien :  Le Barzaz Breizh - 1883 
Très court extrait du Barzaz : 



Théodore Hersart de la Villemarqué, philologue, peut être considéré comme un des premiers savants modernes à avoir entrepris la réhabilitation de l'immense richesse du patrimoine historique, mythologique (ou mythistorique), populaire (folklorique) breton, du merveilleux pagano-chrétien breton et celto-druidique. Récits et chants authentiques, "emprunts", créations, peu importe, cette somme est un monument littéraire pourtant largement méprisé (ignoré ou inconnu) par les "lettrés" d'expression française.


Le génie breton par George Sand



On en parle ici, à lire : http://www.editionsducygne.com/editions-du-cygne-musique-metal-satanisme.html











lundi 8 septembre 2014

Abbé François Duine

Lieu : Dol-de-Bretagne. Photo. : J-M Lemonnier, 2014



Pour une présentation de ce grand érudit né à Dol, prêtre issu d'un milieu très modeste, être de grande qualité morale et intellectuelle :  http://histogen.dol.free.fr/duine/auteurs/duine.htm

Ici un ouvrage du père Duine qui fait toujours réfèrence : Inventaire liturgique de l'hagiographie bretonne  où il est question de constituer un catalogue des livres liturgiques, de martyrologues (notices sur les saints catholiques) desquels on peut aussi tirer des enseignements historiques.
Ici une notice savante sur les martyrologues et notamment sur les différences et similitudes entre calendriers et...martyrologues : http://aedilis.irht.cnrs.fr/liturgie/01_2.htm




mardi 22 juillet 2014

Balzac, Les Chouans



« La Bretagne est, de toute la France, le pays où les mœurs gauloises ont laissé les plus fortes empreintes. Les parties de cette province où, de nos jours encore, la vie sauvage et l’esprit superstitieux de nos rudes aïeux sont restés, pour ainsi dire, flagrants, se nomment le pays des Gars. Lorsqu’un canton est habité par nombre de Sauvages semblables à celui qui vient de comparaître dans cette Scène, les gens de la contrée disent : Les Gars de telle paroisse ; et ce nom classique est comme une récompense de la fidélité avec laquelle ils s’efforcent de conserver les traditions du langage et des mœurs gaëliques ; aussi leur vie garde-t-elle de profonds vestiges des croyances et des pratiques superstitieuses des anciens temps. Là, les coutumes féodales sont encore respectées. Là, les antiquaires retrouvent debout les monuments des Druides. Là, le génie de la civilisation moderne s’effraie de pénétrer à travers d’immenses forêts primordiales. » Balzac, Les Chouans



samedi 29 mars 2014

Chateaubriand, Haute-Bretagne, croix de saint Michel-Belenos...et autres sites sacrés (III) Champ Dolent, Mont-Dol, fontaine saint Samson, Cathédrale de Dol de Bretagne, Brocéliande et...Jésus-Christ


                                                                   
Géographie mégalithique, croix de Belenos-st Michel, le pays de Dol et le légendaire arthurien : forêt Brocéliande selon une antique localisation...


Menhir du Champ-Dolent 

Site, situation, caractéristiques de l'objet, légendes locales. 
Annotations de l'auteur du présent blogue sur document numérisé de Paul Bézier, 1883.

Ces récits semblent avoir été assez bien connus localement, autrefois, autrement dit jusqu'à la période d'après-guerre et avant les bouleversements socio-spatiaux liés à l'exode rural post-1945 (fin de l'"autochtonie" et "mort du paysan") puis l'exode urbain post-1975 (périurbanisation et arrivée des néo-ruraux ou rurbains).

                                         
                                      
Annotations de l'auteur du présent blogue

Une pancarte naïve, destinée aux enfants (?) à proximité du site évoque le légendaire local. Par contre, aucune indication historique de quelque ordre que ce soit n'est portée à la connaissance du visiteur.




Fontaine Saint-Samson
Inscription : "Fontaine/ saint Samson, évêque fondateur de Dol au VIe s. Il vint en ce lieu en 548"






.
Cathédrale de Dol, siège de l'antique évêché de Dol de Bretagne dont la fondation "mythique" est attribuée à saint Samson (Fin Ve s.-565) venu du Pays de Galles. La Bretagne comptait 9 évêchés confondus avec les pays historiques (à différencier avec les pays traditionnels). Le diocèse de Dol disparaît en 1801.
C'est de la Vita prima sancti Samsonis, document fondamental de l'historiographie bretonne datant du Haut Moyen Âge que nous parvient l'essentiel des connaissances concernant  la vie du saint abbé-évêque, personnage central du christianisme breton, mais aussi de précieuses informations sur l'émigration bretonne et la Domnonée. Le document, datant vraisemblablement au VIIe s, a ceci de particulier qu'il fut rédigé par un cousin du saint c'est-à-dire un proche de l'évêque. Chose rare qui permet de considérer les informations présentes dans le document comme fiables au-delà des "ornementations fabuleuses" mythico-légendaires présentes dans le récit. Deux autres"Vie de saint Samson" ont été rédigées tardivement. De nombreux  commentaires d'historiens ayant travaillé sur le sujet sont accessibles au profane. On voudra bien s'y reporter.

Présence et représentations de la Domnonée et de la Cornouaille de part et d’autre de la Manche. D’après les Vies de saints et les listes généalogiques médiévales. Bernard Merdrignac http://abpo.revues.org/1842

Sur G. Scholar :





Nef de la cathédrale


Autel de saint Samson


Quels liens entre les sites pagano-chrétiens du Mont-Saint-Michel, du Mont-Dol, de la cathédrale de Dol, de la fontaine de saint Samson et du menhir du Champ-Dolent ? Le Mont-Dol, la cathédrale de Dol forme une droite qui croise une autre ligne partant du Mt-St-Michel   . Ces deux lignes se croisent au lieu de la fontaine sacrée de St-Samson située à Carfantin (Kerfeunten soit le "village de la fontaine" en breton)  au sud-est de Dol. Entre outre, la cathédrale de Dol a été construite sur une autre source sacrée...Le Menhir du Champ Dolent, quant à lui, localisé à proximité de la fontaine Saint-Samson ne rentrerait pas dans un quelconque alignement inclus dans un complexe géométrique sacré. De plus, les hypothèses prétendant expliquer la raison de la présence de cette pierre dressée extraite du massif granitique de Bonnemain et transportée sur plusieurs kilomètres ne sont guère satisfaisantes...A voir...

Voir : Géographie des granites de la péninsule bretonne



La ligne Mont-Dol/Mt-St-Michel forme avec le parallèle du Mont-Dol un angle de 17°.  Lever du Soleil le 1er mai : Beltan, le "feu de Bel" (Belenos...)


Ajoutons  que la fontaine de Saint-Samson est parfois considérée comme la fontaine aux orages, celle du récit de Chrétien de Troyes  "Yvain, le Chevalier au Lion", XIIe s. (voir aussi "Le Roman du Rou" de Robert Wace situant Brocéliande en Armorique et à promixité de la mer selon "Owein ou le conte de la Dame à la Fontaine" écrit vers  1200-1225). L'étymologie de Barenton (la fameuse fontaine de Brocéliande) nous parle peut-être en faveur d'une fontaine non pas située dans la Brocéliande actuelle (forêt de Paimpont) mais plus à l'est. Barenton serait la contraction de Belenos-Nemeton, soit le dieu gaulois associé à la clairière sacrée des druides. Or, la fontaine de Saint-Samson est proche de la colline sacrée du Mont-Dol un des points de l'écorce terrestre formant la croix de Belenos. La fontaine et le Mont pourraient être intégrés à un  système géographico-religieux consacré à Belenos. La fontaine de Barenton  qui est, rappelons-le, au centre du croisement de deux alignements de lieux de cultes pagano-chrétiens serait donc la fontaine Saint-Samson. Cet ensemble interroge l'auteur des "Curiosités du Mont-Dol" en 1947 : "Qui nous dira pourquoi le Mont-Saint-Michel, le menhir de la Roche Longue, en Saint-Marcan, la Pierre du Champ-Dolent [NDA : ou la fontaine Saint-Samson], le menhir de la Pierre du Domaine en Plerguer, et le dolmen de la Maison des Feins sont sur la même ligne droite ?" Mais quid de la croix de Saint-Michel/Belenos ? Y a-t-il un ou plusieurs systèmes répondant à une organisation (politico-)religieuse particulière ?

 Continuons. La cathédrale de Dol serait la cathédrale du Graal selon Fulcanelli. Le Graal aurait, en effet, été apporté  de Jérusalem au VIe s. par saint Budoc, troisième évêque de Dol de Bretagne (voir "La chronique de Dol de Baudry de Bourgueil) .
La littérature du cycle arthurien décrirait l'ensemble de ces lieux et la forêt de Brocéliande serait localisée selon une hypothèse ancienne reprise par Chateaubriand (cf. : http://jeanmichel-lemonnier.blogspot.fr/2014/03/chateaubriand-haute-bretagne-croix-de.html) et réhabilitée récemment, au nord de l'Ille et Vilaine actuelle. Il y a d'autres hypothèses concernant cette localisation, il est inutile de les évoquer ici.

On voit ainsi apparaître progressivement plus encore qu'une géographie du sacré, une géo-sophie (Terre et Sage), une sagesse de la terre, des lieux mythiques narrés par les chroniqueurs médiévaux et redecouverts par les recherches scientifiques récentes. C'est en Bretagne que  sont localisés parmi les sites sacrés  les plus anciens d'Europe encore préservés, ayant successivement servi aux hommes présents sur cette terre bretonne au fil de l'évolution des choses spirituelles. C'est, en effet, ici en Bretagne armoricaine que nous trouvons le plus grand nombre de sites sacrés mégalithiques. C'est sur cette terre correspondant à l'arrière-pays du Mont-Saint-Michel que le Légendaire athurien EST HISTOIRE.
Mais c'est aussi ici que la croix de Belenos-St Michel signe la terre bretonne qui a vu naître selon une légende (?) locale la grand-mère du Christ, Anne. Ce récit faisant de Anne une bretonne semble confirmer par le fait que le Graal fut apporté à Dol en pays de Brocéliande. En effet, quoi de plus logique que de ramener la coupe de sang divin en Bretagne, car c'est ici, selon la "légende d'Anne" que vécurent les ancêtres du Christ et que s'incarna la grand-mère de l'homme-dieu Jésus-Christ avant de partir pour la Palestine pour accoucher de Marie, puis revenir en Bretagne à la fin de sa vie.  Jésus-Christ viendra rendre visite à sa grand-mère Anne rentrée en Bretagne. En définitive, la Bretagne est sans doute un des plus hauts lieux du christianisme, une terre sanctifiée par la présence du dieu vivant. Plus prosaïquement, la Bretagne est le territoire de ce christianisme celtique imprégné d'un vieux fond paien unique au au monde.

Le symbole de st Michel et de Belenos qui épouse la forme de la croix du nazaréen est le signe que le Christ-Dieu fait homme a ses  racines ici en Bretagne.  Cette croix  a traversé des siècles et des siècles jusqu'à nous. Ainsi, malgré les "profanations" récentes, le sacré (dialectique sacré-saint, païen-chrétien mais aussi dialectique de l'hiérophanie sacré/saint-profane) est-il présent à travers ces différents lieux mille fois modifiés pour satisfaire à chaque nouvelle mutation spirituelle et religieuse voulue par les hommes et guidés par les dieux  puis le Dieu unique et son Archange Michel.

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à suivre : carte qui nous permet de localiser ces sites sacrés. Certains forment une partie de la croix de Michel-Belenos.
On évoquera, également, le Mont-Garrot à proximité du Mont-Dol.  Le Mont Garrot près de Saint-Suliac (Ille et Vilaine), lui aussi tombe de Gargantua comme le Mont-St-Michel (la "dent de Gargantua" du Mont-Garrot est un menhir) et sur lequel saint Suliac, un Gallois (cf. émigration bretonne) mais qui n'est pas un des 7 saints fondateurs de Bretagne contrairement à saint Samson, combattit un dragon. Le Mont-Garrot est rarement sinon jamais mentionné à notre connaissance dans les différents écrits spéculatifs concernant les théories faisant du nord de l'Ille et Vilaine (l'arrière pays du Mont consacré à Michel-Belenos) un complexe mégalithico-pagano-chrétien lié à un système zodiaco-géométrique sacré. En outre, le Mont-Garrot semble avoir été un site mégalithique exceptionnel dans cette zone nord-est de l'Armorique (3 menhirs et 3 dolmens dont 1 allée couverte). L'occupation du site est, cependant antérieure au néolithique et  remonte au LXXe millénaire avant J-C, c'est-à-dire à la fin du paléolithique moyen.

A voir donc, les liens entre le Mont-Dol, Dol-de-Bretagne, la fontaine et le Mont-Saint-Michel...Plus généralement, entre l'ensemble des sites mégalithiques-paléochrétiens, chrétiens, lieux de combats mythiques (ou légendaires, cela dépend pour qui...) entre un saint et/ou l'archange Michel et Satan...et les liens éventuels (jamais démontrés) entre l'ensemble de ces sites et le Mont-Garrot...



Photographies :  J-M Lemonnier


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mardi 11 mars 2014

Chateaubriand, Haute-Bretagne, croix de saint Michel-Belenos...et autres sites sacrés (II) Chapelle Saint-Michel et autels tauroboliques du Mont-Dol, Mt-St-Michel...



A considérer la présence de deux autels consacrés aux sacrifices sanglants sur le Mont-Dol (1), le site fut assurément  un haut-lieu pour les cultes païens dans la région. A la religion propre aux hommes de la civilisation mégalithique (2) succéda, certainement, le culte druidique dédié au dieu Taranis (père de Belenos) et sans doute à Belenos lui-même, même si peu d'experts académiques font mention de son nom  (on a, pourtant, suffisamment montré l'équivalence des "qualités" entre le dieu solaire Belenos et l'Archange Michel) a laissé place à celui de Jupiter (Mont-Dol portait l'antique nom de Mont-Jovis, cf. (1)) lors de l'occupation romaine puis à celui de Cybèle réclamant des sacrifices équinoxiaux de taureaux. Mais, peut-être que le culte rendu à Mithra, dieu principal d'une religion proche-orientale importée en Europé par des légionnaires romains aux IIe et IIIe s. fut le seul à succéder à celui de Taranis-Belenos puis Jupiter.  De nombreux éléments du  mithraïsme ont, d'ailleurs, largement imprégné le christianisme.  Ces éléments sont suffisamment connus pour que nous soyons dispensés de les mentionner. En outre, l'analogie entre Mithra,  vainqueur du taureau et saint Michel Archange terrassant le Satan ou le dragon (ou Satan transformé en dragon) est asssez frappante...(la comparaison entre l'existence de Mithra, dieu solaire, né au moment du solstice d'hiver avec celle de Jésus-Christ l'est encore plus). C'est d'ailleurs suite à ce combat mythique, cosmique que fut bâtie l'abbaye du Mont-Saint-Michel. Sur ce dernier, deux menhirs ou un dolmen aujourd'hui, évidemment, disparus attestent d'une présence humaine très ancienne (néolithique, et même palétolithique avant les bâtisseurs de mégalithes, donc ).  Quand au VIIIe s., Aubert, l'évêque d'Avranches est appelé par l'archange pour bâtir un lieu de culte consacré à saint Michel (3), il lui est donné l'ordre d'abattre les pierres païennes, il découvre en même temps un taureau. D'ailleurs, ces pierres du néolithique ont-elles été ensuite consacrées au Dieu Lug, autre Dieu solaire gaulois, équivalent du Mercure romain, tous deux des êtres divins ailés...comme saint Michel ? Ajoutons que Mercure est un dieu médecin comme Taranis...confondu plus tard avec... Jupiter...

Ce qui est sûr, en tout cas, c'est que là où saint Michel passe, les taureaux et les dolmens trépassent...On sait, à quel point le christianisme eut du mal à s'imposer dans les campagnes, bretonnes notamment. Le récit faisant intervenir l'archange venu sur terre combattre le satan (les paganismes) a donc largement servi pour l'évangélisation des peuples attachés aux anciennes croyances. 
Sans doute que les parallèles, en termes de qualités archétypales, faits entre créatures païennes et chrétiennes ont évolué au fil des siècles, selon les besoins et donc selon le dégré d'enracinement des croyances antiques ou d'attachement à tel ou tel dieu chez le bas-peuple. C'est-à-dire qu'à chaque fois que les chrétiens rencontraient une divinité païenne, ils l'incluaient au sein  des légions de saints, d'anges ou de démons et/ou transposaient les attributs de certains de ces dieux dans le  système chrétien de croyances et de valeurs, pour faciliter l'éviction des cultes anciens les plus tenaces. En somme, une ligne à suivre pour enraciner le christianisme dans les campagnes : éliminer la concurrence...païenne...

(1) Il faut sans doute également reconnaître dans Mont-Dol, le mot breton "dol", signifiant table comme dans dolmen (dol et men, table de pierre), le Mont-Dol serait, en acceptant cette filiation étymologique, le "Mont Table". Il faudra revenir sur un certain nombre de toponymes  : Mt-St-Michel/tombelaine->mont tombe/tombe de Belenos (hypothèse étymo. abandonnée rappelons-le), le petit Bé, le grand Bé (îles malouines)->Bé pour Bélénos...Mais aussi, sachons que le nom du  Mont dédié à l'archange portait le nom de Mont Gargan avant le XIIIes. Cette appelation fait évidemment référence au légendaire Gargantua dont la tombe est...sinon le Mt-St-Michel, sur le Mont. Le géant est un être psychopompe (un guide) comme Michel peut l'être en même temps que ce dernier est psychostase. 
Le culte de saint Michel apparaît, d'ailleurs, en Europe au Mont-Gargan (Monte Sant'Angelo) en Italie au Ve siècle. Tous les lieux dédiés à Gargantua semblent avoir été conscacrés ensuite à saint Michel...Sachons aussi que, parfois, Gargantua est confondu avec un dragon...Le même que saint Michel Archange aurait terrassé ?
Ce que nous avons là, c'est au moins, la preuve que certains dieux et personnages des panthéons païens sont susbstituables à d'autres...

(2) Les pays de Bretagne portent le plus riche témoignage de celle-ci. Localement, en Ille et Vilaine : présence de ruines d'un cromlech sur le Mont-Dol, menhir du champ Dolent, allée couverté de Tressé... tel est le décors de l'arrière-pays du Mont-Saint-Michel, dont l'ensemble forme vraisemblablement un complexe religieux très sophistiqué dont la signification oubliée laisse le champ libre à toutes sortes de théories ("système zodiacal", "géométrie mégalithique", etc.). 
Nous concernant, nous nous sommes contentés, pour le moment, de d'écrire que l'ensemble Mt-St-Michel-Tombelaine/Mont-Dol est la partie de la grande croix de St Michel et Belenos orientée selon un axe sud ouest/ nord est.

(3) La ferveur païenne sur le Mont avait vraisemblablement diminué, peut-être disparu depuis deux siècles car saint Etienne était honoré en ce lieu avant la révélation d'Aubert...

à suivre... 

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samedi 8 mars 2014

Chateaubriand, Haute-Bretagne, croix de saint Michel-Belenos...et autres sites sacrés (I)

François-René de Chateaubriand et sa description romantique de ses promenades en ce lieu mythique qu'est le Mont-Dol, au moment où il est pensionnaire au collège de Dol-de-Bretagne.

Chateaubriand évoque ici, un pan de l'histoire des pays du nord de la Haute-Bretagne, méprisée par les Jacobins. L'écrivain situe, par ailleurs, la forêt de Brocéliande sur un territoire s'étendant du nord de l'actuelle Ille et Vilaine  à partir du pays de Saint-Malo jusqu'à  Rennes au sud en passant par Dol et Combourg, et délimitée à l'est par la forêt de Fougères et à l'ouest par un "axe" reliant Dinan à Bécherel (la question de la localisation de la forêt de Brocéliande fait toujours débat). Chateaubriand raconte qu'au XIIe s., cette forêt servit de champ de bataille aux Bretons de Domnonée luttant contre les Francs. La Domnonée est cette zone qui vit débarquer au VIe des Bretons insulaires fuyant les invasions anglo-saxonnes. C'est cet espace qui s'étend du Trégor au pays de Dol, traversant le Goëlo et le Penthièvre, autrement-dit l'essentiel de la côte nord de la Bretagne qui constitua un royaume fondé par le Breton Riwal au VIe s.

(Scans : Mémoires d'outre-tombe (Tome I), 1849, de François-René de Chateaubriand)


A quel autre écrivain faudrait-il faire appel pour trouver plus beau tableau de ces pays du nord-est de Haute-Bretagne ? Ecriture, manifestation d'un inconscient bouillonnant projeté sur le réel, plus qu'une description froide d'un paysage élaborée par un géographe prosaïque, ces pages parlent, en tout cas, certainement bien plus à l'autochtone sensible aux lieux, dont les ancêtres s'installèrent sur ces terres il y a des siècles et des siècles de cela qu'à une personne étrangère aux endroits dépeints...même si cette dernière aura peu de mal à s'immerger dans cette géo-histoire, cette nature bretonne (anthropisée depuis des millénaires mais violentée comme jamais depuis l'après-guerre) et à l'investir étant donné l'inimitable façon, propre à ce génie né à saint-malo en 1768, de (d-)écrire et de nous faire voyager avec lui. 
Enfin, celui pour qui un territoire n'est que le support matériel de son existence n'entendra, évidemment, rien à toutes ces considérations...


Ci-dessous, un extrait de l'ouvrage  de P. Bézier  "Inventaire des monuments historiques du département d'Ille et Vilaine" édité en 1883 dans lequel est mentionné l'antique chapelle dédiée à saint Michel Archange située au sommet de Mont-Dol. Le Mont-Dol (1)est un de ces 
sites remarquables, à l'histoire oubliée, constituant un des points formant la grande croix de saint Michel qui est également la croix de Belenos signant la terre bretonne (Voir notre article du 27/10/2013)




Au sommet du Mont, une pierre attire l'attention du visiteur. Elle a la particularité de porter une marque suffisamment atypique  pour se voir attribuer une origine suprahumaine. "Griffe du Diable", "patte du Diable", "pied du Diable" étant les dénominations les plus fréquentes pour la qualifier. Plus rarement, le stigmate porté par le rocher est attribuée à l'action de l'Archange Michel. 
Dans tous les cas, ce que nous dit l'attention portée à ce rocher et à cette signature, c'est que chaque fois que l'être humain rencontre un "objet" ou un "sujet" remarquable disons singulier, il l'inclut dans un récit mythique pour expliquer sa "venue au monde". Et dès que ce récit perd son caractère acceptable, il devient légende (cf. Infra).
C'est bien le cas ici, au Mont-Dol et de fait au Mont Saint-Michel (l'histoire des deux monts étant liée) avec ce récit mythique narrant le combat entre le chef des milices célestes Michel et Satan qui explique l'état de la pierre. Un combat mythique, c'est-à-dire toujours renouvelé (éternel), toujours d'actualité...pour le croyant en tout cas.
 A travers, ce mythe -tardivement devenu légende face au recul du paganisme et de l'acceptation des croyances chrétiennes parmi le peuple- c'est bien sûr,  la christianisation des monts (voir le récit chrétien de la fondation du Mont St-Michel par l'évêque d'Avranche) et la volonté de diaboliser des croyances païennnes qui nous sont présentées. 


(1) Il y a 7500 ans, à la fin de la dernière glaciation, le Mont-Dol était un île et il y a 30000 ans le Mont-Saint-Michel, très au sud dans les terres par rapport à la mer,  était parfaitement émergé.

à suivre...

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samedi 24 août 2013

Une histoire des Bretons...

Maurice Duhamel (1884-1940) écrit "Histoire du peuple breton" en 1938 sur demande de l'organisation des Bretons émancipés de la région parisienne. Cette dernière est proche du parti communiste français dont un des fondateurs lors du Congrès de Tours de 1920, le Paimpolais Marcel Cachin, considérait que le breton était la  "langue de la paysannerie et du prolétariat breton".
 Cette "histoire du peuple breton" rééditée en 2000 aux Editions An Here nous plonge au cœur d'une histoire fort mal connue par les Bretons (1) eux-mêmes. C'est une lecture marxiste de l'histoire de la Bretagne, sinon simplifiée au moins vulgarisée, que nous livre le Rennais Duhamel dans ce livre interdit par l’État français en 1939
Sans doute volontairement rédigé dans un langage simple pour mieux atteindre le petit peuple, ce livre présente l'histoire d'une nation. Aux propos liminaires sur l'héritage légué par les peuples néolithiques, se succèdent des explications sur
le peuplement de l'Armorique par les Celtes, puis par les Bretons insulaires et sur les relations entre les Francs (Franks) et les Bretons continentaux jusqu'à la date symbolique de 1532. Une date qui marque la fin du processus de l'union de la Bretagne à la France amorcé 44 ans plus tôt avec le fameux Traité du Verger et qui met un terme à la "Guerre folle" (2). Le dernier chapitre du livre expose les réflexions de l'auteur sur la place de la culture bretonne en contexte européen.

La réédition de ce singulier ouvrage propose une annexe rapportant les propos du militant breton fédéraliste de gauche, lors de la présentation de son livre devant la 13e section des Bretons émancipés de la région parisienne dont le président d'honneur est... Marcel Cachin. L'intention est claire : le livre est une opération de "désintoxication intellectuelle" qui veut dépasser les "autres façons d'écrire l'histoire", redonner sa place aux "petites gens", sujets (et pas seulement "sujets") de l'histoire. Si cette histoire là est militante, elle est surtout scientifique et se fixe, donc, pour objectif de dissiper le brouillard du surnaturel, de sortir d'une histoire religieuse ou aristocratique de la Bretagne et refuse d'attribuer au peuple breton des qualités uniques, d'en faire une sorte de "peuple élu" comme de coutume sous la plume des indépendantistes.

Original, l'ouvrage l'est assurément puisqu’il est, sans doute, encore le seul aujourd'hui à narrer l'histoire des Bretons à la lumière de la méthode marxiste. On notera, néanmoins, outre quelques raccourcis -mais un petit petit livre d'une centaine de pages ne peut, évidemment prétendre à l'exhaustivité- des approximations ou des biais cognitifs de confirmations d'hypothèses. Ainsi, on ne peut guère accepter de lire, de nos jours, que le peuple breton accepta le christianisme avec bienveillance. 

Ces phrases "Il est croyable que le christianisme naissant ne bouleversa pas davantage la morale celtique" (p. 32) puis plus loin "Ainsi les Bretons durent accueillir sans difficulté une religion qui ne s'opposait pas à leurs croyances traditionnelles, qui s'accordait avec leur morale (...)" (idem),  montrent une méconnaissance des mœurs du "bas-peuple" breton tel qu'il se présentait jusqu'au début du XIXe siècle. Ainsi, il est fort probable que pour un bon nombre d'habitants de cette Bretagne rurale, cette morale chrétienne resta fort mal connue pendant de nombreux siècles. Les mœurs du clergé breton ("on voit des évêques mariés qui se repassent la crosse de père en fils" écrit fort à propos Duhamel, p. 59) incitèrent, à l'évidence, ce petit peuple à préférer l'ancien état des choses en matière de spiritualité... Gwenc'hlan Le Scouézec va dans ce sens quand il affirme dans "Bretagne terre sacrée. Un ésotérisme celtique" paru en 1977, qu'une partie du petit peuple Breton ignorait, encore
au XVIIIe siècle, jusqu'au nombre exact de dieux qui composaient le "panthéon chrétien" (!)...

                                              Couverture de l'édition originale interdite en 1939

Livre intéressant donc, qui tient à distance l'hystérie identitaire et dont la lecture doit se faire avec la permanence de l'idée qu'il fut rédigé avec un état des connaissances sur l'histoire de la Bretagne daté des années 30 du XXe siècle, période où, par ailleurs la IIIe république multiplie les vexations à l'égard des Bretons. De surcroît,  il faut considérer que cette histoire  a été écrite par un auteur, fasciné comme bon nombre d'intellectuels de son époque, par un pouvoir soviétique favorable aux minorités et au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et qui rêvait d'un pareil modèle pour la France et la Bretagne, de fait. Lemonnier J-M

(1) Qui est Breton ou qu'est-ce qu'un Breton nous demandera-t-on ? Nous n'entrerons pas dans cette discussion forcément polémique et idéologisée. En effet, si on peut se débarrasser -facilement- en répondant "celui qui a la nationalité française" à la question "qui est Français?", la première interrogation nous emmènerait bien trop loin au-delà du cadre de ce petit article.
(2) La "Guerre folle" est une révolte de seigneurs contre un pouvoir royal prétendu faible, du fait de la période de régence assumée par la jeune Anne de Beaujeu (de Valois) âgée de 22 ans et fille du défunt Louis XI. Cette "Guerre" s'achève en 1488 par la victoire des troupes françaises de Charles VIII sur les troupes de François II de Bretagne ( et de coalisés ) lors de la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier. Le Traité du Verger, conséquence de la défaite des féodaux et de François II, fait passer quatre places fortes bretonnes sous le contrôle du roi de France. Mais surtout, le Traité interdit à une héritière du duché de Bretagne de se marier sans l'accord du roi de France. Anne de Bretagne, fille de François II et héritière du duché de Bretagne, violera pourtant le traité en épousant Maximilien Ier du Saint Empire. Le roi de France fait annuler le mariage. Anne désormais promise à un prince, exige un mariage avec Charles VIII. Une fois mariés, le roi lui interdit de porter le titre de duchesse. Lors de son deuxième mariage avec Louis XII, Anne retrouve son titre.
Publié par Jean-Michel Lemonnier à vendredi, août 23, 2013 Lemonnier J-M