: Jean-Michel Lemonnier, bloc-notes: Union européenne
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samedi 5 novembre 2016

Guerre de et pour l'Eurasie : La République serbe de Bosnie (Republika Srpska), un des "fronts de demain" (II)


La création de l'Etat de Bosnie et Herzégovine suite aux accords de Dayton de 1995 (en réalité signés à Paris) devant mettre un terme à la guerre de Bosnie qui débute en 1992 émane de la stratégie de "nation building". Depuis cette date, même si ce presqu'Etat possède des institutions politiques, il est sous le contrôle d'un Haut Représentant internationale en Bosnie-Herzégovine, autrement dit sous la "protection" d'un représentant du BAO. Depuis 2009, c'est un autrichien Valentin Inzko, envoyé de Bruxelles, assisté de l’ambassadeur étatsunien néo-conservateur David M. Robinson qui occupe cette fonction.  L'ensemble de la Bosnie est dans une situation socio-économique calamiteuse à peu près identique à celle de l'Albanie ou de la Moldavie. 

Ce pays est divisée en deux zones, l'une musulmane, l'autre serbe orthodoxe, la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine (Fédération croato-musulmane) qui a pour capitale Sarajevo et la République serbe de Bosnie dont la capitale est Banja Luka. La première se trouve face à une crise économique mais aussi démographique très grave. Les Musulmans (on parle ici de nationalité pour désigner ce qui correspond essentiellement aux descendants de Slaves convertis depuis l'occupation ottomane et qui ont obtenu une reconnaissance de nationalité sous Tito) fuient la région en espérant trouver de meilleures conditions de vie en Europe occidentale. Les pays de destination de ces migrants sont principalement l'Allemagne et l'Autriche. La partie serbe est, quant à elle, bien plus viable économiquement et stable politiquement que le territoire peuplé de Musulmans. Ainsi est-elle la cible permanente des opérations de subversions émanant des Etatsuniens et de leurs vassaux. Il n'est pas inopportun de dire ici que les islamistes radicaux ont le champ libre dans cette zone. On trouve ici comme ailleurs dans les Balkans des "centres culturels", à Gornja Maoca, Ošve ou Dubnica depuis l'année 2012, qui sont autant de centres d'entrainement pour jihadistes crées et commandés par un certain Nusret Imamović. Le site du département d'Etat étasunien identifie ce personnage de cette façon :  "Nusret Imamovic is a Bosnian terrorist leader operating in Syria. After his arrival, Imamovic actively supported violent extremism, and is now believed to be fighting with al-Nusrah Front"[1]. Après être passé par Al-Qaida puis par le Front al-Nosra, Imamović comme l'indique la note du département d'Etat, a rejoint l'EIIL en entrainant avec lui les jihadistes de Bosnie. "Imamovic, who is named on a US State Department terrorist list, is believed to be the third-in-command of Al-Qaeda's Syria affiliate Al-Nusra Front"[2]. Husein Bosnic, un ancien membre d'une unité de moudjahidines dans la guerre de Bosnie, a remplacé Nusret Imamovic après que le départ de celui-ci pour la Syrie à la fin de l'année 2013, selon une source du  département d'Etat américain.

Si la plupart des Bosniaques de confession musulmane ne semblent pas devoir adhérer à l'idéologie sunnite-salafiste importée en Bosnie dans les années 90, plusieurs centaines d'éléments naviguant entre le Moyen-Orient et les Balkans sont prêts à mener un nouveau combat en Bosnie mais aussi dans toute l'Europe. C'est à Zagreb en Croatie qu'est lancé l'appel au Jihad de 1992. La "guerre sainte" des moudjahidines sera, entre autres, financée par des ONG islamistes séoudiennes. Des groupes djihadistes, comme les "Forces musulmanes" d'Abu Abdoul Aziz, réunissent d'anciens combattants arabes de la première guerre d'Afghanistan (1979-1989) et viendront en soutien à l'armée bosniaque. A la fin de la guerre, ils partiront rejoindre les rangs des rebelles en Tchétchénie (Avioutskii, 2005 : p. 228-229).

Or donc, en 2016 on peut identifier deux groupes principaux parmi ces djihadistes. Le premier est composé d'anciens combattants de la guerre de Bosnie (1992-1995) affiliés à Al-Qaida venus de cet immense espace que les Etatsuniens ont nommé "Grand Moyen-Orient". Il faut rappeler que durant la guerre de Bosnie, Oussama Ben Laden était un conseiller d'Alija Izetbegović, protégé du démocrate étasunien Richard Perle. Ce dernier, proche de G. W. Bush, fut collaborateur de Ronald Reagan mais également membre du groupe Bidelberg, membre collaborateur du PNAC et, parmi d'autres fonctions, administrateur du Jewish Institute for National Security Affairs (JINSA)... L'autre groupe est composé principalement de jeunes, récemment convertis au salafisme. Depuis 2011, les actions de Bosniaques salafisés se multiplient. A titre d'exemple, en 2015, dans la ville de Zvornik, Nerdin Ibric, un islamiste a ouvert le feu sur des policiers.
Le BAO a d'autant plus intérêt à entretenir l'existence de ces centres de formation pour terroristes que le président actuel de la République serbe, Milorad Dodik, entretient de bonnes relations avec le Russie de Vladimir Poutine. Les événements de 2014 qualifiés de "Printemps bosniaque" - selon la formule générique appliquée à tous les cas de déstabilisation des territoires suscitant l'intérêt du BAO - qui ont touché l'entité musulmane devaient par ricochet générer des troubles dans la Bosnie majoritairement Serbe. L'ambassadeur de Palestine en Bosnie a, d'ailleurs - dans la grande lignée des analogies douteuses directement issues de la grande fabrique du consentement "occidentiste" anti-serbe -, comparé la situation de la Bosnie musulmane à celle de Srebenica, lieu du "génocide" (selon la qualification du TPYI) des Bosniaques qui aurait été perpétré par l'armée de la République serbe de Bosnie conduite par le général Ratko Mladić et l'organisation paramilitaire serbe Scorpions née lorsque la République serbe de Krajina fait sécession avec la Croatie. Une qualification de génocide que Rony Brauman, au passage, rejette. Dans un entretien accordé au magazine Témoignage chrétien en 2008, il affirme : "Les faits sont pourtant clairs et acceptés par tous, mais on a appelé ça un génocide. Srebrenica a été le massacre des hommes en âge de porter des armes. C'est un crime contre l'humanité indiscutable, mais on a laissé partir des femmes, des enfants, des vieillards, des gens qui n'étaient pas considérés comme des menaces potentielles. (...) Que l'on en ait fait un génocide montre bien que tous les massacres d'une certaine envergure ayant fait l'objet d'une certaine préparation entrent dans cette qualification. C'est une notion qui a perdu en profondeur tout ce qu'elle a gagné en surface. (...) Je trouve frappant cette obsession de débusquer des génocides, comme pour en être le combattant résolu. C'est vrai que Kouchner a vu un génocide au Biafra, au Kurdistan, en Bosnie, au Kosovo, en Irak, au Soudan... Je crois que cette notion de génocide est mobilisée parce qu'elle absolutise la situation. Elle dépasse les complexités d'une guerre avec ses compromis, ses enjeux, pour sortir du terrain de la politique et se mettre sur celui de la morale. (...) Une fois qu'on a prononcé ce mot pour qualifier une situation, toute discussion devient un atermoiement scandaleux, toute prise de distance devient une espèce d'indifférence criminelle"[3]. Or donc, depuis que Washington a placé Alija Izetbegović à la tête de la Bosnie-Herzégovine au début des années 90, peu de choses semblent avoir changé sur ce point : les Serbes sont toujours les potentiels bourreaux des Musulmans, des musulmans en Bosnie et de ceux vivant dans la totalité de l'espace ex-yougoslave...Si une nouvelle guerre en Bosnie n'éclate pas dans les mois ou années à venir, au moins, à considérer l'ensemble de la situation dans les deux entités, l'Etat Bosniaque fera-t-il sans doute l'objet d'une réorganisation territoriale et politique décidée par l'Union européenne ou Washington.

Tous les ingrédients sont réunis pour une nouvelle implosion des Balkans qui mènerait à terme soit au retour du Kosovo et de la Republika Srpska à la Serbie, soit à l'annexion par l'Albanie du Kosovo, d'une partie de la Macédoine  (ce qui équivaudrait à la disparition de cet Etat) concrétisant pratiquement le rêve panalbanais. Cette dislocation de l'espace géopolitique balkanique permettrait l'"indépendance" de la Voïvodine (ou sa partition), entrainerait la disparition de la Macédoine, et l'agrandissement de la Bulgarie. Selon Leonid Petrovitch Rechetnikov, ancien Lieutenant-Général retiré de la direction du SVR (service de renseignement extérieur russe), la Serbie, la Republika Srpska et le Kosovo sont au centre d'une épreuve de force entre les Etats-Unis d'Amérique et la Russie. Il ne faut pas oublier que le gouvernement serbe présente, aujourd'hui en 2016, des  éléments pro-étasuniens et que les Russes mettent en garde la Serbie sur une possible entrée du pays dans l'OTAN. La Russie conseille, de fait, aux Serbes de mettre rapidement à distance ces politiciens serbes qui souhaitent approfondir la collaboration avec Washington.




[1] "Designations of Foreign Terrorist Fighters", Media Note, Office of the Spokesperson, Washington, DC,http://www.state.gov/r/pa/prs/ps/2014/09/232067.htm, en ligne le 24/09/2014, consulté le 16/02/2016
[2] "Once magnet for foreign 'mujahideen', Bosnia now exports them", AFP,         http://www.globalpost.com/article/6532425/2015/04/29/once-magnet-foreign-mujahideen-bosnia-now-exports-them, en ligne le 29/04/2015, consulté le 16/02/2016
[3] Rony Brauman. "Deux ou trois choses que je sais du Mal..."http://temoignagechretien.fr/articles/societe/deux-ou-trois-choses-que-je-sais-du-mal, en ligne le 17/01/2008, consulté le 16/02/2016
Avioutskii, V. (2005). Géopolitique du Caucase. Editions Armand Colin
(Extrait d'un livre non publié de Jean-Michel Lemonnier)




samedi 8 octobre 2016

Guerre de et pour l'Eurasie : la Moldavie, un des "fronts de demain" (I)



La principauté de Moldavie créée au XIVe siècle passe sous domination ottomane au XVIe siècle.  Annexée par la Russie en 1812 après le Traité de Bucarest, le territoire qui passe sous domination russe est rebaptisé Bessarabie. En 1918, la "Grande Union" permet la création de la Grande Roumanie ou Roumanie intègre, acmé d'un processus qui débute en 1859 avec le Traité de Paris et permettant l'émancipation et l'unification des populations roumanophones empêchées pendant des siècles par différents empires (ottoman, austro-hongrois, russe). La Bessarabie est alors rattachée à la Roumanie. Durant 22 ans, de 1918 à 1940, la Roumanie connaît sa plus grande expansion territoriale. En 1940, grâce au pacte germano-soviétique, l'URSS - alors que le royaume de Roumanie est encore dans la camp Allié - annexe la Bessarabie, la Bucovine du Nord ainsi que l'arrondissement de Herța (dans actuel oblast ukrainien de Tchernivtsi).  Au même moment, la Hongrie s'empare de la Transylvanie et la Bulgarie de la Dobroudja du Sud. Le pacte germano-russe rompu, le maréchal Ion Antonescu arrivé au pouvoir en 1940, compte sur une alliance - purement pragmatique - avec l'Allemagne[1] pour récupérer les territoires roumains. Rapidement avec l'aide de la Wehrmacht, l'armée roumaine, qui participe à l'opération Barbarossa, reconquiert la Bessarabie en 1941 qui est rattachée à la Roumanie jusqu'en 1944. Durant cette période (1940-1944), les violences perpétrées sur ces territoires sus-cités, aussi bien par un camp que par l'autre, sont inouïes. L'Armée rouge soviétique massacre les Roumains de Bucovine, certains d'entre eux sont déportés en Sibérie, puis c'est au tour de la Roumanie sous la direction du Maréchal Antonescu (dont la responsabilité dans l'holocauste des juifs de Roumanie est toujours discutée en Roumanie !) de détruire la communauté juive de Bucovine et d'organiser des déportations massives de juifs, mais aussi de Rroms et d'opposants au régime vers une Transnistrie récemment conquise qui sera le tombeau de ces "indésirables". A l'issue de la dernière guerre mondiale, la Roumanie perd la Bessarabie (Moldavie indépendante et Boudjak qui revient à l'Ukraine, oblast d'Odessa) ainsi que d'autres territoires (une partie de la Bucovine, de la Dobroudja) soit 58000 km2. Malgré son passage dans le camp des Alliés en 1944, elle est envahie par l'Union soviétique. C'est le début de l'ère communiste. Un communisme importé auquel les Roumains de souche n'avaient jamais adhéré. En effet, le Parti Communiste Roumain (PCR) jusqu'à l'immédiate après-guerre est le parti des minorités ukrainiennes, russes, hongroises et juifs. Il ne doit sa transformation en parti de masse qu'à la présence des armées russes sur le territoire roumain. De 1944 à 1991, la Bessarabie devient une république socialiste soviétique. Mais elle subit des modifications territoriales. Une partie du territoire, au nord et au sud est transférée à la république socialiste d'Ukraine et la Bessarabie reçoit le territoire oriental de Pridniestrovie (appellation russe) ou Transnitrie (dénomination roumaine). La Moldavie redevient indépendante en 1991 après la disparition de l'URSS. Durant la même période, s'opère un retour à l'alphabet latin dans la nouvelle république indépendante. Le territoire moldave correspond aux deux tiers du territoire de l'ancienne Bessarabie. Mais la partie orientale de l'ancienne Bessarabie, la République moldave du Dniestr, la Pridniestrovie ou Transnitrie prenant pour capitale Tiraspol, fait sécession avec Chișinău et reste sous domination russe. Il est bon de rappeler que les russophones représentent de nos jours un tiers de la population de Transnitrie, soit autant que les roumanophones et que les ukrainophones.
Un conflit de nature à la fois politique, symbolique et identitaire, armé mais de faible intensité éclate entre Moldaves roumanophones et les Russes de Transnistrie, après l'indépendance ; les nationalistes pro-Roumains soutenus par le BAO promettant, par ailleurs, de chasser les "Russes" de Moldavie. Une union de la Moldavie (territoire au-delà du Dniestr inclus) à la Roumanie aurait noyé les Slaves russophones dans un océan de latinité, mais surtout aurait mis fin à l'influence russe sur le territoire moldave. Le cessez-le-feu de 1992 puis le référendum de 1994 remporté par les partisans d'une Moldavie indépendante éclipsent durant des années le conflit entre nationalistes réclamant l'union de la Moldavie à la Roumanie et les pro-Russes. En 2007, le président roumain Traian Basescu permet, cependant, aux Moldaves qui le souhaitent d'acquérir la nationalité roumaine. Le conflit entre Moldaves pro-Roumains et Moldaves pro-Russes est latent...
Il convient de dire, que la Moldavie est d'une grande importance stratégique. Sa situation géographique, entre les Balkans à l'ouest et la Mer Noire, proche des Carpates et du Danube en fait une position avancée pour le contrôle du Danube et des détroits depuis le XIXe siècle et jusqu'à aujourd'hui. La rivalité entre la Roumanie et la Russie pour la maîtrise de cet espace n'a jamais cessé, a fortiori depuis l'intégration de la Roumanie à l'Europe communautaire et à l'OTAN. Les Etats-Unis et la Russie ont des visées sur la Moldavie. Washington est toujours dans sa stratégie de conquête de l'Europe de l'est et d'encerclement de la Russie et Moscou ne voit guère d'un bon œil le passage de la Moldavie, pas plus que celui de la Pologne ou des Pays Baltes, par ailleurs, dans l'aire d'influence du BAO. Ce rapprochement progressif de la Moldavie avec l'Europe euro-atlantique, officialisé par la signature d'un accord d'association avec l'Union européenne en 2014 est évidemment condamné par  Moscou. Sur le plan de l'identité, diverses tendances traversent la société moldave. Une frange de la population est partisane d'une réunification du pays avec la Roumanie, une autre s'accroche à son particularisme et sans être hostile à son voisin préfère la formule "deux peuples, deux Etats" à celles "un peuple, deux Etats" ou "un peuple, un Etat". Sur le pan économique, la Moldavie ne s'est jamais remise de la dislocation de l'URSS et son indépendance lui a fait perdre de nombreux débouchés commerciaux. L'industrie lourde et productive se trouve dans cette Transnistrie sécessionniste. Malgré quelques investissements étrangers et une industrie légère axée sur l'agro-industrie, la situation économique est peu reluisante. Cette dernière provoquant un exil massif de Moldaves vers les pays du monde euro-américain...En outre, la Moldavie est largement dépendante de la Russie, en particulier en ce qui concerne l'énergie. Le gaz et le pétrole russe sont indispensables à la république et Bucarest n'a pas grand chose à proposer contre cette domination russe ni contre le chantage concernant la Moldavie.
Depuis la création de la république de Moldavie de nombreuses crises politiques ont jalonné sa jeune histoire. La plus récente et peut-être la plus aiguë est celle qui se déroule actuellement au regard de la situation géopolitique dans cette Europe centre-orientale, et précisément à cause de la guerre en cours en Ukraine, pays voisin de la Roumanie et de la Moldavie. Cette crise politique remonte au mois d'avril 2015 après la découverte d'une fraude financière évaluée de plus de 900 millions d'euros. Cette somme disparue de trois banques moldaves correspond à 15% du Produit Intérieur Brut de la Moldavie. Suite a cet énorme scandale, des manifestations populaires ont conduit à la démission du premier ministre Vlad Filat accusé d'avoir détourné 230 millions d'euros. Le 21 janvier 2016, plusieurs dizaines de millions de personnes expriment leur colère à Chisinau, la capitale moldave, après la nomination de Pavel Filip un européiste (pro-UE) et de son gouvernement approuvée par le parlement moldave. La Moldavie pays de 3,5 millions d'habitants, est ethniquement roumain à 78%, et russe à 12%. La société moldave souvent perçue, exagérément en Europe occidentale, par le biais déformant du journalisme de masse, comme clivée en deux avec d'un côté ses roumanophones, favorables à une entrée de leur pays dans l'Union européenne et/ou d'un rattachement avec la Roumanie, de l'autre des russophones hostiles à l'Europe communautaire et marqués par un tropisme pro-russe. Pourtant, récemment pro-russes et partisans de l'intégration de l'intégration de la Moldavie à l'Union européenne, forces politiques de droite comme de gauche, dans une sorte d'union sacrée, ont défilé côte à côté pour dénoncer la corruption du pouvoir. L'oligarque Vlad Plahotniuc, accusé d'avoir une influence profonde sur le pouvoir central fait partie des cibles de ce mécontentement populaire.  En moins d'un an, trois gouvernements ont été nommés. La situation en Moldavie en janvier 2016 est pré-insurrectionnelle. Le mécontentement populaire à l'égard d'un régime corrompu glisse lentement vers un point de non-retour. Tour à tour et selon les sources, on accuse la Russie ou les puissances du BAO de préparer un coup d'Etat en Moldavie. L'Ukraine orientale est déjà à feu et à sang, la Moldavie suivra-t-elle ce funeste chemin ? Comment réagirait la Roumanie membre de l'OTAN face à un guerre civile en Moldavie qui ne tarderait pas à contaminer la République moldave du Dniestr ? Il est impossible que la Russie laisse s'écarter celle-ci de son aire d'influence. A l'évidence,  toute déstabilisation politique et action militaire menée par les forces armées de la République de Moldavie, vraisemblablement soutenues par le BAO et la Roumanie entraineraient une réaction virulente de la Russie. Celle-ci soutiendrait les Russes de Pridniestrovie réclamant un rattachement du territoire de la rive gauche du Dniestr à la Russie. Seulement, un conflit en Moldavie et en Transnistrie  présenterait peu de similitudes avec le conflit russo-géorgien de 2008 ou russo-ukrainien depuis 2014. L'espace roumano-moldave a une histoire bien différente de celle de l'Ukraine par exemple. Nous sommes ici sur une aire culturelle, linguistique et ethnique très homogène occupée par des Roumains. Les russophones y sont le plus souvent perçus, à juste titre au regard de l'histoire, comme des envahisseurs.
Si le projet eurasiste ou eurasiatique d'un Poutine ou plus encore d'un Douguine (finalement mis à distance de l'université de Moscou à l'été 2014), proche par ailleurs de Sergueï Narychkine président de la Douma, est de fonder un espace continental puissant libéré de la domination thalassocratique euro-atlantique, une entrée en guerre directe ou indirecte contre le BAO en Moldavie ne va pas dans le sens de l'intérêt de ce projet. Le problème est de savoir quels sont les plans du BAO pour la Moldavie. Le site internet de l'OTAN indique qu'"Au sommet de l'OTAN qui s'est tenu au pays de Galles en septembre 2014, les dirigeants des pays de l’Alliance ont proposé de consolider la fourniture de soutien, de conseils et d'assistance à la République de Moldova dans le cadre de la nouvelle initiative de renforcement des capacités de défense et des capacités de sécurité s'y rapportant (DCB)"[2]. Il est également intéressant de lire sur ce même site que "la signature des accords d'association de l'UE avec la Géorgie, la République de Moldova et l'Ukraine (...) permettront de travailler en étroite collaboration pour consolider l'état de droit, faire progresser les réformes de l'appareil judiciaire, lutter contre la corruption, veiller au respect des libertés et des droits fondamentaux de même que pour renforcer les institutions démocratiques. Ce sont là des buts que l'OTAN partage et soutient au travers de ses propres partenariats avec ces pays et d'autres partenaires"[3]. Où l'on a la confirmation que le projet européen de Bruxelles rejoint celui de l'OTAN et que la question du sort de trois Etats (Géorgie, Moldavie, Ukraine) sur laquelle le BAO et la Russie s'affrontent indirectement depuis des années est loin d'être réglée.
(Extrait d'un livre non publié de Jean-Michel Lemonnier)


[1] L'Allemagne ne considérera la Roumanie, qu'elle occupe à partir de 1940, jamais autrement que comme une "base avancée" dans l'optique d'une invasion de l'URSS
[2] source : http://www.nato.int/cps/fr/natohq/topics_49727.htm, consulté le 06/02/2016
[3] http://www.nato.int/cps/fr/natohq/news_111484.htm?selectedLocale=fr, mis en ligne le 27/06/2014, consulté le 06/20/2016
VOIR AUSSI sur ce blogue : 
http://jeanmichel-lemonnier.blogspot.fr/search/label/Moldavie
http://jeanmichel-lemonnier.blogspot.fr/2016/09/la-nature-eschatologique-de-la-guerre.html

dimanche 24 janvier 2016

République de Moldavie : tensions actuelles et Grande Roumanie...

Une série d'articles reposant sur des analyses pro-B.A.O :
Article du 23/01/2016 : Analyse confidentielle. Offensive russe en Moldavie. Attaque sur tous les fronts.
http://deschide.md/ro/news/politic/23622/ANALIZ%C4%82-CONFIDEN%C8%9AIAL%C4%82-Ofensiva-Rusiei-%C3%AEn-RM-Atac-pe-toate-fronturile.htm
et article du 13/01/2016 : Analystes de Da Vinci (voir ci-après). La Russie prépare un coup d'Etat en Moldavie.
http://deschide.md/ro/news/externe/23245/Exper%C5%A3ii-Da-Vinci-AG-Probabilitate-mare-de-lovitur%C4%83-de-stat-%C3%AEn-RM.htm

Qui est le groupe Da Vinci ? http://ru.davinci.org.ua/about.php
La liste des clients du groupe de consultants en analyses stratégiques (repris du site) : 
Cabinet of Ministers of Ukraine;
Ministry of Internal Affairs of Ukraine;
National Security and Defense Council of Ukraine;
Parliament Committee on finance and banking policy;
National Bank of Ukraine Council;
Parliament Committee on tax and customs policy of Ukraine;
Parliament Committee on industrial and regulatory policy and entrepreneurship of Ukraine;
Ministry of coal industry of Ukraine;
Deputies of Parliament of Ukraine;
Diplomatic missions in Ukraine;
Transnational companies and business-leaders in domestic market.


Il est dispensable de se répandre en commentaires sur ce cabinet d'études et cette liste...
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Ce que l'on peut écrire sur la "crise moldave" :


Les opérations de subversions qui ménent la Moldavie sur le funeste chemin de la guerre civile sont le fait des officines spécialisées financées par le B.A.O. Il n'y a, pourtant, aucun blanc-seing à donner à la Russie et à Poutine sur le "dossier moldave".
La Moldavie a vocation à être rattachée à la Roumanie. La Roumanie intègre est parfaitement légitime au regard de l'histoire des différents pays roumains.  La défaite roumaine de 1945 (puisqu'il sagit de cela) malgré le passage tardif dans le camp des alliés, a notamment permis la création d'une république socialiste moldave. Le processus (moderne) d'unification des territoires roumanophones qui débute avec le Traité de Paris en 1859, puis l'union de la fin du XIXe s. puis celle de 1918, et enfin le Traité de Trianon a rendu justice à l'histoire des pays roumains. Le choix d'Antonescu de s'allier aux puissances de l'Axe pour récupérer la Bessarabie confisquée par l'URSS mais aussi le mépris de ses pseudo-alliés (Allemagne hitlérienne) pour la Roumanie intégre a provoqué des catastrophes en chaine : amputation du territoire roumain de plusieurs dizaines de milliers de km2, occupation allemande "amicale" puis invasion soviétique et émergence d'un communisme roumain pourtant ultra-minoritaire jusqu'aux années 40 et totalement étranger à la mentalité de l'homme roumain issu des vieilles communautés agro-pastrorales archaïques (son socialisme n'avait rien de lénino-stalinien).
Je lisais rapidement la bouse d'une espèce d'intellectuel de sous-bock bo-beauf marxisant (aussi mauvais penseur que laborieux écrivain) qui fait de la géopolitique empirique (Makcinder, Spykman, Haushofer, Douguine jamais entendu parler) en chambre (complétement à la ramasse sur l'Ukraine, il y a quelques mois), dans laquelle on pouvait reconnaître toute l'idéologie débile anti-nationalisme(s) roumain(s) qui prévaut dans la gauche française (section demi-instruits). Je ne peux que lui conseiller de s"intéresser à l'histoire des pays roumains sur le temps très long... Celui-ci ne se rend même pas compte que les Etats-nations allemand ou italien (dont il ne nierait pas la légitimité pourtant) ne sont guère plus récents que la Roumanie. En outre, l'unité linguistique en Roumanie est sans équivalent (ou presque dans toute l'Europe)...Rappelons que 75  à 80% de la population moldave est roumanophone et ethniquement roumaine et qu'en la République moldave du Dniestr (Transnitrie) les russophones ne comptent que pour 1/3 du total de la population...
Or donc. Certes la stratégie  de l'anglosphère en Europe centrale et orientale est de réactiver de vieilles querelles inter-étatiques (ou entre principautés...), et dans le cas de la Roumanie, de l'Ukraine ou de la Pologne de s'appuyer sur la russophobie très présente au sein des populations de ces Etats. Il reste que la Grande Roumanie ou Roumanie intégre (incluant R. de Moldavie et Transnistrie appelation contestée par les Russes-> voir PMR/Pridniestrovie, Bucovine ukrainiennne, Boudjak, Dobroudja bulgare, etc.) n'est en rien une construction articifielle. Elle est l'expression territoriale et la traduction politique, tardives car empéchées par les invasions récurrentes et les puissances voisines (turco-mongole puis ottomane, hongroise, austro-hongroise et russe), d'une très large communauté de plusiers dizaines de millions d'hommes et de femmes partageant une identité linguistique, culturelle, religieuse et philosophique commune (le même non-cité plus haut doit, à peu près, tout ignorer de l'espace mioritique). 

Extension maximale du territoire roumain qui correspond à la totalité de l'espace latinophone-roumanophone  (exceptés les îlots d'aroumanité balkanique par exemple) du sud-est européen
Je parle autre part (voir article scientifique géopolitique "Les nouvelles relations magyaro-roumaines") d'une reconfiguration de l'échiquier et/ou du système politique roumain. La dynamique est lancée : http://www.stiripesurse.ro/exclusiv-campionul-de-k1-daniel-ghi-a-va-anun-a-maine-formarea-unei-armate-na-ionaliste_980060.html Le champion de boxe roumain, Danie Ghita, veut créer une "milice nationaliste" qui interviendrait dans les zones du pays où le "besoin" s'en fait sentir...
...et encore http://www.partidulromaniaunita.org/ Même si, en matière de politique étrangère, la ligne doctrinale du Parti Roumanie Unie est sensiblement la même que celle des partis de gouvernement actuels (approfondissement du partenariat euro-atlantique), Partidul România Unita désire une Roumanie puissante à l'international en mesure de réintégrer la République de Moldavie (avec ou sans la PMR ?) au territoire roumain actuel. Le logo du parti avec cette belle image de Vlad Tepes centrée sur la carte de la Grande Roumanie atteste de cette désinhibition vis-à-vis de la question moldave. Le nom du Parti est, de toutes façons, peu équivoque. 
Ajout du 25/01/2016 : http://www.aradon.ro/si-la-arad-se-infiinteaza-patrula-vlad-tepes/1610736
En résume : Création d'une "patrouille Vlad Tepes" sous la direction du Parti Roumanie Unie, qui viendra en aide, par exemple, aux personnes victimes de catastrophes naturelles, mais la "patrouille" dont les membres porteront un uniforme (comme c'est le cas dans les ONG) et sauront se défendre (et défendre) physiquement en cas d'agression ne peut-être considérée comme une organisation paramilitaire comme l'affirme la presse. 

VOIR également SUR CE BLOGUE, article sur la Roumanie dans la WW2, "tragédies et trahisons diverses" : http://jeanmichel-lemonnier.blogspot.fr/2014/03/quelques-mots-sur-lhistoire-de-la.html

samedi 23 janvier 2016

L'Europe communautaire légifère sur la mort en Roumanie...

S'occuper des vivants ne suffit plus aux commissaires euro-atlantistes. Ils s'intéressent désormais aux morts et à des rituels funéraires multiséculaires. En Roumanie, on enterre toujours, majoritairement, ses morts de manière identique depuis le XIIe siècle. Ces rites immuables, certes chrétiens, mais qui ont bénéficié des apports des rites funéraires venus de la protohistoire sont donc voués à disparaître sur décision de technocrates imbéciles et de leurs exécutants tout aussi stupides. Bien sûr, cela ne risque pas d'émouvoir l'Européen occidental de base pour qui on doit "gérer la mort" comme on gère les déchets. Cette funeste nouvelle, m'évoque une discussion remontant à quelques années que j'ai eue avec un de ces margoulins du matérialisme marchand qui est, d'ailleurs, a peu près le même chez les bourgeois que chez les marxistes fossiles  (il existe une catégorie de marxistes très fins mais malheureusemnt peu nombreux).  Ce dialogue portait sur le sacré. Ce porcin qui se revendiquait libre penseur n'entendait rien au sacré, qui, certes, n'implique pas nécessairement la croyance en un Dieu, mais ne relève pas pour autant de la catégorie dans laquelle ce petit gauchiste hargneux le classait. Aussi ai-je eu droit à tous les poncifs modernes sur la nouvelle nature du sacré. S'il est inutile de s'étendre sur cet épisode, il est nénanmoins réprésentatif du discours de haine et de mépris du type d'invidu moderne portant en lui cette détestation du sacré religieux. 
Or, donc que prévoient ces nouvelles mesures culturicides concernant les rites funéraires en Roumanie ? Ni plus ni moins que l'éradiction de rites ancestraux, très complexes et intimement liés à la conscience religieuse des peuples chrétiens orthodoxes. L'Europe communautaire veut faire table rase non seulement de gestes, d'attitudes mais aussi d'une mentalité, celle de l'homme du monde carpato-danubien qui malgré les assauts chtoniens de la modernité libérale-marchande continue à perpétuer des traditions - et cela les fanatiques de la modernisation catagogique, des crétins qui ne pensent que développement, infrastructures et compétition des territoires ne peuvent l'entendre - qui s'incrivent dans la réalité d'une Weltanschauung indo-européenne archaïque enracinée au coeur même du christianisme cosmique-orthodoxe.
Prenons un exemple concret. Ces lois anti-traditionnelles, empêcheront la famille de conserver le corps du défunt plus d'une heure dans la maison. De fait, la tradition de veille du mort qui dure jusqu'à trois jours est prohibée. Et quand on sait à quel point cette coutume ancestrale est enracinée dans les pratiques funéraires des Roumains, il s'agit là d'un véritable affront, d'une humiliation (encore une) faite à la culture roumaine. Les communistes n'avaient jamais pris de décisions en ce sens, même si d'autres non moins mortifères avaient déjà bien entamé la richesse des pratiques religieuses traditionelles. Il est, d'ailleurs, presque inutile d'évoquer les destructions d'églises et de monastères durant le règne du mégalomane.Ce qui est choquant (mais qui, en réalité, ne devrait plus l'être), c'est que cette Europe communautaire et "l'Occident" comme disent encore les Roumains devaient apporter plus de liberté. Or, c'est l'inverse qui se produit. Les interdictions fixées par l'Europe marchande se multiplient dans les domaines les plus archaïques (au sens noble du terme) de la société roumaine : paysannerie, religions...
Il faut situer ces décisions dans le contexte de la vaste opération de laïcisation forcée de la société roumaine lancée par l'Union européenne. Même si l'influence de l'Eglise orthodoxe est encore très grande en Roumanie, les attaques répétées contre la coutume et la tradition par la loi du techno-gestionnaire bruxellois et par le divin Marché devront, à terme, réduire drastiquement le rôle de cette institution. L'homme d'attitude moderne ne verra dans cette démarche qu'une nécessaire voie vers la modernisation du pays et une lutte contre l'obscurantisme, niaiseries récurrentes évidemment conjuguées à d'autres lieux communs anti-religieux. Pourtant, le pousse-caddie réduit à son travail d'esclave moderne ignore que l'Eglise orthodoxe, à travers ses prêtres et ses moines, joue un rôle fondamental dans la protection des plus pauvres ou encore des enfants orphelins. C'est cette Eglise qui pallie l'incurie des différents gouvernements roumains qui enregistrent et appliquent les directives des commissaires européens. Alors quand on entend certains se plaindre des promoteurs d'une Union européenne faisant l'apologie des racines chrétiennes de l'Europe, il y a de quoi rire...Cette Europe, méprisant les peuples européens, est un puissant instrument devant mener à la sécularisation de toutes les sociétés européennes et plus encore à une déculturation massive, finalement, sans exagérer, à un ethnocide...
La Grande Guerre pour l'Eurasie contre l'euro-atlantisme ou bloc américano-occidentaliste (dit globalisme) se situe aussi au niveau culturel...A suivre...

Voir cet article -> Directive UE : les morts pourront être enterrés sans prêtre et ne pourront être gardés plus d'une heure à la maison. L'Eglise Orthodoxe Roumaine sans réaction.


mardi 15 décembre 2015

La Roumanie éternelle face au fascisme technocratique bruxellois

Une image vaut mille mots...Parfois...C'est le cas ici...
Destruction des dernières sociétés et paysanneries traditionnelles, nouvel acte :http://www.francetvinfo.fr/politique/
Les protestations des bergers devraient être prises en compte...http://republica.ro/oierii-au-luat-cu-asalt-parlamentul-imaginile-zilei, mais ce n'est que partie remise. L'Europe communautaire atlantiste et ses défenseurs (des commissaires aux petits exécutants locaux, intellectuels européistes natiophobes y compris) n'ont que mépris pour ces dernières communautés agro-pastorales incarnées par ces bergers roumains et leur mode d'être au monde particulier...De Nicolae Ceausescu à Jean-Claude Juncker, le même projet totalitaire homogénéisant. Toute trace d'"archaïsme", tout particularisme culturel, ethnique ou religieux doivent être effacés. Ces sociétés traditionnelles, ou ce qu'il en reste, sont considérées comme des freins au développement, à la "nécessaire"  modernisation...Marxistes (qui peuvent n'avoir jamais lu une seule ligne de Marx) et libéraux-fascistes se serrent la main...

VOIR sur ce blogue : http://jeanmichel-lemonnier.blogspot.fr/2013/09/le-paysan-roumain-homme-religieux.html


jeudi 8 janvier 2015

mercredi 31 décembre 2014

Réforme territoriale, une seule ambition : mépriser et détruire...


Cette réforme territoriale (bâclée), à l'évidence construite selon des logiques contradictoires...des propositions de Nicolas Sarkozy remises en partie ou totalement en cause durant l'ère Hollande (la logique déconstructiviste reste la même) se décline (peut donc se résumer sans éxagérations), en restant synthétique, en :
Un transfert de souveraineté vers le "supranational", une disparition progressive des communes (des "paroisses" finalement...) et des départements qui deviennent des coquilles vides -> corollaire : renforcement de l'intercommunalité, création de métropoles au sens de la réforme des collectivités territoriales de 2010 (attention : le terme recouvre différentes réalités et son usage ést souvent abusif. Différentes échelles et la taille de la ville n'est pas un critère pertinent pour définir une métropole...) ou communautés urbaines qui deviennnent juridiquement des EPCI (Etablissement public de Coopération Intercommunale), consolidation de la ville globale (il n'y a que Paris en France), suradaptation à la mondialisation (identité du discours gauche-droite politico-médiatico-universitaire). De fait, on se retrouvera, de toute évidence et  sans jouer aux devins avec des espaces délaissés ou dépendants de ces grandes communautés urbaines (formation de conurbations,  Aix-Marseille par exemple), une fusion des régions, création d'euro-régions-pièges-à-cons qui ne peuvent séduire que les régionalistes demeurés (qu'est-ce qu'un commissaire européen peut en avoir à foutre des "identités régionales" ?)...

...témoigne d'une haine de l'histoire de France, d'une détestation du monde rural mais aussi de la persistance du mensonge du besoin de croissance (la grande ville, la "métropole" en serait le moteur).
Les présupposés (entre pseudo-argumentation jargonneuse, omissions et mensonges caractérisés) : la "campagne", le monde rural, vagina gentium, berceau du peuple français, plus généralement européen ou eurasiatique n'existe plus. L'urbanisation est généralisée. On retrouve ici le discours du Salut par la ville et dans la ville et disons le une profonde haine de ce que tous ces Vadius et Trissotin qui peuplent les amphis dans l'enseignement supérieur autant que les bureaux de certains ministères appellent de façon à peine voilée "la France profonde". Les Français en moyenne seraient trop conservateurs, pourtant ils acceptent depuis la fin de la WW2 la destruction en règle de leur environnement (au sens large).
Et ceci malgré l'évidence : le mépris (au mieux l'indifférence) pour l'histoire n'a jamais été aussi grand. Et si les "gens" se méfient de la mondialisation et des superstructures (CEE-UE) , c'est qu'ils considèrent que rien de bon ne peut en sortir.

Il y aurait une "urbaphobie" (horrible mot !), une détestation de la ville en France. Et toute critique de la "macrocéphalie parisienne" (expression rejetée par les mêmes cités plus haut) est considérée comme pétainiste, maurassienne , etc, bref réactionnaire, anti-moderne, allons-y fasciste !
Toute une géographie s'est construite en opposition aux thèses du géographe Gravier (cf. "Paris et le désert français") reprochant à ce dernier son nationalisme, son ruralisme, son "vichysme". Gravier est bien évidemment une cible facile pour paresseux.

Il est vrai, cependant, que le "problème" (contrairement aux régionalistes qui accusent la capitale systématiquement)  n'est pas uniquement la capitale toute puissante qui martyrise les provinces, mais avant tout le mode de production, la logique libérale autrement dit des facteurs strictement économiques.
Idéologiquement, ce discours politico-scientifique (du haut fonctionnaire au "chercheur"-idéologue-propagandiste) se réclame  du rhizomatisme deleuzien, du mode de fonctionnement horizontal. Et ceux qui  osent parler de "pays réel" en sont en réalité les plus éloignés, les plus étrangers.  L'Etat-nation, c'est "le chien qui a la rage", et on encourage les fonctionnements en réseaux, la perte de souveraineté nationale. Bien sûr, il faut jeter un œil sur les financements de ces "missionnés" : commission européenne, etc.
Bref, on a un discours totalement mystificateur de la part de ce quart-monde intellectuel qui consiste en une condamnation d'un peuple réactionnaire PARFAITEMENT INTROUVABLE donc totalement fantasmé qui  aurait fait sien le slogan-devise barrésien : "Moi (NOUS), la terre et les morts"...
 Ce n'est pas le peuple qui fantasme mais ces élites politiques, médiatiques et "intellectuelles" qui fantasment le peuple. 

Voir aussi : 
http://jeanmichel-lemonnier.blogspot.fr/2014/07/carte-fantaisiste-des-nouvelles.html

samedi 27 septembre 2014

Elections présidentielles en Roumanie (2014), Victor Ponta-Klaus Iohannis : un programme commun en matière de politique étrangère

Aux pages 19 et 20 du programme de Victor Ponta, candidat pour le PSD (Partidul Social Democrat), le mieux placé, à cette date, pour remporter la présidentielle roumaine, on lit que ce dernier prolongera la politique de soumission de la Roumanie à l'Euro-atlantisme. En effet, Ponta, s'il est élu continuera, si on s'en tient à la lecture de son programme, d'une part à consolider l'axe Bucarest-Londres-Washington privilégié par Basescu et d'autre part, à approfondir le processus d'intégration communautaire (entrée dans la zone euro sous 5 ans) de l'autre.
L'Union européenne donc, pour les fonds de développement, l'OTAN pour la sécurité nationale. A l'est, rien de nouveau... Ponta, le premier ministre, si critique à l'égard de Basescu maintiendra donc, à l'instar de son faux-ennemi, la Roumanie sous tutelle euro-mondialiste. 
Dans ce même programme, on lit que la Roumanie privilégiera les relations avec la Pologne au sein de l'Union (et implicitement avec les Pays baltes). Quoi d'étonnant ? La Pologne est sans doute l'élève le plus obéissant au sein du système germano-étasuno-bruxellois. Pareillement, le sous-axe géostratégique  Baltique-mer Noire qui passe par...l'Ukraine, nécessaire au renforcement de l'espace tampon Union europénne-Russie sera également une priorité, avec au sud un nécessaire partenariat renforcé avec la Turquie.
Le programme de Ponta :
http://victorponta.ro/materiale/program-prezidential-victor-ponta.pdf

L'adversaire (1) direct de Ponta, c'est Klaus Iohannis, maire très apprécié de la ville de Sibiu, ex-président du FDGR (Forumul democrat al Germanilor din România-Forum démocrate des Allemands de Roumanie), candidat pour le PNL (Partidul National Liberal)...Et là, pas de surpise, pour Iohannis, la ligne à suivre est la même que celle de Ponta : privilégier le partenariat, ou plutôt, disons-le, la domination étasunienne sur la Roumanie. Rien ne distingue les deux candidats en matière de politique étrangère : les Etats-Unis d'Amérique sont le grand allié de la Roumanie. Dans chacun des programmes des deux candidats, cet état de  fait est mentionné en gras. Aucune ambigüté. En résumé, l'est-europééen et la Roumanie, ont besoin d'un message ferme de la part des Etats-Unis d'Amérique pour faire face -c'est écrit en termes à peine voilés- au "péril russe"...
Le programme de Iohannis :
http://www.pnl.ro/pagina/programul-politic-al-presedintelui-pnl-klaus-iohannis

A l'issue de cette présidentielle, quel que soit le résultat, la feuille de route des anglo-étasuniens concernant la consolidation du protectorat est-européen post-1989, sera respectée. La crise russo-ukrainienne, loin d'être un contretemps, n'est rien d'autre qu'une des modalités possibles pour la mise en place de ce nouvel espace géopolitique postcommuniste pro-étasunien et finalement de ce plan de domination de l'anglosphere sur l'Europe tout entière (Russie incluse...).


(1) Un bien grand mot... Adversaire pour le poste de gouverneur de cette province du global state, certes, mais nullement adversaire idéologique...

Voir aussi :





dimanche 14 septembre 2014

Points de vue dissidents de Roumains face à la russophobie dominante en Roumanie (et critique de la position du gouvernement actuel sur la question russo-ukrainienne)

Deux articles de Marian Radulescu :
Nimeni nu poate opri relansarea relaţiilor româno-ruse. Mars 2014 http://romanian.ruvr.ru/2014_03_13/Nimeni-nu-poate-opri-relansarea-relatiilor-romano-ruse-5484/
Pragmatism versus rusofobie. Încotro, România? Juin 2014

A lire également, cette déclaration de l'organisation non-gouvernementale ACSRSS (Asociaţiei de Cooperare Strategică, Diplomatică, Economică, Culturală şi Educaţională cu Rusia şi Spaţiul Slav (ACS-RSS)) qui oeuvre pour la défense des bonnes relations entre la Roumanie et la Russie : 
Lettre du professeur Alexandru Mita et de Marian Radulescu, respectivement président et vice-président de l'association ACSRSS à propos de  la postion du gouvernement roumain sur la situation en Ukraine :  http://www.acs-rss.ro/index.php/8-articole-pagina-1/182-informare

Réponse du Minsitère des affaires étrangères roumain : https://docs.google.com/file/d/0B_WI24h7DXN4bEE4dFhqRGRCNTQ/edit


Crédit photo : http://www.acs-rss.ro/






Nationalistii rusi si europeni - întâlnire de taina la Viena





Extraits magazine Lumea, 8/14



samedi 13 septembre 2014

Oui à l'indépendance de l'Ecosse, non à celle du Kosovo

Tout ce qui peut nuire à la Couronne est bon pour la France, tout ce qui peut déranger, affaiblir et hâter l'effondrement de l'anglosphère (et de l'axe anglo-germano-étasunien) est souhaitable pour la France et les peuples d'Europe.
Oui à l'indépendance de l’Écosse, non à celle du Kosovo (nation building) par exemple.

 Refuser de soutenir l'indépendance ou l'autonomie de certaines régions d'Europe au nom du refus de l'éclatement de l'Europe (Euro-balkanisation, Europe des régions, etc.) ça revient à dire, ni plus ni moins, qu'il faut (fallait) soutenir Thatcher, Albright, Merkel ou les femmes gardiennes de camps de concentrations parce que ce sont des femmes et qu'"on" est féministe ("le pouvoir aux femmes" voilà bien un slogan pour écervelé-e-s)...
...ou encore à défendre les désastreuses "politiques-idéologies" de Taubira, Belkacem, Dati ou Obama au nom de l'antiracisme, parce que des décérébré-e-s les insultent et les attaquent sur leur couleur de peau,  leur appartenance religieuse ou tout autre chose n'ayant aucun rapport avec la politique...
(pour les mal-comprenants qui lisent : je n'écris pas qu'il faut pour autant défendre les "sorties" racistes de ces lobotomisé-e-s qui doivent être évidemment condamnés, le propos est suffisamment clair j'espère mais j'insiste car plus rien ne m'étonne...).  
Le positionnement dialectique contre le catéchisme, le chantage idéologique, le dogme, qui relèvent de l'apolitisme donc de la bêtise crasse intellectuellement castratrice.
De Gaulle c'était une certaine (haute) idée de la France, une hauteur de vue géopolitique, on en est très loin avec certains néo-gaullistes qui réclament son héritage...et qui "ne voient rien" au sujet de l'Ecosse...


Crédit photo. : http://www.comece.eu/europeinfos/fr/archives/numro155/article/5333.html

dimanche 20 juillet 2014

Carte fantaisiste des nouvelles provinces françaises...



Et pourquoi pas...cette France (l'Ile de France est "partagée") serait bien moins ridicule sur le principe (mais 12 régions c'est insuffisant) que cette France "abstraite" des anti-ruralistes urbanolâtres et européistes (dans le sens d'euro-mondialistes, d'atlantistes) : France à 10 régions ou que celle-ci : France à 13 régions qui maintient l'héritage pétainiste à l'ouest...Et encore, on a échappé aux régions marketing du genre "arc Atlantique"...sans parler (excès inverse) des vieux "bolchos" névrosés, incapables qu'ils sont de penser la "tradition" autrement que sous l'angle de l'"arriération" et de la "réaction", avec leur "départementalisme" (vouloir conserver des régions historiques -provinces- ou les reconstituer, serait une forme d'anti-républicanisme car ce serait être contre les départements donc contre la République?) et  leur refus du -je cite-"partage euro-féodal de la France" (sic)...même si la grande réforme territoriale Sarkozy-Hollande qu'ils dénoncent est, il est vrai, un pas de plus vers la dissolution de l'Etat-nation. Après avoir détruit villes et campagnes, les missionnaires de l'euro-atllantisme s'en sont pris à la nation. Ces processus sont désormais suffisamment connus. Voir les propositions de l'européiste-positiviste-développementaliste, Jacques Levy, avec son "très grand bassin parisien" (voir mégapolisation parisienne) : http://www.slate.fr/story/85829/redecoupage-dix-regions et son "coup de brosse à reluire" à destination des régions aux identités fortes...Si personne ne voit la contradiction, je n'y peux rien... Sûr que qu'il doit se sentir concerné par les z'identités régionales, celui-ci...Regarder aussi les appelations : régions ouest, nord, est...et implicitement ce mépris pour l'histoire de France finalement. 

On a ici avec ces "chercheurs" qui doivent répondre à la nécessité de la mondialisation capitaliste (renforcer les métropoles, favoriser les "villes globales", soit le processus de métropolisation) à travers leurs discours et leurs participations à l'aménagement des territoires à l'échelle de la France et/ou au niveau européen, aux planifications urbaines (l'indépendance des chercheurs, leur neutralité est une farce, ces derniers ne se rêvent qu'en conseillers du prince, y compris les sympathisants "nanars-gauchistes" qui ne sont que rebelles fonctionnarisés), une volonté de finir d'achever cette rupture historique et catastrophique, qui naît (ou plutôt qui triomphe) à la révolution française, niant et méprisant les origines et spécifités des peuples de France (la campagne est vagina gentium). 

En outre, que ces géographes qui considèrent que la "campagne", le "monde rural" ("profond") n'existe plus en Europe aillent, à l'occasion, faire un tour en Europe centrale et orientale pour voir si là-bas, le processus d'urbanisation est achevé et...accepté...en ces pays où la ville reste très souvent tributaire du village...Un vaste pan du territoire européen est finalement profondément étranger à ces chercheurs. En effet, ces  positivistes n'entendent rien à la "Tradition" ou aux "traditions" aux solidarités profondes et véritables liées au don agonistique par exemple, ce qui apparaît pour ces intellectuels comme un obstacle majeur à la compréhension du "fait rural" dans les anciennes démocraties populaires et les anciennes républiques socialistes d'Eurasie...Là-bas, vivre à la campagne c'est encore très souvent  -malgré les diverses mutations passées et en cours- adhérer à une métaphysique particulière. A l'évidence (encore faut-il l'avoir cotoyé) l'homme du monde rural (qu'on peut qualifier de "profond", il existe bien évidemment un rural adapté à la logique capitaliste qui s'oppose radicalement au premier) centre-est européen n'a que faire, la plupart du temps de ce développement culturicide.  Qu'est-ce qu'un paysan autosuffisant ou un petit artisan des Maramures, par exemple,  dont la seule activité est de sculpter des objets en bois  peut en avoir à foutre d'être compétitif à l'échelle mondiale ? Quel sens cela peut-il avoir pour celui-ci qui vit dans un village presque inaccessible par une route digne de ce nom (selon les critères d'un Ouest-européen) et guère plus par un mode de transport en commun ? Or donc, il est, évidemment, totalement exclu que ces promoteurs de la globalisation heureuse, fascinés par le progrès technique (qui doit tout résoudre) et obsédés par le développement, travaillant sur "commandes" in fine (collectivités territoriales, DIACT, Union européenne..)  puissent avoir quelque chose à dire d'intéressant sur le sujet...à part les mots magiques : développement ! croissance ! compétitivité ! Le discours libéral et ethnocidaire incantatoire habituel...