: Jean-Michel Lemonnier, bloc-notes: capitalisme
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samedi 9 janvier 2016

Marxisme, capitalisme : deux faces d'une même pièce pour Russel Means, Amérindien Lakota - Commentaires

Traduction d'un discours de l'Amérindien Russel Means, Lakota-Oglala, décécé en 2012 : http://partage-le.com/2015/05/le-marxisme-est-aussi-etranger-a-ma-culture-que-le-capitalisme-russell-means/

Quelques unes de mes réflexions générales à propos de son discours :

A bien y regarder, Russel Means ne dit pas autre chose que Pierre Clastres : refus de la fusion politique, rejet de l’État. Contre ça, on fait ou faisait la guerre entre tribus. R. Means fut membre du parti libertarien US. On est loin du "communisme primitif" amérindien avec Ron Paul et son État minimal, évidemment, mais il y a de ça...Une société sans État ne peut fonctionner, a priori, que dans le cas de petit(e)s groupes humains/sociétés.

Et là, les marxistes se plantent complètement dans leur "compréhension" des sociétés et mentalités "primitives". C’est Pierre Clastres, l’ethno-anthropologue qui a raison face aux marxistes sur ce point. On comprend mieux alors la détestation de R. Means envers le marxisme (1) et son "application historique" (État dirigé par une classe sociale, dictature du prolétariat) qu’il met sur le même plan que le capitalisme (traduction politique : État dans les mains d’une classe dominante : bourgeoisie). Le sous-entendu permanent dans son discours c'est : pas d’ État !

Il faut préciser quand même que il n’y a pas un monde amérindien homogène. L’empire de l’Inca hiérarchisé face aux Shuars, ça n’a pas grand chose à voir par exemple. L’« Indien »’ reste une invention coloniale. Cela dit, l’histoire des peuples amérindiens avant l’arrivée des Européens n’est sûrement pas l’histoire de la lutte des classes en ce qui concerne les petits groupes amérindiens : pas d’Etat, révocabilité du chef (sans pouvoir au sens où les Européens l’entendent), pas de classes sociales et là la grille de lecture marxiste est ; très souvent, parfaitement inadaptée pour comprendre ces sociétés. C’est peut-être vrai uniquement dans le cas d’empires centralisés de type Inca... De même, la conception du temps linéaire qui est autant celle du capitalisme que du marxisme (demain sera mieux qu’aujourd’hui, la ligne du « progrès ») était étranger à ces populations (conception cyclique/mythique du temps).  De plus, ces sociétés se caractérisent(-saient) par leur grand conservatisme et conformisme pas de place pour les  "rebelles", pas de  "révolutionnaires".  Et encore, pour citer Clastres qu’ont les marxistes à dire sur les religions autochtones-cosmqiues ?  Le mythe est l’opium est du peuple  ? Si Marx n'a jamais saisi la fonction protestataire de la religion, mais seulement sa dimension attestaire ("La religion est le soupir...", etc.) Ensuite, peut-être qu’après les tragiques "rencontres" avec le monde européen (et sa vision réductrice des sociétés amérindiennes "les Indiens") on peut voir quelque chose en rapport avec une lutte des classes. Certains amérindiens n’ont plus pas qu’à rejoindre les mouvements révolutionnaires marxistes. D’autres, en Amérique du Nord. se sont accommodés : casinos sur les réserves, d’autres refusent. Mais là encore, différentes utilisations de l’argent des jeux. : parfois redistribué à la communauté. Concernant les jeux, environ les 3/4 des bénéfices sont redistribués à des firmes non-amérindiennes qui ont aidé à construire les "casinos". Et seulement 1% (j'ai lu autre part : proportion à hauteur d'1/3) des nations amérindiennes des EUA bénéficient des retombées financières liées à ces jeux. Nombre de casinos des réserves sont d'ailleurs fréquentées par des amérindiens pauvres, la plupart du temps. Une plaie aussi donc, ces casinos.
Mais - et c’est fondamenta l- en Amérique du sud, il existe toujours des sociétés amérindiennes qui sont étrangères (et implictemeent allergiques) à l’organisation en classes sociales. Grande variété de situations. Souvent, un pied dans la modernité : rejoindre la société dominante ? Combattre contre elle, mais sous quelle forme en privilégiant quoi ? La dimension ethnique (les rouges contre les blancs), sociale (opprimés contre exploiteurs), etc. ?

Enfin, je pense à une anecdote : une ONG qui souhaitait installer des latrines au sein d’une communauté Kogi (Colombie) : le  "développement" !
 Les gens là vivaient depuis des lustres sans ces toilettes. Comment faisaient-ils depuis des siècles et des siècles ? C’est risible, sans doute, mais ça montre bien que là encore, le petit blanc qui pense venir en aide  à ces peuples ne se rend même pas compte de son ethnocentrisme, de sa connerie, du poison qu'est sa charité de dame patronnesse qui a conduit à la mort des milliers de peuples dits "premiers"...
Bref, les Blancs du monde euro-américain doivent en rabattre avec leurs idéologies diverses...Donc R. Means (seul un gauchiste crétin peut penser qu'il raisonne comme un bourgeois) est parfaitement légitime dans son rejet à la fois du marxisme et du capitalisme, tout en sachant que d’autres Amérindiens d'Indo-Amérique, du Nord  ou  du Sud ont fait des choix différents des siens...

(1) Ailleurs dans les Amériques, lors des renaissances amérindiennes des années 1970/panindianisme, on appellera "crime de la gauche marxiste" le fait de nier le culturel, l’ethnique, le religieux.


lundi 7 décembre 2015

Monde moderne, décérébration universelle, Russie et eurasisme


Derrière toutes ces simagrées anti-réactionnaires de citoyens du monde de la domination marchande, ces prêches progressistes "anti-fachos", l’invocation des droits de l’homme, couteau suisse des chefs du marketing du globalisme, il y a toujours cette puanteur du...colon ethnocidaire. Le mépris pour les Russes de la Tradition par ces agents de la décérébration universelle rappelle ce rejet de l’homme archaïque des sociétés premières des Amériques, d’Afrique ou d’Asie, par l’avant-garde de la putride société bourgeoise d’Europe occidentale, alors en pleine expansion : "apportons les pisseuses lumières de la civilisation spectaculaire-marchande à tous ces arriérés  !", tout d’abord avec cette caricature de christianisme alliée de circonstance de la bourgeoisie mercantile puis avec la crétinerie nihiliste développementaliste assassin des peuples anti-utilitaristes, de l’émerveillement cosmique perpétuel... 
Ce tropisme pro-russe des quelques "Européens" encore éveillés est systématiquement et volontairement confondu par ces faiseurs d’opinions domestiqués, avec les agitations convulsives de cette droite xénophobe et raciste parée d’un petit vernis patriotard de merde qui séduira de plus en plus tous les beaufs revanchards et les rentiers "sécessionnistes" ; une "droite" pourtant nullement molestée par l’odeur pestilentielle du cadavre putréfié du capitalisme natiophobe, éradicateur des dernières consciences populaires anti-marchandes...
Entre les défenseurs de "l’humanisme" de l’exploitation et de la consommation de la  "marchandise Benetton" de gauche et les chantres d’un capitalisme droitier "de souche" offrant à la vindicte des crânes épais le bouc émissaire musulman ou immigré, reste l’eurasisme...

mercredi 31 décembre 2014

Réforme territoriale, une seule ambition : mépriser et détruire...


Cette réforme territoriale (bâclée), à l'évidence construite selon des logiques contradictoires...des propositions de Nicolas Sarkozy remises en partie ou totalement en cause durant l'ère Hollande (la logique déconstructiviste reste la même) se décline (peut donc se résumer sans éxagérations), en restant synthétique, en :
Un transfert de souveraineté vers le "supranational", une disparition progressive des communes (des "paroisses" finalement...) et des départements qui deviennent des coquilles vides -> corollaire : renforcement de l'intercommunalité, création de métropoles au sens de la réforme des collectivités territoriales de 2010 (attention : le terme recouvre différentes réalités et son usage ést souvent abusif. Différentes échelles et la taille de la ville n'est pas un critère pertinent pour définir une métropole...) ou communautés urbaines qui deviennnent juridiquement des EPCI (Etablissement public de Coopération Intercommunale), consolidation de la ville globale (il n'y a que Paris en France), suradaptation à la mondialisation (identité du discours gauche-droite politico-médiatico-universitaire). De fait, on se retrouvera, de toute évidence et  sans jouer aux devins avec des espaces délaissés ou dépendants de ces grandes communautés urbaines (formation de conurbations,  Aix-Marseille par exemple), une fusion des régions, création d'euro-régions-pièges-à-cons qui ne peuvent séduire que les régionalistes demeurés (qu'est-ce qu'un commissaire européen peut en avoir à foutre des "identités régionales" ?)...

...témoigne d'une haine de l'histoire de France, d'une détestation du monde rural mais aussi de la persistance du mensonge du besoin de croissance (la grande ville, la "métropole" en serait le moteur).
Les présupposés (entre pseudo-argumentation jargonneuse, omissions et mensonges caractérisés) : la "campagne", le monde rural, vagina gentium, berceau du peuple français, plus généralement européen ou eurasiatique n'existe plus. L'urbanisation est généralisée. On retrouve ici le discours du Salut par la ville et dans la ville et disons le une profonde haine de ce que tous ces Vadius et Trissotin qui peuplent les amphis dans l'enseignement supérieur autant que les bureaux de certains ministères appellent de façon à peine voilée "la France profonde". Les Français en moyenne seraient trop conservateurs, pourtant ils acceptent depuis la fin de la WW2 la destruction en règle de leur environnement (au sens large).
Et ceci malgré l'évidence : le mépris (au mieux l'indifférence) pour l'histoire n'a jamais été aussi grand. Et si les "gens" se méfient de la mondialisation et des superstructures (CEE-UE) , c'est qu'ils considèrent que rien de bon ne peut en sortir.

Il y aurait une "urbaphobie" (horrible mot !), une détestation de la ville en France. Et toute critique de la "macrocéphalie parisienne" (expression rejetée par les mêmes cités plus haut) est considérée comme pétainiste, maurassienne , etc, bref réactionnaire, anti-moderne, allons-y fasciste !
Toute une géographie s'est construite en opposition aux thèses du géographe Gravier (cf. "Paris et le désert français") reprochant à ce dernier son nationalisme, son ruralisme, son "vichysme". Gravier est bien évidemment une cible facile pour paresseux.

Il est vrai, cependant, que le "problème" (contrairement aux régionalistes qui accusent la capitale systématiquement)  n'est pas uniquement la capitale toute puissante qui martyrise les provinces, mais avant tout le mode de production, la logique libérale autrement dit des facteurs strictement économiques.
Idéologiquement, ce discours politico-scientifique (du haut fonctionnaire au "chercheur"-idéologue-propagandiste) se réclame  du rhizomatisme deleuzien, du mode de fonctionnement horizontal. Et ceux qui  osent parler de "pays réel" en sont en réalité les plus éloignés, les plus étrangers.  L'Etat-nation, c'est "le chien qui a la rage", et on encourage les fonctionnements en réseaux, la perte de souveraineté nationale. Bien sûr, il faut jeter un œil sur les financements de ces "missionnés" : commission européenne, etc.
Bref, on a un discours totalement mystificateur de la part de ce quart-monde intellectuel qui consiste en une condamnation d'un peuple réactionnaire PARFAITEMENT INTROUVABLE donc totalement fantasmé qui  aurait fait sien le slogan-devise barrésien : "Moi (NOUS), la terre et les morts"...
 Ce n'est pas le peuple qui fantasme mais ces élites politiques, médiatiques et "intellectuelles" qui fantasment le peuple. 

Voir aussi : 
http://jeanmichel-lemonnier.blogspot.fr/2014/07/carte-fantaisiste-des-nouvelles.html

dimanche 19 octobre 2014

Rifkin, au secours du capitalisme


Les théories de Rikfin sont un énième avatar du "capitalisme soutenable" et autres impostures "technoscientistes vertes" soi-disant au service du "bien (être) commun".  En somme, on continue à jouer sur les impostures novlangagières, à produire des constats biaisés, à refuser d'aller à la cause des causes des naufrages politique, social, économique, écologique...: soit le désastre anthropologique né de la modernité "accentué" par ses...modernisations ; la dernière étape de cette mutation de la modernité étant bien sûr la contre-révolution libérale-libertaire qu'est mai 68 : l'avènement de narcisse, "l'homme psychologique" sensible à tous les courants d'air du temps, malléable et influençable comme jamais l'être humain  ne l'a été dans toute l'histoire de l'humanité (en termes de manipulations, à côté de la publicité, des séries et jeux TV qui vendent le "rêve capitaliste" bien mieux que les économistes libéraux avec leur baratin d'ailleurs, les curés d'autrefois sont des petits joueurs...).

Rifkin  est un serviteur (et sacrément bien rémunéré par ses nombreux maîtres) de la société du "débilisme" du tout-technique, c'est un de ces rédempteurs progressistes, conseillers des "princes". Hypermoderne, il pense comme la plupart des contemporains vivre une période de l'histoire appelée à atteindre un sommet de développement technique et intellectuel (si ce n'est déjà fait).  Pour lui, le monde se dirige vers un avenir radieux, grâce au développement des nouvelles technologies (avant-hier c'était par l'utilisation du charbon, hier du pétrole que cet avenir devait être assuré...) génératrices de croissance, accroché qu'il est à un "sens de l'histoire". Au centre de la pensée de Rifkin,  les "communaux collaboratifs" qui mettront fin au capitalisme. Ainsi ceux-ci permettront qu' "au lieu d'avoir des acheteurs et des vendeurs, au lieu d'avoir des propriétaires et des travailleurs, tout le monde est entrepreneur. Tout le monde produit et partage sa production à un coût marginal quasi zéro, ou beaucoup moins cher, dans le cadre de ces communaux collaboratifs. C'est un système complètement nouveau pour organiser la vie économique." 

Le prospectiviste étasunien appartient, en réalité, au quart-monde intellectuel, bloqué au stade infantile avec ses fantasmes de monde standardisé, pacifié sans "aspérités" (l'imprimante 3 D qui reproduit les mêmes objets à l'infini). Ses écrits sur la Troisième Révolution Industrielle (TRI) ne font dont que théoriser une nouvelle évolution du capitalisme niveleur...

Des marxistes orthodoxes (peu nombreux) aux droites dites "nationales" en passant par les  sociaux-démocrates libéraux, tous sont technophiles. S'ils ne partagent pas tous la même vision du monde, tous veulent ignorer l'essentiel : l'aliénation engendrée par la société technicienne. Même les premiers cités pour qui la technique créée par le capitalisme deviendra instrument d'émancipation des classes laborieuses, ignorent sciemment, quelque chose de fondamental comme "la révolte des luddites" qui  est, une opposition  HAUTEMENT morale à l'industrialisation et au progrès technique aliénant (destruction des machines (1)) car l'existence historique de cette révolte leur renvoie certains de leurs théories (marxistes) à travers la figure. L'homme peut dire non tout de suite à l'aliénation (il en est sans doute de moins en moins capable cependant), sans passer par des phases d'ajustements ou de transitions de 70 ans qui ne permettront jamais le passage du socialisme au communisme. Et c'est pour cela que ces "marxistes" considèrent comme nécessaire l'existence d'une avant-garde (CHIEN DE GARDE) révolutionnaire (pour Lénine les ouvriers n'étaient que des cons) en mesure de tenir tout ce petit monde en laisse. Robert Castel a bien montré, d'ailleurs, que ce qui s'apparente à du "progrès social" (généralisation du salariat, avantages sociaux, salaire minimum...) n'est consenti que pour mieux fidéliser le travailleur, acheter sa soumission et renforcer sa subordination au patron.  

Qui peut encore, en outre, croire que les modernisations du capitalisme doivent poser les bases matérielles du "socialisme" ? 
Remettre en cause ce "mythe" politique tenace et, par ailleurs, incroyablement  paralysant pour l'émergence d'un véritable mouvement  politique "anti-système", c'est implicitement et  nécessairement contester l'héritage de la modernité des Lumières en tant que projet émancipateur. Mais les personnels politiques et intellectuels actuels, ne sont pas en mesure de le faire, parfois par manque de moyens...intellectuels...c'est ça le plus triste, si seulement, ils étaient uniquement de "mauvaise foi"...

(1) seuls des imbéciles ou des idéologues (encore une fois) peuvent voir dans ce rejet de la technique, un refus de toutes les innovations qui ont permis d'améliorer les conditions d'existence de l'être humain. Personne (?) ne songerait à remettre en cause les apports de la médecine moderne dans l'allègement de la souffrance physique et psychologique, même si certaines maladies (infarctus, diabètes, dépressions...) sont assurément des conséquences d'une existence moderne et qu'il y a une fuite en avant certaine dans cette modernité guérisseuse : les progrès de la médecine pallient les conséquences de la dégradation des conditions de vie de l'homme (hyper-)moderne. Dans une société idéale(-ment humaine), la seule question que devrait se poser l'homme face à une innovation technique : cela va-t-il me rendre plus humain, "meilleur" ? Si la réponse est négative alors cette "nouveauté" n'a pas lieu d'être. Cela implique donc de renouer avec une métaphysique particulière et d'en finir avec la société libérale-progressiste axiologiquement neutre.

samedi 20 septembre 2014

Notre époque...

Croyance sans faille dans le progrès scientifique et technique propre à la mentalité puérile et petite-bourgeoise gauche-droite...


...idéologie pavillonnaire "classe moyenne" qui se manifeste à travers le quadriptyque : baraque standard (même la déco intérieure est normalisée), bagnole, grande surface, boulot de tâcheron sous la supervision d’un chefaillon qui dispense sa science du management entouré d'une cour de délateurs...Il faut, ajouter le crédit à la consommation ("marché du désir") et le culte du "pouvoir d'achat", seul horizon métaphysique de l'euroccidental-e, désormais...

...des classes moyennes peuplant le global state hypermoderne qui ont si bien intégré, les codes de cette existence spectaculaire qu'elles attendent des autres des comportements stéréotypés calqués sur ceux véhiculés par cet imaginaire "hollywoodien" (entendons par là toute l'industrie du loisir télé-perfusé, du blockbuster au jeu TV), désormais dans l'incapacité de distinguer le vrai du faux, le bien du mal, ravalés au rang d'animaux-objets, à la psyché écrasée, entretenus dans un nouvel obscurantisme "technicien" voulu par leurs maîtres pour mieux leur faire accepter leur statut d'esclaves modernes... par incidence ces classes moyennes, sans convictions politiques personnelles, s'adapteront sans difficultés à tous les régimes politiques...


...disparition des intellectuels critiques remplacés par des employés-guignols de la société spectaculaire-marchande qui adhèrent, eux aussi, parfois
 revêtus de l'attirail du néo-beauf (sweat à capuche, rap-U2 en boucle et à fond dans leur mp4, VTTistes pratiquants) (1), au spectacle de la rebellion et aux mythologies modernes du nouvel idéal du globalisme libéral, créées par les séries US (séries hospitalières, séries policières avec des super-flics mâles et femelles top-models brushingué-e-s, série sur la vie des hystéro-pouffes euro-américaines éternelles auto-lacano-psychanalysées, etc.)...

...intellectuels, faiseurs de "doxas" (malgré leur baratin sur leur indépendance, leur lutte contre la vulgate, les prénotions) au service de la propagande du pouvoir économique et politico-médiatique (complicité, copinage, cooptation, collusion entre l'économiste libéral et le chercheur en sciences sociales de gauche, cf;  freudo-marxisme), qui défendent les "nouvelles sociabilités" de la beuverie, du vomi conviviaux et le "légitime droit au pétard"
(2) et, pour qui le monde n'est plus qu'un décors au sein duquel ils peuvent mettre en scène leurs gigantissimes  z'égos-zéros que la plus grande des galaxies ne suffirait même pas à contenir...


...mépris donc de la "gauche" des bo-beaufs (qui n'est en réalité qu'une "ultra-droite" qui refuse de dire son nom) à la connerie satisfaite,  pour les penseurs de l’ultra-radicalité tels (pêle-mêle) : Ellul, Georges Sorel, K. Marx (autant martyrisé par les "marxistes" que par les anti-marxistes...), Clouscard, Eliade, Castoriadis, Lasch, Jésus-Christ, Michéa, Rousseau, Berdiaev, Spengler, Rudolf Otto, E. de la Boëtie, Georgescu-Roegen, de la Villemarqué, Orwell, Chateaubriand, Bernanos au profit de la mollasserie conceptuelle et marketing, hautement complaisante avec le libéralisme (sinon sa meilleure ambassadrice) des Bourdieu, Foucault et sa boîte à m.... idées, Deleuze, Dubet, etc. ou encore des penseurs-militants de l'alter-féminisme post-porn queer...fascinés par les sphincters, la merde, le foutre, et les prurits gynécologiques...

...et puis l'inévitable traduction médiatique de tout cela : Bergé, BHL, Onfray, Fourest, Sorman et cie, nécessaire à la diffusion cette idéologie néo-totalitaire, au maintien de cette "dictature molle" décadentiste...



On parlera à peine de ceux que certains aiment encore classer à "droite" alors que rien de fondamental ne les différencie de ceux de "gauche" précédemment cités et dont l’intérêt pour les idées doit tenir sur un confetti, comme l'a résumé Alain de Benoist de manière excellemment concise... Ainsi, quand François Fillon affirme que les universités françaises sont controlées par des "marxistes", on pourrait bien rire...si cela ne révélait la dramatique absence de culture politique de ceux qui prétendent au pouvoir...


...et pourtant, ce sont toujours les mêmes vieux idiots-idéologues (certains se prétendent pourtant dialecticiens) et leurs héritiers jeunes cons porte-valises, pleinement responsables du désastre civilisationnel qui continuent aujourd’hui à nous faire la leçon et nous disent quoi penser et où on doit pisser...

...les uns avec leur collectivisme du caca et du partage de la misère, les autres avec leur individualisme et leur Marché régulateur et bienveillant (libéralisme avec compensation...) mais tous avec leur "progrès" et leurs "modernisations" de la connerie hors-sol et mobile de la flexisécurité-Work in progress...




(1) Le beauf de la "tradition", tel que formalisé, défini justement par ces néo-beaufs (juste retour de bâton après tout) est/était, sans doute bien moins sinistre et méprisant, parfois, que les individus qui composent ce nouveau sociotype


 (2) "La spontanéité libertaire venue de la consommation transgressive, du freudo-marxisme, du gauchisme, qui a cheminé autour des premiers émois, autour du flipper et du juke-box jusqu’à Woodstock est, en fin de parcours, pris en charge par le ministère du temps libre. La société assistée devient celle de la la libido assistée. (...) La geste libertaire s’abandonne à l’Etat, dans la mesure où celui-ci accomplit ses désirs. C’est, certes, un processus de banalisation. C’est aussi une conquête de masse. Le révolté, le transgresseur jette le masque : ce n’est qu’un veau. Le hash sera en vente libre."
Clouscard (M.), 1981, rééd. 2012. Le capitalisme de la séduction, Ed. Delga





mercredi 3 septembre 2014

L'enfant "bon sauvage" du monde occidental contre l'enfant des sociétés traditionnelles...


"Le bon sauvage" et, de fait, "l'enfant sauvage" c'est la parfaite image anti-rousseauiste, bien intégrée par l'ethnologue du dimanche amateur de safaris au Kenya organisé pour lui et ses semblables appartenant aux meutes de touristes occidentaux qui veulent (qui exigent) de "l'authentique" organisé selon leurs fantasmes...logés, torchés dans un hôtel 3 étoiles à 2 km d'un (in-)authentique campement Masaï ou payant une fortune pour un stage d'initiation chamanique en Amazonie péruvienne avec un pseudo-chaman, salarié d'un "tour operator". Il faut satisfaire au désir d'évasion, de retour aux sources, de ces troupeaux de classes moyennes lassées par la vacuité de leur quotidien et fascinées par les aventures télé-perfusées des grands bourgeois ados attardés durablement, façon Nicolas Hulot ou Y-A Bertrand, partout chez eux bienvenus nulle part..."en terre inconnue"...

"L'enfant sauvage" c'est, en réalité, le consommateur rebelle (tout est dit avec cet oxymoron), "l'ange exterminateur" du producteur, c'est celui qui infeste les Ecoles "occidentales" (des Etats-Unis à la Suède...) et...les galeries marchandes..."L'enfant sauvage" c'est donc uniquement le gosse azimuté non-élevé, mais consommateur ô combien bien dressé du "monde occidental" (un monde-modèle étendu à toute la planète ou presque) mais surtout pas l'enfant des sociétés traditionnelles. Dans ces dernières, l'éducation, certes libertaire par endroit, est forcément marquée par un très grand conservatisme puisque c'est le seul moyen de préserver ces sociétés contre leur disparition. Pas de "rebelles" ou d'asociaux chez les Papous ou chez les Kayapos..."L'enfant sauvage", ce n'est pas non plus l'enfant serbe ou russe élevé dans une authentique famille traditionnaliste chrétienne orthodoxe...

dimanche 20 juillet 2014

Carte fantaisiste des nouvelles provinces françaises...



Et pourquoi pas...cette France (l'Ile de France est "partagée") serait bien moins ridicule sur le principe (mais 12 régions c'est insuffisant) que cette France "abstraite" des anti-ruralistes urbanolâtres et européistes (dans le sens d'euro-mondialistes, d'atlantistes) : France à 10 régions ou que celle-ci : France à 13 régions qui maintient l'héritage pétainiste à l'ouest...Et encore, on a échappé aux régions marketing du genre "arc Atlantique"...sans parler (excès inverse) des vieux "bolchos" névrosés, incapables qu'ils sont de penser la "tradition" autrement que sous l'angle de l'"arriération" et de la "réaction", avec leur "départementalisme" (vouloir conserver des régions historiques -provinces- ou les reconstituer, serait une forme d'anti-républicanisme car ce serait être contre les départements donc contre la République?) et  leur refus du -je cite-"partage euro-féodal de la France" (sic)...même si la grande réforme territoriale Sarkozy-Hollande qu'ils dénoncent est, il est vrai, un pas de plus vers la dissolution de l'Etat-nation. Après avoir détruit villes et campagnes, les missionnaires de l'euro-atllantisme s'en sont pris à la nation. Ces processus sont désormais suffisamment connus. Voir les propositions de l'européiste-positiviste-développementaliste, Jacques Levy, avec son "très grand bassin parisien" (voir mégapolisation parisienne) : http://www.slate.fr/story/85829/redecoupage-dix-regions et son "coup de brosse à reluire" à destination des régions aux identités fortes...Si personne ne voit la contradiction, je n'y peux rien... Sûr que qu'il doit se sentir concerné par les z'identités régionales, celui-ci...Regarder aussi les appelations : régions ouest, nord, est...et implicitement ce mépris pour l'histoire de France finalement. 

On a ici avec ces "chercheurs" qui doivent répondre à la nécessité de la mondialisation capitaliste (renforcer les métropoles, favoriser les "villes globales", soit le processus de métropolisation) à travers leurs discours et leurs participations à l'aménagement des territoires à l'échelle de la France et/ou au niveau européen, aux planifications urbaines (l'indépendance des chercheurs, leur neutralité est une farce, ces derniers ne se rêvent qu'en conseillers du prince, y compris les sympathisants "nanars-gauchistes" qui ne sont que rebelles fonctionnarisés), une volonté de finir d'achever cette rupture historique et catastrophique, qui naît (ou plutôt qui triomphe) à la révolution française, niant et méprisant les origines et spécifités des peuples de France (la campagne est vagina gentium). 

En outre, que ces géographes qui considèrent que la "campagne", le "monde rural" ("profond") n'existe plus en Europe aillent, à l'occasion, faire un tour en Europe centrale et orientale pour voir si là-bas, le processus d'urbanisation est achevé et...accepté...en ces pays où la ville reste très souvent tributaire du village...Un vaste pan du territoire européen est finalement profondément étranger à ces chercheurs. En effet, ces  positivistes n'entendent rien à la "Tradition" ou aux "traditions" aux solidarités profondes et véritables liées au don agonistique par exemple, ce qui apparaît pour ces intellectuels comme un obstacle majeur à la compréhension du "fait rural" dans les anciennes démocraties populaires et les anciennes républiques socialistes d'Eurasie...Là-bas, vivre à la campagne c'est encore très souvent  -malgré les diverses mutations passées et en cours- adhérer à une métaphysique particulière. A l'évidence (encore faut-il l'avoir cotoyé) l'homme du monde rural (qu'on peut qualifier de "profond", il existe bien évidemment un rural adapté à la logique capitaliste qui s'oppose radicalement au premier) centre-est européen n'a que faire, la plupart du temps de ce développement culturicide.  Qu'est-ce qu'un paysan autosuffisant ou un petit artisan des Maramures, par exemple,  dont la seule activité est de sculpter des objets en bois  peut en avoir à foutre d'être compétitif à l'échelle mondiale ? Quel sens cela peut-il avoir pour celui-ci qui vit dans un village presque inaccessible par une route digne de ce nom (selon les critères d'un Ouest-européen) et guère plus par un mode de transport en commun ? Or donc, il est, évidemment, totalement exclu que ces promoteurs de la globalisation heureuse, fascinés par le progrès technique (qui doit tout résoudre) et obsédés par le développement, travaillant sur "commandes" in fine (collectivités territoriales, DIACT, Union européenne..)  puissent avoir quelque chose à dire d'intéressant sur le sujet...à part les mots magiques : développement ! croissance ! compétitivité ! Le discours libéral et ethnocidaire incantatoire habituel...

vendredi 30 mai 2014

Mondes libres...



Même s’il n’y a jamais eu d’unité du « monde amérindien » on a tout ce qu’abhorrent, en principes, tous les ayatollahs du monde marchand  : des polices judéo-protestantes du capital (WASP) à la flicaillerie gauchiste et trotsko-léniniste totalitaro-étatiste (et bien sûr toutes les variations idéologiques de ces « courants » développementalistes du profit et de la domination), qui sont les deux types les plus efficaces de cavaleries matérialistes assassins des peuples enracinés et des sociétés de l’anti-argent. 
Par ailleurs, on fait souvent référence à ces sociétés premières des Amériques, d’Afrique ou d’Asie extrême orientale ou ce qu’il en reste mais beaucoup moins à ces peuples d’Eurasie et à leurs religions cosmiques, d’avant l’avènement de toute la merde, de l’échange intéressé, des exploitations, des clivages, des oppositions factices aliénatoires.

La désacralisation du cosmos par la violence sacrificielle des prophètes du monoidéisme (la marchandise-argent) bien plus que des monothéismes (le clivage poly/mono en religions est douteux), destructeurs de l’unité primordiale des peuples-racines, semeurs de haines et de divisions, a entraîné le déchaînement des forces du satanisme de la marchandise...Le sacrifice christique dans l'histoire puis toujours renouvelé rituellement vient nous rappeler l'urgence de l'éradication de cette violence en ce monde par le réenracinement en l'être avant le point de non-retour...

Or donc, dans de telles sociétés saturées de sacré donc d’être, l’idée même de vendre ou d’acheter ne pouvait émerger. Cette dernière ne pouvait pas surgir à partir du moment où il n’y avait personne pour corrompre ces communautés.

Revenons donc à l’actualité et c’est lié. Les voilà tout retournés à cause d’un résultat électoral et chacun y va de sa petite bavasserie ("plus de croissance", "non au fascisme", "Europe sociale !", etc.).
Or, eux-mêmes, non en tant que personnes mais en tant qu’idéologues-idéologies, sont parties du problème et non solutions. Contre (l’xtrême-)droite du capital, ils proposent (l’xtrême-)gauche ou l’extrême-centre du capital pour faire court.

Or, l' impérialisme globaliste anti-christique, nébuleuse pelle à merde est, en effet (très CONCRETEMENT) prêt à soutenir (et financer) tout ce que l’Eurasie compte d’« armées de réserves », de frustrés, de desperados, d’abrutis si il y a utilité : néo-SS des anciens Etats « socialistes » ou sous-prolétaires (aux multiples haines) des banlieues et du « périurbain » pauvres d’Europe occidentale, petits bourgeois blancs « germanolâtres » rebuts dégénérés des « social-démocraties » d’Europe du Nord (compatibles avec les précédents dans le combat pour la perpétuation des clivages de l'aliénation< Merah-Breivik, même combat) « régionalistes européistes », lobbies féministes haineux libéraux-trotskistes, mouvements évangéliques prosélytes, réseaux pédo-lucifériens-libertaires partouzeurs (ça doit exister), islamistes de l’Asie centrale à l’Afrique du Nord, néo-staliniens qui se prétendent toujours « solutions » au système actuel et autres monstruosités idéologiques....
Blond aux yeux bleus... de poisson mort
FEMEN et massacre d’ODESSA http://www.indybay.org/newsitems/20...

Plus encore qu’une crise des capitalismes (ils ont toujours été en crise), il s’agit bien d’une crise finale du monde moderne. Le diable est déjà dans la machine...depuis longtemps.

Détruire jusqu’à la plus petite racine résistante...

"Aujourd’hui encore tu souffres de la multitude, ô solitaire ; aujourd’hui encore tu disposes de ton courage entier, et de tes espérances. Mais vienne le jour où tu te lasseras de ta solitude, où ton orgueil fléchira, où ton courage grincera des dents. Tu t’écrieras alors : je suis seul ! Un jour ta grandeur échappera à ta vue et ta bassesse te saisira à la gorge, ta pensée la plus sublime t’épouvantera, tel un fantôme, Tu t’écrieras un jour : Tout est faux ! " (Ainsi parlait Z... )







dimanche 4 mai 2014

Massacre d'Odessa..."L'Europe c'est la paix !" (1) et le stade ultime du pourrissement intellectuel





Pour ce qui concerne le récent massacre d'Odessa, d'une sauvagerie inouïe, alors qu'il s'agit d'un crime de guerre (des personnes sans aucun moyen pour se défendre, enfermées dans un bâtiment que l'on a incendié),  la presse occidentale (française ici, autant dire atlantiste et collaborationniste) se contente de titrer avec détachement et une neutralité parfaitement cynique : "Des dizaines de morts lors d'affrontements à Odessa" (Le Figaro), "31 morts à Odessa en marge des affrontements" (Libération). Et la presse française aux ordres de Kiev-Washington de déverser son flot de conneries autorisées et obligatoires, donc : 

Totalement DEMENT, le confusionnisme, le cynisme et le mensonge partout !

Pourtant, la réalité c'est celle-ci. Une horreur sans nom :
Acculés dans la Maison des Syndicats, 46 manifestants russes (NDA : ou Ukrainiens contre la junte de Kiev) ont été asphyxiés ou brûlés vifs par la milice du parti « Pravyi Sektor », membre du Gouvernement, appuyés par des bandes de hooligans venus en renfort. « Bravo ! Que les diables rôtissent en Enfer », s’est exclamée sur Facebook une députée et porte-parole du parti « Svoboda », membre de l’Exécutif au pouvoir depuis la chute de Viktor Ianoukovitch.



Quelques jours auparavant :

Yulia Izotova, une infirmière de 21 an a été tuée hier par la garde nationale ukrainienne (pravy sektor) à Kramatorsk, République de Donetsk (est de l’Ukraine ancienne).


Voilà le résultat de la collaboration EUA-UE-OTAN, des milices privées de l’anglosphère, du pouvoir à Kiev et des porcs hooligans néo-nazis, supporters de foot abreuvés de haine et de mauvaise bière (comme dirait -presque- l'autre),  issus du lumpenprolétariat ukrainien...
Enfin, une vidéo réalisée par tous ces ridicules du show-business...."L'Europe" (1) c'est la paix (ne pas vomir) :


(1) Lire et entendre "union européenne" évidemment. Ici encore, la confusion constante entre le supermarché européen, l'union des marchands, la zone de libre-échange sous influence anglo-américano protestante et la véritable Europe (l'Eurasie) des peuples qui viendra...

(2)Rectif. du 5 mai : plus de 100 morts à ce jour, peut-être plus...http://ersieesist.livejournal.com/813.html

Ici sur un autre sujet, le crétinisme en phase terminale de certains journaleux. Marianne épingle Le Point.



VOIR AUSSI :
http://jeanmichel-lemonnier.blogspot.fr/p/geopolitique.html


AJOUT du 7 mai 2014 :
http://www.alterinfo.net/CE-QUE-KIEV-CACHE-SUR-LE-MASSACRE-D-ODESSA-_a102296.html

http://reseauinternational.net/odessa-un-simulacre-dincendie-pour-couvrir-lexecution-dun-des-plus-atroces-massacres-jamais-vus/



mercredi 29 janvier 2014

Point de vue des marxistes orthodoxes sur un ensemble de questions sociétales

Etincelles, revue théorique du PRCF (Pôle de Renaissance Communiste en France), numéro 25- Mai 2013
Le point de vue du PRCF (pas du Parti Communiste Français) sur les évolutions/réformes sociétales souhaitées ou/et imposées par le gouvernement social-démocrate actuel (p. 19 à 34). 

Signalons d'abord que le PRCF, marxiste-orthodoxe dit oui au mariage civil (s'il est souhaité bien sûr/ critique implicite de l'intitulé maladroit "mariage pour tous") entre époux ou épouses avec les mêmes droits que les couples hétérosexuels. Oui à l'adoption par TOUS  les couples et...  Non à l'homophobie, évidemment. 
Et tout cela sur la base de "Marx, sans s'intéresser à 'la question homosexuelle' semble dire que" ou "Lénine écrit... concernant l'amour libre"...et en mentionnant le "Deuxième sexe" jugé "globalement émancipateur" (on se demande, cependant, émancipateur pour qui...Pour la bourgeoise bisexuelle rentière oisive certainement, beaucoup moins pour la femme ouvrière ou employée à bas salaire et hétérosexuelle par exemple).
On pourrait prendre cela pour un discours de "gauche normale" pour laquelle les références théoriques/idéologiques ne sont, cependant, pas à chercher du côté de chez Marx, ni chez Lénine, ou alors de manière tout à fait résiduelle. 

Mais, le PRCF refuse le confusionnisme sur un ensemble de problématiques sociétales ce qui le différencie assez nettement des autres partis de gauche ou considérés comme tels. Etre sceptique vis-à-vis de certaines innovations sociétales ne signifie pas faire le jeu de ce ce que ces marxistes appellent la "réaction". Autrement dit, on peut soupçonner (à défaut d'être certains) que certaines mesures présentées comme "progressistes" ne sont que les chevaux de Troie du capitalisme ou qu'elles n'ont pas à être acceptées comme telles parce que simplement présentées (sans "preuves" à et en l'absence d'un débat de fond) comme un "incontestable progrès". Le PRCF refuse donc le "chantage à la réaction" des sociaux-démocrates et autres libéraux-libertaires envers ceux qui "doutent" du bien fondé de certaines lois, "directives" ou projets de lois. 


Ainsi donc, faut-il refuser une "tenaille idéologique" et de choisir entre un  de ces deux camps :
-Celui des beaufs (qui dans leur imaginaire barbare se font gloire de casser du pédé)", de la "réaction" et du bloc "UM'Pen"en gestation (UMP'en est une formulation des théoriciens du PRCF convaincus d'un rapprochement partiel ou total (fusion) en cours des deux partis UMP-FN)

-Celui des Bobos, clientèle du PMU (Parti Maastrichien Unique-UMP et PS et partis satellites) voire des petits partis gauchistes (parti de Gauche, NPA), qui dans le cadre de l'idéologie capitaliste actuelle de la transgression, de la déréglementation, de la dénationalisation, de la "nomadisation", se fantasment sans classe sociale, sans patrie, sans sexe, sans couple, sans identité, "sans qualités" comme eût dit Robert Musil, en portant aux nues le mythe d'une pseudo-'liberté transcendante' qui n'est que la couverture mythifiée de la totale fluidité du capital et de sa devise managériale bien connue : "ne pas s'attacher aux pays, ne pas s'attacher aux produits, ne pas s'attacher aux hommes" (et dans la foulée, ne pas s'attacher aux couples, aux enfants, à son propre sexe, etc. et avoir pour seule identité stable la monstrueuse déclaration de Parisot : 'l'amour est précaire, la vie est précaire, pourquoi le travail ne serait-il pas précaire?')

On ajoutera qu'il faut être profondément stupide pour croire que critiquer la gauche c'est être forcément de droite. A considérer que ce clivage a encore un sens en France...

En outre, on  sait à quel point, pour certain(e)s, le fait d'afficher des "convictions de gauche" à leur boutonnière suffit à les convaincre d'être dans le "camp du Bien", voire d'incarner personnellement ce "Bien"...même dans le cas où on serait une ordure finie, moralement parlant...Mais c'est vrai qu'à gauche, on n'aime trop pas la morale...On ignore même jusqu'au sens du mot parfois...

Or donc, on va faire appel ici à l'anthropologie marxiste, qui s'intéresse donc à l'histoire sur des temporalités longues, pour prendre de la hauteur et comprendre les "conditions de l'autoformation du genre humain". S'en suivent les considérations habituelles sur le mépris des femmes par les institutions religieuses (de ce côté là rien de nouveau, c'est du marxisme pur et dur dans le texte...On continue à vouloir bouffer du curé), mais surtout entre autres (on ne fera pas un résumé complet des analyses présentées dans le numéro de cette revue), une critique de la "théorie du genre" (1) 

Une critique suivant deux axes complémentaires donc :

Une théorie (d'autres diront qu'il n'en existe pas/cf. : études sur le genre) jugée "dangereuse" par des marxistes (donc des progressistes) que seraient bien avisés d'écouter  les "gauchistes" et autres petits-bourgeois radicaux de gauche toujours prompts à choper tous les courants...d'air du temps.  Les mêmes petits et moyens bourgeois, totalement étrangers au monde ouvrier, toujours prêts à donner des leçons d'ouvriérisme à... des enfants d'ouvriers, d'ailleurs...

En somme, l'attitude réellement "progressiste" consiste à faire preuve de la plus grande prudence à l'égard d'un ensemble de mesures et de postures idéologisées et à mettre en avant le principe de précaution. Car, il existe indéniablement des constantes anthropologiques (la position des marxistes n'est pas d'affirmer que rien ne doit "évoluer"/ l'homme est un produit de la nature ET de la culture) et la théorie du genre pourrait être dévastatrice dans la construction de la personnalité de sujets déjà aliénés par le mode de production capitaliste. 


En outre, il n'existe pas de "droit à l'enfant". Les mères porteuses (pauvres forcément?) ne seraient finalement que des "machines à pondre" des enfants contre de l'argent pour de riches parents homosexuels (voir GPA). L'enfant-marchandise est une abjection totale ! Le sous-entendu idéologique relatif à ce "droit à l'enfant" c'est, qu'au final, un morceau de sucre, un gamin ou une bagnole c'est pareil. Soit le cynisme libéral le plus complet, le plus "achevé".  

A travers ses propositions (qu'elles aboutissent ou non à des lois), la "gauche" se révèle être, donc une nouvelle fois, le meilleur V.R.P. ou la meilleure caution morale (-> le "Progrès") -si l'on veut- des "avancées" du capitalisme total. 


(1) Voir Judith ButlerJohn Money. Mais les chantres des "gender studies" qui récusent l'appelation "théorie du genre" diront que ces deux là n'ont rien à voir ensemble et préféreront vous parler hypocritement de l'anthropologue Margaret Mead...Cet article démontre pourtant la continuité idéologique entre Money et Butler : http://www.nerve.com/content/mythbuster : "Judith Butler and others were all very supportive of John Money because he was saying what they wanted to hear. He was saying that, if you start early enough, a boy can be socialized as a girl."
Il faut reconnaître, aussi, une évolution de l'utilisation du terme "genre". Les "penseurs du genre" vont s'appuyer sur une distinction originelle  faite par des médecins étasuniens dans les années 50.  On passe alors en quelques décennies au "combat" de Butler sous l'influence des travaux charniers de Foucault et de Bourdieu et bien évidemment du "Deuxième sexe" du Castor bourgeois. Nous ne sommes alors plus dans la lutte traditionnelle féministe contre le sexisme (le déterminisme social lié au sexe biologique), mais dans la dénonciation d'une soi-disant "norme sociale hétérosexuelle". Ces "penseurs" affirmeront la non-universalité de la division masculin/féminin en se référant, d'ailleurs, à des cas marginaux existant dans certaines sociétés non-européennes.

On arrive alors aux travaux (parmi d'autres) des Rachele Borghi, géographe (sic) (l"anus comme espace indifférencié, car "non-discriminant") et des Beatriz Preciado "philosophe", toutes deux activistes post-porn queer. A leur lecture, on comprend alors "l'état d'esprit" de cette "gauche pathogène" genriste. Preciado, universitaire, écrit dans un article pour un journal français : "Depuis cette modeste tribune, j’invite tous les corps à faire la grève de l’utérus. Affirmons-nous en tant que citoyens entiers et non plus comme utérus reproductifs. Par l’abstinence et par l’homosexualité, mais aussi par la masturbation, la sodomie, le fétichisme, la coprophagie, la zoophilie… et l’avortement." (Libération, 17 janvier 2014).

A la suite des Judith Butler et autres fanatiques féministes lesbiennes post-porn queer..."chercheurs" en sciences humaines et sociales, B. Preciado propose de libérer l'individu par la négation de toute identité sexuelle et par la mise en place d'une société alternative "contra-sexuelle", de remplacer" le pénis et le vagin par l'anus ("centre universel contra-sexuel") et le godemichet (!). Refuser de faire des enfants pour déconstruire l'Etat-nation (espagnol dans ce cas) etc. Les foutaises derrido-deleuzo-foucaldo-althusseriennes habituelles adaptées aux luttes LGBT...Par ailleurs, en tant qu'homosexuelle, on ne voit pas en quoi ces questions de procré-n-ation la concernent...

Soit le crétinisme de l'idéologie de la transgression systématique propre à cette "gauche" qui ne se soucie guère de savoir à qui servent réellement ces postures outrancières... Haine de soi, refus de l'altérité. Bref. De la merde, des animaux objets sexuels pour ces dames et du plastique comme projet de civilisation...

Annihiler toutes les forces de vie au nom d'une lutte contre la "réaction". Ces "penseurs" veulent nous vendre une idéologie de mort sous couvert d'émancipation des "minorités sexuelles", de soi-disant tolérance plus généralement... Et, tout cela en dit long, également, sur l'état des sciences sociales dans le monde euro-étasunien (l'Europe centrale et orientale semble relativement épargnée jusqu'à présent par cette dérive narcissique et  autoritaire des SHS). Des laboratoires en SHS devenus pour certains les bas-fonds de la pensée humaine...remplis d'"intellectuels" coprophages (c'est Preciado qui l'écrit finalement...) et autres névrosé(e)s profonds, produisant des travaux à prétention scienfitique subordonnés à diverses idéologies mortifères.