: Jean-Michel Lemonnier, bloc-notes: gauche
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lundi 21 décembre 2015

Trahison des élites et instruction au rabais


Les récents propos de certains ministres - dont je préfère dès maintenant oublier les noms - à propos de ce qu'un honnête citoyen est supposé apprendre dans un établissement scolaire est l'occasion de relire (ou de lire) "La révolte des élites et la trahison de la démocratie" (Flammarion, Champs Essais, 2010, première édition 1995) de Christopher Lasch pour bien se persuader que cette attitude hautement méprisante envers les masses (minorités ethniques  incluses) n'est pas neuve et que contrairement à ce qu'aime faire croire le sympathisant de gauche - qu'importe sa chapelle - est loin d'être le seul fait d'une droite dont l'intérêt pour les idées, selon Alain de Benoist, tiendrait sur un confetti.
Quel est ce discours qui fait écho à la critique radicale de Lasch concernant ces "élites" ? C'est celui du mépris bourdieusien hérité des postures de la gauche universitaire étasunienne. "Mépris de classe", "enfermement dans la culture classique" voilà le traitement qui serait infligé à l'élève issu d'un milieu socialement défavorisé et/ou appartenant à une minorité ethnique et/ou religieuse dans le monde "euroccidental". La "grande culture" n'aurait donc servi, jusqu'à aujourd'hui, qu'à exclure les opprimés. Il a fallu créer une culture de substitution, accessible à tous. Personnellement, cette position émanant des milieux académiques ne m'étonne pas. J'ai, en effet,  fait l'expérience de la rencontre avec cette "stupidité diplomée", il y a un bon nombre d'années : une universitaire déclarant, sans trembler du menton : "je n'aime pas les étudiants qui font les savants avec leur latin"... Pour avoir suivi subi les cours de cette "latinophobe", aussi mauvaise enseignante que piètre chercheur(-se?) (elle a dû trouver à se recaser dans un conseil d'administration), on pouvait aisément comprendre sa haine envers toute forme culture savante puisqu'elle en était totalement dépourvue. Cette rencontre a, dans tous les cas, eu un effet positif sur moi. Elle m'a poussé à me replonger dans des vieux manuels de latin et à m'initier au grec ancien...
Or donc, Lasch s'appuyant sur le contenu d'un manifeste intitulé "Speaking for the Humanities" expose le racisme sous-jacent contenu dans les positions de la gauche universitaire étasunienne (qui sont donc aussi celles de la gauche universitaire européenne)  concernant cette exposition à l'altérité, autrement dit à la "connaissance des choses sur des intérêts, des situations, des traditions marginales et réprimées" à laquelle les enfants des milieux privilégiés sont contraints, les minorités ethniques étant, quant à elles, exemptes de "cette exposition à 'l'altérité' dans "l'œuvre d' hommes blancs occidentaux" (p. 190).
Lisons encore Lasch citant Kimball qui semble parfaitement résumer l'état actuel des choses : "La 'rhétorique de l'universitaire' s'avère (...) 'profondément exclusionnaire - on pourrait même dire raciste et sexiste' dans les postulats qui la sous-tendent. Il apparaît que les gens ordinaires - spécifiquement s'ils appartiennent au mauvais groupe ethnique ou à la mauvaise race - ne savent pas lire les classiques avec la moindre compréhension, si tant est qu'ils savent lire quoi que ce soit. Il faut donc reconcevoir les programmes en mettant l'accent sur le cinéma, la photographie et des livres qui ne présentent pas des exigences particulières pour le lecteur - le tout au nom de la démocratisation de la culture" (p. 189). 
Pour être sage de sa propre sagesse, il faut être savant d'autrui...

jeudi 13 août 2015

La gauche au milieu des ruines...

Michéa part d'un constat : la pensée de gauche contemporaine est un immense champ de ruines. Loin de se limiter à quelques critiques superficielles qui effleureraient à peine le sujet, il établit une sorte de généalogie, bien plus encore une carte génétique (sa démarche est philosophique) du libéralisme pour y trouver les causes premières de la situation présente. Il rend alors compte du fait que la gauche telle qu'elle se présente de nos jours (de Hollande, à Emmanuelle Cosse en passant par Mélenchon), suivant à la lettre la formule de Michel Foucault selon laquelle tout l'héritage du socialisme est bon à mettre à la jaille, n'a jamais été que l'Incarnation du versant culturel du libéralisme. Derrière ce GRAND renoncement, qui pour paraphraser Jean-Claude était de toute façon, consubstantiel à la stratégie de cette gauche sorbonnarde-mitterrandienne-pétard-caviar, il y a un projet "total"-itaire : faire du "citoyen" une machine désirante (libérer les flux libidinaux !, les fascistes historiques auraient parlé de force vitale !), autrement dit un consommateur abruti et un employé servile, sans conscience politique et le priver de l'héritage de contestation radicale de ses ascendants (qui n'est que fascisme selon cette "nouvelle" gauche pour qui le confusionnisme et l'inversion accusatoire sont des modes d'opérer systématiques), sans racines donc, sans passé et finalement sans "qualités" (Musil). 

En lieu et place, de cette radicalité contestataire réellement subversive car "ENRACINEE", puisqu'il est désormais hors de question d'en finir avec le "capitalisme", la gauche libérale butlero-derrido-deleuzienne propose-impose à ce nouveau type anthropologique parfaitement immature (mâle ou femelle), nourri aux films de cet abruti de Tarentino et qui continue de jouer à la console Nintendo après 40 balais, les  slogans les plus creux les plus apolitiques et d'adhérer tous les couillonneries de la révolte mise en spectacle : de la techno-parade aux apéros festifs parrainés par Nike et les Inrocks, du "changement c'est maintenant" à la lutte anti-fascistes sans fascistes, du rebelle abruti techno-rapoïde qui gigote du cul dans les émissions de Canal + aux  études sur le "gender-post-porno-queer" et autres bavardages pervers déconstructionnistes, etc.

Être dans l'air du temps, vivre avec son époque...toute forme de nostalgie ou références à propos d'un certain mode vie qui exclurait, de facto, un bon nombre de parasitages mentaux actuels, toute contestation du mode de production capitaliste ne pouvant être que réactionnaire, "d'essence barrésienne" (Michéa citant Pascal Lamy à propos des déviants qui se posent deux ou trois questions au sujet d'une  mondialisation basée sur la croyance en une croissance infinie dans un monde aux ressources limitées), chacun est, par incidence, sommé d'adhérer au slogan : "il n'y a pas d'alternatives (au capitalisme)". Nier la réalité de la lutte des classes, écraser la psyché, salir les âmes ! Penser et vivre comme des porcs finalement...C'est le projet libéral-libertaire, un contrat à tacite reconduction entre la gauche et la droite depuis 40 ans, parfaitement respecté, par exemple, à travers l'alliance du sociologue de gauche et de l'économiste de droite...

Ceci étant dit, Michéa n'oublie pas la critique du marxisme (et des marxistes) en montrant la parfaite indigence de son anthropologie et son adhésion a-critique à l'idéologie du progrès (et cette stupide conception de l'histoire des sociétés : passage du stade de l'enfance à celui de l'âge adulte qui est la même chez les libéraux), au productivisme, à l'idée de croissance infinie, etc.

lundi 13 juillet 2015

De la lutte des places...


Les lieux de cultes (hors saison et sans curés chanteurs de variétés...), les bibliothèques malheureusement de moins en moins épargnées par l'invasion thématico-festive et de plus en plus inclues dans d'horribles médiathèques et autres Nouveaux Equipements Culturels, bâtiments à l'architecture hybride fusion entre le modèle stalinien et le tas de boue postmoderne (1) et les hôpitaux psychiatriques sont sans doute les derniers espaces publics de la modernité post-historique où l'on peut encore trouver silence, apaisement et réflexions non conditionnées.
Le bord de mer ? Peut-être, mais alors en hiver et par gros temps, quand les "f - estiva(n)liers" bruitistes à la démarche simiesque, trimbalant leurs flatulentes effluves et leur vaniteuse connerie bavarde (2) en tous lieux ont foutu le camp et ont réintégré leurs lieux d'ennui de travail machinal d'accumulation d'humiliations et de servitudes lâches.
Le reste de l'espace public ? Occupé par l'individu/machine-désirante, merveilleusement bien dressé pour servir (bien malgré lui?) les intérêts de l'hyper-classe, qui fait valoir son droit à une certaine "spatialité", DJ' de ses mobilités-"mobilitudes" multiples, qu'il soit porteur de murs des cités artificielles mais plus encore libéral-libertaire consommateur d'espaces et de biens matériels (3), tertiarisé, apéritifisé, nomadisant d'un espace "requalifié" signifiant (signifiant pour lui ; car ce signifiant ne renvoie qu'à lui-même et à sa "tribu") à un autre. Autrement dit, dans le dernier cas cet espace public urbain hypermoderne "festivisé" est investi par l'héritier direct du petit-bourgeois gauchiste-hippy spontanéiste ; il est l'ultime expression du parasitage néo-colonialiste du bourgeois culturel.  Donner l'impression de re-tisser du lien social, de renouer avec des solidarités authentiques alors que seuls certains groupes (qui, certes, donnent l'impression du plus grand nombre) s'approprient, dans une perspective purement égotique, des pans de plus en vastes de l'espace public...

De l'occupation libidineuse et ludique des villes en temps de paix... Destruction de l'intimité, place à l'intimisme de foule...à l'ère des masses (anomiques)...


Les intellectuels, conseillers du prince, sous-doués de la déconstruction, abstractionnistes du réel, spécialistes du néant, animateurs des cortèges mortuaires des saccages spectaculaires qui se réjouissent de la destruction de ce "monde ancien moisi" qui n'existe pourtant plus depuis des décennies sont, bien sûr, l'avant-garde de la "lutte des places" : tout appartient à tout le monde, sauf, de tout évidence, leur poste confortable (mobilité sociale...), le loft de ces partousards (souvent d'anciens logements familiaux acquis après relégation des classes populaires à bonne distance de leur quartier) ou leur maison de campagne achetée pour une poignée de cacahuètes grâce à la déportation des masses rurales (euphémisée en "exode rural" par des légions de sociologues, de géographes et de statisticiens) vers les camps de concentration de la modernité urbaine et (techno-)industrielle...La terreur à la campagne doit être camouflée par le discours de la libération par la ville, à la ville...et les procédés rhétoriques qui mènent à la négation des campagnes (ça n'existe plus!) comme à la négation du prolétariat sont les mêmes. On dressera dans le même mouvement la "classe ouvrière" contre les classes moyennes pour mieux liquider ces dernières ensuite, par la valorisation politico-médiatique des discours de beaufs anti-fonctionnaires notamment.


                                                                      Spéculations...
L'unique fonction de ces pantins subjectivistes à roulettes -la boîte à outils foucaldienne sous le bras- enfonceurs de "portes ouvertes" (festives...) qui ne circulent plus qu'en "site propre" (4) est de donner une forme vaguement philosophique aux lieux communs de leur époque, de justifier un statu quo. Et avec quelle arrogance ! Il faut avoir fréquenté un de ces techno-populistes yuppies, néo-scientistes mystiques pour prendre la mesure de cette autoritaire connerie satisfaite (Ah, comment évoquer ce perpétuel petit air supérieur et agacé, si caractéristique de ces hystériques dont la volonté de toute-puissance infantile n'a jamais été contrariée ?!...). Des maquisards mondains, pour qui, toute désagrégation des valeurs qui permettaient de vivre dans un monde signifiant et familier est un formidable pas de plus vers ce que les adjudants de la pensée appellent "émancipation".


L'explosion de la cellule familiale remplacée par les "connaissances" et la bande de potes -quel horrible mot !- (ah, ces listes d'"amis", de véritables annuaires !), l'arrachement des individus à la terre de leurs ancêtres, la négation de la "nature humaine" qui ne serait qu'une construction sociale visant à imposer et légitimer des dispositifs de "normalisation" par incidence l'apologie des identités multiples ("Je" est un autre, Gilles Deleuze écrira que "je" n'existe pas, ce qui est encore plus radical), de la confusion-superposition de l'usage des lieux et des genres, mais aussi des temps (de travail, de loisirs...à foison) autrement dit la promotion de la déresponsabilisation et du parasitisme socio-spatial participent donc de cette reconfiguration du vécu spatio-temporel d'une violence inouïe, désormais sans limites fixes et évidemment impossible à assumer pour l'individu : confusionnisme, mélangisme, "shizoïdie", de quoi fournir une patientèle intarissable à tous les praticiens des métiers "psy".


Simple question rhétorique : comment ces intellectuels progressistes peuvent-ils ignorer que toute cette contestation ludique, toutes ces transgressions ne servent qu'à implanter et normaliser le marché du néo-capitalisme ? Parce qu'ils ne sont, tout simplement, consciemment ou non (très souvent l'inconsistance de leur culture politique milite en faveur de la seconde hypothèse), qu'une face de la pièce de ce néo-capitalisme qui ne peut guère s'embarrasser d'interdits pour étendre son Marché à l'infini.


L'échec de toutes les idéologies laisse un "Moi vide" au milieu d'un champ de ruines intellectuel, à la merci de tous les simulacres, de toutes les campagnes "marketing", toutes les impostures novlangagières, toutes les logorrhées de mutants, de toutes les théories fumeuses qui doivent combler un trou noir idéologique qui s'étend inexorablement...occuper l'espace... Désormais, anxiété chronique, dépression nerveuse, névrose personnelle et objective, psychose attendent n'importe qui au bout du chemin de l'après-histoire... Des solutions ? La personne contre la masse, l'esprit contre la matière, le Don contre le Marché, le "cosmos" contre le chaos, la qualité contre la quantité, la réalité et la vie contre le simulacre et le spectacle.


(1) jusqu'à quand l'un des derniers havres d'anti-bruitisme ne sera plus préservé de la présence de jongleurs, de joueurs de djembés et des cracheurs de feux au nom du "pas de temps mort", "pas d'immobilisme"...pas de réactions ?
(2)souvenir d'une visite de la nécropole des rois de Saint-Denis : des shorts Nike qui recouvraient des viandes logotisées, faces de haine, hyènes hargneuses mais spontanéo-festives et "mobilisées", avachies sur les escaliers qui mènent à la crypte des Bourbons
(3) on "consomme" ainsi tout autant de la place publique consacrée à des événements ponctuels tels les apéros "intervilles" (demain les partouzes Tweeter sponsorisées (parrainées !) par Les Grandes Gueules de RMC, NRJ12 et Bouygues Telecom ?) à destination d'une clientèle particulière et limitée, qu'on pratique la consommation ludique et libidinale dans des shopping malls, accessible à cette même clientèle : les nouvelles classes moyennes d'argent principalement ; les plus pauvres, forcément frustrés, devant se contenter des miettes du festin-festif...Exciter l'envie sans jamais la satisfaire...
(4) on fera peu cas du fait que tout en défendant les transports doux, certains parmi eux prennent l'avion, parfois, 6 fois dans l'année


Publié sur Agoravox ; http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/de-la-lutte-des-places-170135



samedi 29 novembre 2014

Christophe Guilluy et sa "France périphérique"...

Je "recycle" (c'est la mode...), un de mes commentaires posté sur un autre site...

Guilluy vise juste mais pas complétement. Déjà, le terme "périphérique" prête à confusion. On peut l'associer facilement à "périurbain" et on confondra périphérie sociale et périphérie spatiale.
Guilluy fait du "périurbain", l'espace de relégation des "petits blancs" pas forcément "de souche" d'ailleurs (Français de branche issus de l'immigration espagnole, portugaise post-45, etc.). En gros, on peut reprocher au géographe, d'essentialiser certains espaces. Le problème c'est que ses détracteurs des milieux académiques, des pontes comme Jacques Levy en font autant. Ce dernier avec ses "gradients d'urbanité", une thèse plein de sous-entendus idéologiques attribue aux "centres", aux métropoles qui profitent de la mondialisation des caractéristiques discutables. Ces espaces centraux sur lesquels on trouverait à la fois des fortes densités de populations, une forte concentration d'activités, etc. seraient aussi les espaces de la tolérance et du bien vivre ensemble, contrairement au périurbain qui serait l'espace du repli sur soi. Plus le gradient est élevé plus l'ouverture sur l'autre et sur le monde est grande. C'est très critiquable. Très idéologiquement de gauche...

Guilluy et Levy ne prennent pas en compte la diversité du périurbain. De fait, ils se rejoignent pour attribuer des qualités uniques au(x) périurbain(s). Il n'y a pas, en effet, un périurbain mais des périurbains. Ces derniers sont de plus en plus divers : socialement, ethniquement, etc., certains espaces sont des espaces de conflits, mais pas uniquement. On sait qu'une petite-bourgeoisie, dirons-nous, issue de l'immigration africaine existe en France et vit sur certains territoires périurbains et côtoie, sans soucis, des "de souche" de même niveau socio-économique.
On peut même imaginer à terme, un embourgeoisement, d'un périurbain victime lui aussi d'une certaine gentrification. Il y a en France, un périurbain qui tend à s'autonomiser et qui de fait n'est plus réellement "périphérique" (ni spatialement donc par rapport aux grands centres urbains, ni socialement...). Le  terme périurbain perdrait alors son sens concernant ces territoires.
La perte de diversité, contrairement à ce que semble écrire Levy se fait dans les hypercentres des grandes villes, on y pratique l'entre-soi choisi, on veut certes bien côtoyer la diversité humaine, et un bourgeois de gauche ou de droite "de souche" ne verra aucun inconvénient à vivre aux côtés d'un Français issu de l'immigration nord-africaine à la seule condition que celui-ci ait le même niveau et le même genre de vie. Les autres moins ou pas "fortunés" devront se contenter des quartiers périphériques des villes.

Il y en encore beaucoup de choses à dire. On s'arrête ici. Mais sur ces questions de l'organisation socio-spatiale du territoire français, résultat à la fois du laisser-faire libéral et de l'incurie des aménageurs, planificateurs dirigistes d'après-guerre, on pourrait soulever longuement la question de la "mobilité géographique", qui est un peu le cheval de bataille de la gauche. Plus on est mobile, plus on est moderne, adapté au monde actuel. Or, c'est sans doute le cas pour l'hyperclasse et les cadres sup' +++' qui passent leur vie entre hôtels, TGV et aéroports pour assister à des conférences ou effectuer des missions à l'étranger, mais cette mobilité est le plus souvent contrainte, perturbante et déracinante pour les classes sociales économiquement faibles.

Et on a là tout la tartufferie de gauche qui se dévoile. La mobilité géographique (laissons de côté cet autre problème des migrations journalières) n'est pas synonyme de mobilité sociale. Aller chercher un CDD de 6 mois payé au smic à 800 bornes de chez soi, je ne vois pas en quoi c'est une ouverture sur le monde ou une promotion...C'est uniquement une adaptation à la NECESSITE capitaliste...à développer longuement...comme la question de l'étalement urbain (cauchemardesque), des formes urbaines, du prix du foncier (que fait la gauche à ce sujet ?)...

samedi 22 novembre 2014

Neutralité philosophique théorique et hypocrisie du discours de gauche

Dans une société prétendument philosophiquement neutre, avec par incidence un Etat qui n'intervient pas pour porter des jugements de valeurs ou moraux en dehors des quelques limites sur lesquelles  les membres d'une telle société peuvent s'accorder (crime, pédophilie, viol, racisme et antisémitisme véritables et non fantasmés par quelques uns, etc.)  -mais pour encore combien de temps encore?- il est impossible de déterminer la part du bien de celle du mal. ça, c'est pour la théorie.

Mais dans les faits, on achoppe rapidement sur des problèmes insolubles. Qui pourra dire, par exemple, où s'arrête/commence la liberté des uns et des autres dans une société soit-disant axiologiquement neutre. Outre le fait qu'un tel modèle de société peut conduire n'importe qui au tribunal pour réclamer, contester, dénoncer, se défendre etc., on voit bien que l'Etat, en matière de justice, doit forcément en faveur de telle ou telle partie. Donc il prend position, il n'est pas neutre. Et c'est finalement le rapport de forces du moment qui fait la différence. Autrement dit l'idéologie dominante, autrement dit encore "l'air du temps" impose sa LOI. On voit bien, en effet, que notamment la gauche française (même dans sa version marxiste ou ce qu'il en reste), par exemple, se croit dépositaire de la vérité et du côté du bien. Sur le plan de la méthode, on sait comment ces gauches fonctionnent : anathèmes, intimidations, confusionnisme (1) etc. A titre d'exemple, l'usage abusif des termes "fasciste" ou "réactionnaire" sert à disqualifier toute pensée divergente de cette doxa qui depuis une quarantaine d'années se nomme freudo-lacano-marxisme et basée plus encore que sur un compromis, une alliance se traduisant par deux faits essentiels pour comprendre le jeu politique actuel : la permissivité des moeurs défendue par la gauche et le laisser-faire économique à droite. 

Cette gauche (ou ces gauches) dont l'émergence a été possible grâce la liquidation du marxisme (cela dit, les quelques marxistes qui survivent en France ne valent même pas la peine d'être défendus puisque la stratégie de stigmatisation de leurs adversaires est identique à celle des freudo-marxistes) qui s'indigne à chaque évocation de principes moraux, de références à des valeurs que partagent encore un bon nombre de citoyens français, passe pourtant  son temps à exclure, pointer du doigt les "déviants idéologiques". On confondra ainsi le conservatisme sur un certain nombre de questions sociétales avec des thèmes authentiquement fascistes, on jouera sur le registre de l'émotion sans faire intervenir la raison : on use d'une sorte de stratégie du choc, finalement, pour empêcher un authentique débat d'idées. 

(1) Où l'on a la confirmation que le discours des universitaires de gauche est du même niveau niveau que ceux des magazines comme le Point ou de l'Express. D'ailleurs, pour un certain  nombre d'entre eux c'est un des seuls moyens d'exister et d'être vus : voir aussi le journal Libération et ses tribunes tenues par ces universitaires...


samedi 13 septembre 2014

La gauche brésilienne, complice d'un ethnocide et d'un désastre écologique !


La mère Rousseff, catho de gauche productiviste, se fout des "peuples premiers" (mais qu'est-ce que 800000 "sauvages" à tout casser dans un pays qui compte  200 millions d'habitants ?) et ne  définit ceux-ci que par le travail (finalement représentative de ces gauches marxistes ou non qui refusent de s'interroger sur leur rapport à l'altérité ; leurs discours sur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, elles peuvent donc se les foutre au cul). Selon elle, ils n'ont d'avenir que s'ils acceptent leur transformation en prolétaires et, par incidence, leur déportation dans des usines minables, parqués dans des immeubles ou des pavillons tout aussi minables  dans les grands centres urbains tels ceux de la mégalopole en formation de la côte Est brésilienne...Ce qui constitue en somme -selon Rousseff et ces humanistes de gauche, parfois de bonne foi et c'est ça le pire sans doute- un progrès qui doit bénéficier à ces "primitifs improductifs"...

Par ailleurs, l'acronyme BRICS qui dit implicitement que Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud sont au "même niveau" (ou quasiment en termes de "développement " et d'indépendance vis-à-vis du B.A.O.) est une aberration ou un mensonge, conséquence de cette maladie qu'est le  "typologisme" en  géographie économique, avec bien sûr le sous-entendu qui est que les politiques  de développement  identiques d'un bout à l'autre du Globe assureront un futur radieux à tous ces pays.
La vérité concernant le Brésil, c'est qu'il est devenu essentiellement un exportateur de matières premières agricoles qui nourrissent le bétail de la Chine ou celui des Etats européens, tout ça s'est fait, bien sûr, avec de désastreuses conséquences sur l'environnement : la forêt amazonienne brésilienne rétrécit comme une peau de chagrin et les peuples premiers que même la dictature militaire brésilienne n'avait pas réussi à molester autant que ces pourris de prétendus progressistes à la Rousseff en viendraient (presque) à regretter le maréchal Branco...

Le développement du Brésil... (ces couillons qui parlent hypocritement de Développement Durable, autrement dit de "capitalisme vert"  pour le Brésil me filent de l'urticaire) doit passer, notamment, par la création d'usines hydroélectriques (un projet de construction de 20 barrages est sur la table du gouvernement brésilien), l'augmentation du cheptel bovin, l'accroissement des SAU nécessaire à l'agro-business, au détriment des surfaces forestières de l'Amazonie brésilienne...L'arrivée des gauchos d'origine italienne ou allemande a été catastrophique pour l'Amazonie dans les années 60. De l'exploitation du Cerrado (la savane arborée tropicale) sous la dictature, on est passé à celle, à marche forcée, de la forêt proprement dite depuis les années 80 avec les régimes "libéraux-progressistes". Finalement, ces derniers sont ainsi (aussi) bien plus efficaces que les "militaires" dans cette destruction de ce trésor qu'est la forêt brésilienne. Enfin, cette situation aboutit à des conflits entre Amérindiens et petits paysans qui viennent chercher des terres. 



Les pauvres se foutent sur la gueule pendant que les agro-industriels se remplissent les poches avec un modèle d'exploitation des sols (et de la forêt de fait) non-viable soutenu par la "gauche brésilienne" qui mène droit au désastre : économique, social et écologique... Des élu-e-s comme Katia Abreu, violemment "indianophobes" considèrent que le développement du Brésil doit passer à la vitesse supérieure. Cette Abreu, propriétaire terrien extrêmement influente, fait partie d'un groupe politique (PMDB) "héritier" de la dictature militaire qui fait du lobbying ruraliste et défend, de fait, le modèle agricole brésilien capialiste. Le PMDB est autant un  allié du parti socialiste brésilien et que du Parti des Travailleurs de Rousseff et de Lula...Des militaires d'extrême-doite à la gauche progressiste, la boucle est bouclée...Ajoutons que le président du CIMI n'a pas eu de mots assez forts pour condammer la politique indigéniste menée par cette gauchiste repentie et véritable libérale de Rousseff.


La fine équipe : Dilma et Abreu. Crédit photo. : http://www.redeto.com.br/noticia-8700-katia-abreu-acompanha-dilma-na-abertura-da-colheita-da-safra.html


Pourquoi donc s'acharner sur le cas de Marina Silva, candidate à la présidentielle brésilienne et principale concurrente de Dilma Rousseff, sous le prétexte qu'elle est évangélique (et non évangéliste, a priori il n'en existe que 4 des "évangélistes"...)? Rousseff est catholique et quoi ? Elle avait les mains libres vis-à-vis du FMI (1) et la Banque Mondiale ? On pointe ici et là les liens entre Marina Silva et les Rothschild...Soit..Mais, le pognon qui sert à financer l'agrobusiness des Abreu et cie ou les barrages brésiliens, viendrait-il d'une banque coopérative "éthique" et "responsable" créée par de joyeux gauchistes ?
Par ailleurs, rappelons que Rousseff et Lula n'ont pas été les derniers à draguer l'électorat évangélique. Lula a, par exemple, fait alliance en 2002 avec José Alencar qui avait adhéré au Parti Municipalisé Rénovateur (PMR) créé par l'Eglise Universelle du Royaume de Dieu.  Les évangéliques ont donc déjà participé au banquet du pouvoir...
Bref, la politique de développement courtermiste du Brésil est parfaitement désastreuse. Silva, si elle est élue,  maintiendra le Brésil sur la ligne de ses prédécesseurs...elle ne fera guère plus...guère pire...

mercredi 29 janvier 2014

Point de vue des marxistes orthodoxes sur un ensemble de questions sociétales

Etincelles, revue théorique du PRCF (Pôle de Renaissance Communiste en France), numéro 25- Mai 2013
Le point de vue du PRCF (pas du Parti Communiste Français) sur les évolutions/réformes sociétales souhaitées ou/et imposées par le gouvernement social-démocrate actuel (p. 19 à 34). 

Signalons d'abord que le PRCF, marxiste-orthodoxe dit oui au mariage civil (s'il est souhaité bien sûr/ critique implicite de l'intitulé maladroit "mariage pour tous") entre époux ou épouses avec les mêmes droits que les couples hétérosexuels. Oui à l'adoption par TOUS  les couples et...  Non à l'homophobie, évidemment. 
Et tout cela sur la base de "Marx, sans s'intéresser à 'la question homosexuelle' semble dire que" ou "Lénine écrit... concernant l'amour libre"...et en mentionnant le "Deuxième sexe" jugé "globalement émancipateur" (on se demande, cependant, émancipateur pour qui...Pour la bourgeoise bisexuelle rentière oisive certainement, beaucoup moins pour la femme ouvrière ou employée à bas salaire et hétérosexuelle par exemple).
On pourrait prendre cela pour un discours de "gauche normale" pour laquelle les références théoriques/idéologiques ne sont, cependant, pas à chercher du côté de chez Marx, ni chez Lénine, ou alors de manière tout à fait résiduelle. 

Mais, le PRCF refuse le confusionnisme sur un ensemble de problématiques sociétales ce qui le différencie assez nettement des autres partis de gauche ou considérés comme tels. Etre sceptique vis-à-vis de certaines innovations sociétales ne signifie pas faire le jeu de ce ce que ces marxistes appellent la "réaction". Autrement dit, on peut soupçonner (à défaut d'être certains) que certaines mesures présentées comme "progressistes" ne sont que les chevaux de Troie du capitalisme ou qu'elles n'ont pas à être acceptées comme telles parce que simplement présentées (sans "preuves" à et en l'absence d'un débat de fond) comme un "incontestable progrès". Le PRCF refuse donc le "chantage à la réaction" des sociaux-démocrates et autres libéraux-libertaires envers ceux qui "doutent" du bien fondé de certaines lois, "directives" ou projets de lois. 


Ainsi donc, faut-il refuser une "tenaille idéologique" et de choisir entre un  de ces deux camps :
-Celui des beaufs (qui dans leur imaginaire barbare se font gloire de casser du pédé)", de la "réaction" et du bloc "UM'Pen"en gestation (UMP'en est une formulation des théoriciens du PRCF convaincus d'un rapprochement partiel ou total (fusion) en cours des deux partis UMP-FN)

-Celui des Bobos, clientèle du PMU (Parti Maastrichien Unique-UMP et PS et partis satellites) voire des petits partis gauchistes (parti de Gauche, NPA), qui dans le cadre de l'idéologie capitaliste actuelle de la transgression, de la déréglementation, de la dénationalisation, de la "nomadisation", se fantasment sans classe sociale, sans patrie, sans sexe, sans couple, sans identité, "sans qualités" comme eût dit Robert Musil, en portant aux nues le mythe d'une pseudo-'liberté transcendante' qui n'est que la couverture mythifiée de la totale fluidité du capital et de sa devise managériale bien connue : "ne pas s'attacher aux pays, ne pas s'attacher aux produits, ne pas s'attacher aux hommes" (et dans la foulée, ne pas s'attacher aux couples, aux enfants, à son propre sexe, etc. et avoir pour seule identité stable la monstrueuse déclaration de Parisot : 'l'amour est précaire, la vie est précaire, pourquoi le travail ne serait-il pas précaire?')

On ajoutera qu'il faut être profondément stupide pour croire que critiquer la gauche c'est être forcément de droite. A considérer que ce clivage a encore un sens en France...

En outre, on  sait à quel point, pour certain(e)s, le fait d'afficher des "convictions de gauche" à leur boutonnière suffit à les convaincre d'être dans le "camp du Bien", voire d'incarner personnellement ce "Bien"...même dans le cas où on serait une ordure finie, moralement parlant...Mais c'est vrai qu'à gauche, on n'aime trop pas la morale...On ignore même jusqu'au sens du mot parfois...

Or donc, on va faire appel ici à l'anthropologie marxiste, qui s'intéresse donc à l'histoire sur des temporalités longues, pour prendre de la hauteur et comprendre les "conditions de l'autoformation du genre humain". S'en suivent les considérations habituelles sur le mépris des femmes par les institutions religieuses (de ce côté là rien de nouveau, c'est du marxisme pur et dur dans le texte...On continue à vouloir bouffer du curé), mais surtout entre autres (on ne fera pas un résumé complet des analyses présentées dans le numéro de cette revue), une critique de la "théorie du genre" (1) 

Une critique suivant deux axes complémentaires donc :

Une théorie (d'autres diront qu'il n'en existe pas/cf. : études sur le genre) jugée "dangereuse" par des marxistes (donc des progressistes) que seraient bien avisés d'écouter  les "gauchistes" et autres petits-bourgeois radicaux de gauche toujours prompts à choper tous les courants...d'air du temps.  Les mêmes petits et moyens bourgeois, totalement étrangers au monde ouvrier, toujours prêts à donner des leçons d'ouvriérisme à... des enfants d'ouvriers, d'ailleurs...

En somme, l'attitude réellement "progressiste" consiste à faire preuve de la plus grande prudence à l'égard d'un ensemble de mesures et de postures idéologisées et à mettre en avant le principe de précaution. Car, il existe indéniablement des constantes anthropologiques (la position des marxistes n'est pas d'affirmer que rien ne doit "évoluer"/ l'homme est un produit de la nature ET de la culture) et la théorie du genre pourrait être dévastatrice dans la construction de la personnalité de sujets déjà aliénés par le mode de production capitaliste. 


En outre, il n'existe pas de "droit à l'enfant". Les mères porteuses (pauvres forcément?) ne seraient finalement que des "machines à pondre" des enfants contre de l'argent pour de riches parents homosexuels (voir GPA). L'enfant-marchandise est une abjection totale ! Le sous-entendu idéologique relatif à ce "droit à l'enfant" c'est, qu'au final, un morceau de sucre, un gamin ou une bagnole c'est pareil. Soit le cynisme libéral le plus complet, le plus "achevé".  

A travers ses propositions (qu'elles aboutissent ou non à des lois), la "gauche" se révèle être, donc une nouvelle fois, le meilleur V.R.P. ou la meilleure caution morale (-> le "Progrès") -si l'on veut- des "avancées" du capitalisme total. 


(1) Voir Judith ButlerJohn Money. Mais les chantres des "gender studies" qui récusent l'appelation "théorie du genre" diront que ces deux là n'ont rien à voir ensemble et préféreront vous parler hypocritement de l'anthropologue Margaret Mead...Cet article démontre pourtant la continuité idéologique entre Money et Butler : http://www.nerve.com/content/mythbuster : "Judith Butler and others were all very supportive of John Money because he was saying what they wanted to hear. He was saying that, if you start early enough, a boy can be socialized as a girl."
Il faut reconnaître, aussi, une évolution de l'utilisation du terme "genre". Les "penseurs du genre" vont s'appuyer sur une distinction originelle  faite par des médecins étasuniens dans les années 50.  On passe alors en quelques décennies au "combat" de Butler sous l'influence des travaux charniers de Foucault et de Bourdieu et bien évidemment du "Deuxième sexe" du Castor bourgeois. Nous ne sommes alors plus dans la lutte traditionnelle féministe contre le sexisme (le déterminisme social lié au sexe biologique), mais dans la dénonciation d'une soi-disant "norme sociale hétérosexuelle". Ces "penseurs" affirmeront la non-universalité de la division masculin/féminin en se référant, d'ailleurs, à des cas marginaux existant dans certaines sociétés non-européennes.

On arrive alors aux travaux (parmi d'autres) des Rachele Borghi, géographe (sic) (l"anus comme espace indifférencié, car "non-discriminant") et des Beatriz Preciado "philosophe", toutes deux activistes post-porn queer. A leur lecture, on comprend alors "l'état d'esprit" de cette "gauche pathogène" genriste. Preciado, universitaire, écrit dans un article pour un journal français : "Depuis cette modeste tribune, j’invite tous les corps à faire la grève de l’utérus. Affirmons-nous en tant que citoyens entiers et non plus comme utérus reproductifs. Par l’abstinence et par l’homosexualité, mais aussi par la masturbation, la sodomie, le fétichisme, la coprophagie, la zoophilie… et l’avortement." (Libération, 17 janvier 2014).

A la suite des Judith Butler et autres fanatiques féministes lesbiennes post-porn queer..."chercheurs" en sciences humaines et sociales, B. Preciado propose de libérer l'individu par la négation de toute identité sexuelle et par la mise en place d'une société alternative "contra-sexuelle", de remplacer" le pénis et le vagin par l'anus ("centre universel contra-sexuel") et le godemichet (!). Refuser de faire des enfants pour déconstruire l'Etat-nation (espagnol dans ce cas) etc. Les foutaises derrido-deleuzo-foucaldo-althusseriennes habituelles adaptées aux luttes LGBT...Par ailleurs, en tant qu'homosexuelle, on ne voit pas en quoi ces questions de procré-n-ation la concernent...

Soit le crétinisme de l'idéologie de la transgression systématique propre à cette "gauche" qui ne se soucie guère de savoir à qui servent réellement ces postures outrancières... Haine de soi, refus de l'altérité. Bref. De la merde, des animaux objets sexuels pour ces dames et du plastique comme projet de civilisation...

Annihiler toutes les forces de vie au nom d'une lutte contre la "réaction". Ces "penseurs" veulent nous vendre une idéologie de mort sous couvert d'émancipation des "minorités sexuelles", de soi-disant tolérance plus généralement... Et, tout cela en dit long, également, sur l'état des sciences sociales dans le monde euro-étasunien (l'Europe centrale et orientale semble relativement épargnée jusqu'à présent par cette dérive narcissique et  autoritaire des SHS). Des laboratoires en SHS devenus pour certains les bas-fonds de la pensée humaine...remplis d'"intellectuels" coprophages (c'est Preciado qui l'écrit finalement...) et autres névrosé(e)s profonds, produisant des travaux à prétention scienfitique subordonnés à diverses idéologies mortifères.


lundi 18 mai 2009

Féminisme et études de genre, ou quand les "grandes bourgeoises" s'expriment au nom de toutes les femmes


Critiquer le féminisme ou les études de genre (gender studies) ce n'est évidemment pas critiquer les femmes.
Critiquer le féminisme (ou ses excès en tout cas) ce n'est pas remettre en cause l'égalité homme-femme et les
droits fondamentaux qui en découlent ou bien encore la place de chacun dans nos sociétés. On peut déjà
anticiper des objections du style : "mais comment savoir quelle est la place de chacun dans nos sociétés?",
"tout est relatif ", etc. Disons que l'objectif de ce court article est de montrer les contradictions voire les
aberrations qui ressortent de certains discours.
Or donc, le fait de mettre -comme certains démagogues- sur le même plan lutte contre le racisme et
féminisme, par exemple relève de l'imposture totale. Une question s'impose alors : les féministes ont-elles
jamais participé à libérer qui que ce soit, à part elles-mêmes (déjà libérées par ailleurs?), et à protéger leurs
intérêts de classe?

1) Considérations sur les fondements du féminisme

Le féminisme moderne qu'il soit libéral, radical, socialiste ou "psychanalyste et politique" (retracer
l'intégralité de l'histoire du féminisme ici ne serait pas d'un intérêt majeur pour notre exposé) est un courant de pensée, une idéologie, un combat, qui prend racine dans les milieux de la grande bourgeoisie, américaine et d'Europe de l'Ouest, dans les années 60/70 du XXème siècle. Sachons au moins que le MLF, représentatif de ce combat, organe (sans jeux de mots graveleux) réunissant différentes tendances en son sein fut largementfinancé par les grosses fortunes transnationales (capitalistes donc) à la Rockefeller. Voir l'interview du réalisateur/producteur américain Aaron Russo, ami de Nick Rockefeller, à ce sujet :
"Les deux raisons originelles pour lesquelles l'élite finançait la libération des femmes, l'une parce qu'avant la
libération des femmes les banquiers ne pouvaient pas imposer la moitié de la population, et la deuxième
parce cela leur a permis de recevoir des enfants plus jeunes à l'école, permettant leur endoctrinement dans
l'acceptation de l'État comme première famille, démolissant le modèle traditionnel de la famille."
Interview par Alex Jones, 2007
Ses propos pourraient paraître relever de l'affabulation, si Gloria Steinem, une des pionnières des mouvements féministes n'avait elle aussi fait des déclarations allant dans le même sens...
Malgré les différentes courants traversant la "nébuleuse féministe" on peut, néanmoins, retenir quelques
éléments récurrents qui leur sont communs à tous :

Un des postulats des féministes modernes est que les dynamiques de l'oppression des femmes si elles ne sont
pas indépendantes des considérations de classes dépassent, en tout cas, ces opposition de classes.
Ces féministes considèrent qu'en outre, que le patriarcat est a-historique et n'a jamais évolué. L'oppression de la femme au sein du modèle sociétal/familial patriarcal serait constant. Ce qui est faux. L'observation des
évolutions de la famille ouvrière tout au long du XXème siècle atteste de changements fondamentaux au sein
de celle-ci.
Ce corpus d'idées et les combats que constituent le féminisme (radical en tout cas) ont abouti à ce que l'on a
pu nommé de la "collaboration de classe" ; bourgeoises et ouvrières voyant dans l'homme ouvrier besogneux
ou dans le patron multi-millionnaire un seul et même ennemi.
Il découle de cela une suite de contre-vérités assénées à des générations de femmes comme "l'homme est
violent, c'est un prédateur", "si le monde était dirigée par des femmes tout irait pour le mieux dans le meilleur
des mondes" (pour s'en "convaincre", rappelons le bilan socio-économique des années Tatcher, celui de
Madeleine Albright en matière de politique étrangère étatsunienne...les pauvres civils serbes s'en souviennent
encore (et aussi (1)) ou celui de Condoleezza Rice dans le même domaine, etc.)

Il n'existe pas, en réalité, de solidarité de sexe qui ne relèverait pas de la manipulation des femmes issues des
classes populaires par une élite bourgeoise. Les comportements des un(e)s et des autres ne peuvent (en
théorie) qu'être avant tout conditionnés par l'appartenance à une catégorie/classe sociale, même aujourd'hui ou l'affaiblissement de la conscience de classe est avéré.
Or donc, s'il existe des intérêts de classe encore conscients dans les milieux bourgeois, il n'en est pas de même dans les milieux moins favorisés. Nous assistons, en effet, depuis 30 ans environ à une moyennisation de la société française et une aspiration des classes moyennes (majoritaires en France) émergentes depuis le début des années 70 à rejoindre le monde de la petite bourgeoisie et son confort matériel et intellectuel, nous l'avons dit dans un précédent article.
La seule catégorie ou plutôt classe sociale, encore solidaire (i.e. "consciente"), n'est-elle pas la bourgeoisie (de gauche ou de droite, celle montante depuis 40 ans ou celle qui était déjà en place avant 68, donc) liée par uneespèce de consensus mou sur la plupart des questions sociales, économiques et sociétales (i.e les valeurs)?
"La femme" n'est donc, évidemment, pas une catégorie sociale car il n'existe pas de de "complicité" de fait, de connivence politique et d'intérêts communs entre, par exemple, une femme aide-ménagère, une cadre du
tertiaire (professeur, journaliste, médecin etc.) et une rentière.
La fiche de paie qui "tombe" chaque mois pour chacune d'entre elles atteste indéniablement de cet état de fait.

En outre, s'il existait une condition féminine partagée par toutes, existerait-il une condition masculine? Posons
nous cette question simple alors : quel intérêts communs partagent l'homme ouvrier, celui exerçant une
profession libérale et le patron d'une firme transnationale? Aucun assurément, alors comment accréditer la
thèse d'une connivence, d'une "communauté de femmes" partageant des intérêts communs?
Concernant la question de la parité/mixité, posons simplement cette question, sans trop nous étendre sur le
sujet : quels intérêts y-a-t-il à substituer un homme par une femme, elle aussi, issue d'un "milieu bourgeois
affairiste" à la tête d'une entreprise transnationale, par exemple ? Ne défendent-ils pas les mêmes intérêts ?
Être gouverné par Margaret Thatcher est-ce réellement bien mieux que de l'être par Ronald Reagan quand on
appartient à un milieu "économiquement faible"...?
Par suite, la "condition féminine" tout comme la "condition masculine" en tant que catégories liées par un
même sentiment d'appartenance, un même "destin" n'a pas d'"existence propre", ne correspond à aucune
réalité conceptuelle solide résistant à une analyse approfondie de ses fondements et encore moins à une réalité factuelle.
Par ailleurs, ce discours qui consistent à dire "les femmes gagnent moins que les hommes", relève là encore de la démagogie de classe. Il est faux dans le sens ou pour les métiers liés à "la rente" (peut-on parler de métier?), les patron(ne)s, les artistes (écrivain(e)s, chanteurs, chanteuses) ou dans les métiers de la fonction publique ces inégalités de genre n'existent absolument pas. Rien n'indique, par ailleurs, qu'un "agent de service" masculin gagnerait plus que son homologue féminin.
Le problème fondamental de nos sociétés se situe donc bien au niveau de la parité riche/pauvre et non pas de la parité homme/femme.
Penchons nous aussi sur le néo-féminisme des Virginie Despentes ou Joy Sorman, "idéologie" de pissotière,
sortie des cerveaux des rejetons anémiés de la bourgeoisie parisienne post-soixanthuitarde, prônant la
virilisation des femmes et la féminisation des hommes, ou encore "la sortie de la partition naturaliste où les
femmes ne seraient plus que des cerveaux et les hommes pourraient louer des utérus" [sic]...pseudo-idéologie, donc, qui cumule toutes les transgressions aujourd'hui normatives...
Disons toutefois et pour conclure cette partie qu'une lecture purement sociale du phénomène féministe en
France est, sans doute, aujourd'hui limitative du fait notamment de l'ethnicisation des rapports sociaux. Sans
doute, pourrait-on utiliser aussi une "lecture ethnique" (ou concilier "lecture ethnique et sociale") pour
montrer les divergences entre les intérêts et aspirations des femmes héritières de cultures différentes qui composent, aujourd'hui, la société française.

2) Les études de genres

Le combat féministe relayé par les études de genres (gender studies) qui consiste à vouloir corriger les
inégalités sociales liées à l'appartenance à un genre (féminin en l'occurrence) relèverait, par suite, elles-aussi
du non-sens le plus total. La lecture de la plupart de ces études laisse apparaître au mieux la vacuité des thèses défendues par leurs auteur(e)s. La grande prêtresse de ce mouvement académiques est bien sûr la sophiste Judith Butler (cf. "Trouble dans le genre. Pour un féminisme de la subversion", 1990)
On trouve, par exemple, une géographie féministe, apparue dans les années 1970/80, un des courants issu de la "nouvelle géographie" qui rejette largement les fondements de la géographie classique (celle des
nomenclatures, des tonnes de charbon produites et des kilos de blés exportés). Cette géographie féministe est  représentée par des gens comme Gilian Rose.
 On se demande si l’'homo oeconomicus* est un homme ou une femme. Ici, on raisonne sur l'appartenance à un genre qui doit déterminer les conditions de vie de l'individu. La société est perçue par les auteurs de ce courant comme patriarcale, "phallocentrique", injuste envers les femmes donc et on va dénoncer cette supposée discrimination de genre. L’'espace est supposé être impliqué dans la définition du genre et supposé participer à la reproduction des rapports de domination.
Cette école de géographie, relativement marginale a donné lieu à certains écrits assez savoureux.
Ainsi, dans les études de genre pratiquée par la géographie le ridicule ne tue pas, à moins qu'il ne s'agisse de
propos à prendre au second degré, d'une géographie du second degré donc, une géographie de l'absurde? : "Il est donc [...] moins question de sexualité que d’anatomie du sexe, celle qui veut que les hommes fassent pipi debout et les femmes assises. Quoique ! Ne revient-il pas aux architectes, notamment femmes et féministes,d’imaginer des lieux d’aisance alternatifs, et aux organisateurs et organisatrices de manifestations
accueillant beaucoup de femmes de tenter l’'expérience du changement ?"
http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/36/44/86/PDF/espace_sexualite.pdf
Cet autre extrait est aussi représentatif de ce courant : [...] "(Comment l’espace est-il genré ? Quel est
l’impact du sexe de l’architecte sur la production d’un tel espace ? …) ainsi que le postulat féministe de
l’importance des relations de pouvoir dans cette relation entre genre et espace. [...] s’inspire de Lefebvre
pour avancer l’idée que l’idéologie qui divise la ville entre espace public et espace privé, production et
reproduction, hommes et femmes est à la fois patriarcale et capitaliste. Parce qu’ils diffèrent, les espaces
alloués aux hommes et aux femmes jouent un rôle dans la production et le maintien des relations
hiérarchiques de genre..."
http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/36/44/86/PDF/espace_sexualite.pdf
Qui a dit que les chercheurs en sciences sociales ne trouvaient jamais rien et se réfugiaient dans les idées
pures sans avoir jamais quoi que ce soit de concret à proposer ?

Enfin, en guise de conclusion temporaire, demandons-nous en quoi notre société française est-elle réellement
patriarcale aujourd'hui? Depuis 40 ans, les structures "traditionnelles" permettant, soit-disant, la pérennisation
du patriarcat ont largement reculé dans ce que nous nommons communément "Occident" : la famille, le
couple hétérosexuel, le mariage (religieux surtout), l'Eglise en tant qu'institution influençant sur les décisions
individuelles etc. alors qu'a contrario les pratiques, autrefois considérées comme marginales, sont aujourd'hui
acceptées par tous : union libre, émancipation des "minorités sexuelles", familles recomposées ou
monoparentales où la femme est chef de famille (et pas forcément précaires, loin s'en faut), "libre disposition"
de son corps etc. Ainsi, déclarer de nos jours, par exemple, à ses camarades d'école que ses parents n'ont
jamais divorcé est presque suspect...
Les mouvements féministes n'auraient-ils pas simplement enchaîné les femmes issus des milieux les plus
défavorisés à leur patron sous prétexte de les libérer d'une supposée dépendance envers leur mari ? La réponse peut paraître évidente...

Aussi, les auteur(e)s pratiquant, de nos jours, les études de genre auraient-ils (elles), eux(elles)-aussi leur lutte de retard, tout comme la gauche "bobo-libertaire" en France (i.e. extrême-gauche ou gauche de gouvernement largement solidaires des premiers cités, d'ailleurs) avec ses luttes anti-fascistes (qui consistent, en fait, àconsidérer comme fasciste tout ce qui s'oppose à ses valeurs) et anticléricale ou encore l'extrême-droite (un certain courant au moins) avec son combat anti-communiste d'arrière-garde et sa "menace rouge"?

(1)Le 27 septembre 1996, les Talibans prennent Kaboul, elle déclare alors que « c'est un pas positif » [SIC]
fort de son soutient politique, les fondamentalistes s'emparent dès lors du pouvoir à Kaboul. Nous connaissons la suite...
*« Le mythe de l'homo œconomicus et [de] la rational action theory [sont des] formes paradigmatiques de
l'illusion scolastique qui portent le savant à mettre sa pensée pensante dans la tête des agents agissants et à
placer au principe de leurs pratiques, c'est-à-dire dans leur « conscience », ses propres représentations
spontanées ou élaborées ou, au pire, les modèles qu'il a dû construire pour rendre raison de leurs pratiques
». Pierre Bourdieu, 2000, Les structures sociales de l'économie, Seuil, Paris.
Copyright © J-M Lemonnier mai 2009 publié sur blog.fr (plateforme fermée depuis décembre 2015=
par JeanMichelLemonnier @ 18.05.09 - 01:00:18
http://Jean-MichelLemonnier.blog.fr/2009/05/17/feminisme-et-etudes-de-genre-ou-quand-les-grandes-bourgeoises-parl