: Jean-Michel Lemonnier, bloc-notes: monde moderne
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jeudi 21 juillet 2016

Publication scientifique : Un dialogue fécond entre société archaïque et monde moderne : Brânduş et Agrippine dans la nouvelle « La fille du capitaine » de Mircea Eliade



  • Author(s): JEAN-MICHEL LEMONNIER
  • Language: French
  • Subject(s): Language and Literature Studies
  • Issue: 2/16/2015
  • Page Range: 24-49
  • No. of Pages: 26
  • Keywords: modernity; archaic societies; Mircea Eliade; globalization; archetypes; historicism; education
  • LIEN : https://www.ceeol.com/search/article-detail?id=414580
  • Summary/Abstract: In the last chapter of "The Myth of the Eternal Return", Mircea Eliade confronts two types of conceptions of the existence peculiar to two categories of human being: the modern man who claims to make history and the archaic man, anhistorical who complies with archetypes, sacred prototypes, for whom this is the only reality. We hypothesize that the Roman scientist imagined a meeting between these two persons in the novel "The Captain's Daughter". We will see that the discussion between Brânduş and Agrippine which may appear senseless, to the point that we could consider we are reading a "dialogue of the deaf", a inapprehensible fictional narrative -the postmodern writing serving this impression- is at the same time an opposition and a fertile confrontation revealing the coexistence of two worlds, in prima facie, apart from each other. Mythos against logos, holistic education and respect for biocosmic rhythms against academic culture, etc. are all antagonisms that the conversation between the two protagonists puts into perspective, notably according to the Philippe Descola's ontological scheme. So, if the characters don't get along well, their disagreements allow to discover the criticism that archaic man would make to the modern man and vice versa. Consequently, if at the end of the conversation between Brânduş and Agrippine, the apparent lack of comprehension seems reciprocal, the finding of such disagreement gives us the opportunity to progress in the understanding of two worlds and what one should or can bring to the other. After having raised the realistic elements of the story, we will explore the hypotheses which seem to us the less complete but nevertheless interesting concerning the nature of the two characters (psychoanalytic approach of the behaviours, mythocriticism, comparison with historical and literary figures, similarity between Brândus with the primordial child or the puer aeternus and l'Emile of Jean-Jacques Rousseau...) then propose an analysis to bring us to answer this question : Does Eliade try to show, through this novel, that there is no solution of continuity between the world of the tradition of the archaic man and the modern world, as in his academic work ? Moreover, reading the "Captain's Daugther" gives us a awfully basis for reflection in our time of the reign of increasingly weighing of standardization of individuals, and allows to envisage a possible archeomodern human existence transcending the ontological cleavage between archaism and modernity. 
  • samedi 23 avril 2016

    Saint-Georges, Samedi de Lazare, Dimanche des Rameaux

    Le 23 avril revêt une importance toute particulière dans la tradition écclésiale mais aussi populaire d'Europe centrale et orientale et notamment en Roumanie. Ce jour là, on fête le glorieux martyr saint George le tropeophore, c'est-à-dire celui qui "porte la victoire" mais aussi de ses compagnons et ses compagnons, Anatole, Protoleon, Athanase et Glykerios.
     Issu d'une famille originaire de Cappadoce, né au IIIe siècle, tribun de la garde impériale de Dioclétien, Georges refuse d'obéir à ce dernier lors de la grande persécution des chrétiens. Bien né, aristocrate, devant l'attitude politique de Dioclétien, il abandonne tous ses biens, affranchit ses esclaves et confesse sa Foi en Christ à l'empereur, ce qui lui vaudra d'être persécuté et torturé. Sa vie après sa rupture totale avec le monde païen romain est pleine de phénomènes extraordinaires. 
    En Roumanie, selon la tradition populaire, la saison des strigoi ("vampires") débute à la Saint-André, le 30 novembre, date d'entrée dans l'Avent de Noël qui est une période Carême (voir la thèse sur les carences aliementaires provoquant des hallucinations -> vampires, durant les périodes de jeûne) et s'achève à la Saint-Georges. Sachons que lors de sa persécution, le martyr tropeophore, réussit à faire avouer aux démons possédant la statue de l'idôle Apollon que Jésus-Christ est le seul dieu véritable. Or,saint Georges est réputé pour avoir combattu un Dragon, soit symboliquement le Diable (Drac, Dracul en roumain) et Vlad Dracul est en quelque sorte le saint patron des strigoi (des "vampires"). La Saint-Georges, en Roumanie, marquerait donc la victoire des soldats du Christ sur les légions de Satan, sur le Diable (le "Drac").  
    Mais nous avons aussi proposé une autre analyse sur la nature de Vlad Dracul ici qui contrarie cette interprétation, et par incidence cette catégorisation de Vlad Dracul (Tepes).

    saint Georges

    Tropaire, ton 4 
    "Libérateur des captifs, toi qui assures aux pauvres ta protection,  en qui les malades trouvent aussi médecin  et les princes, leur Seigneur,  victorieux défenseur,  saint Georges, victorieux et grand martyr intercède auprès du Christ notre Dieu  pour le salut de nos âmes".
    __________________________________________
    Le 23 avril de cette année 2016 est aussi le samedi de Lazare...

    A lire sur ce blogue :
    Samedi de Lazare, Dimanche des Rameaux, entrée du Seigneur dans Jérusalem
    http://jeanmichel-lemonnier.blogspot.fr/2015/04/sambata-lui-lazar-sarbatoarea-intrarii.html
    La resurrection de Lazare et la régénération du monde moderne
    http://jeanmichel-lemonnier.blogspot.fr/2015/03/lazare-et-la-regeneration-du-monde.html



    vendredi 23 octobre 2015

    Constantin Léontiev par Nicolas Berdiaev et commentaires...


    "Nous assistons à la venue au monde d’une caricature qui défigure l’image des anciens hommes : l’Européen rationnel moyen, avec son grotesque vêtement, que le miroir de l’art ne saurait même pas idéaliser ; un être à l’esprit mesquin qui se sustente d’illusions, frotté de vertu terrestre et de bonnes intentions pratiques ! Depuis le début de l’histoire, on n’avait point vu d’alliage plus monstrueux : jactance intellectuelle devant Dieu, et platitude morale devant l’idole humanitariste, uniforme et incolore. Humanité exclusivement travailleuse, impie, et dénuée de passions. Peut-on aimer une humanité pareille ? Ne doit-on pas haïr, non pas les hommes eux-mêmes, lesquels sont stupides et ont perdu le sens, mais l’avenir qu’ils se préparent ? Ne devons-nous pas le haïr de toutes les forces de notre âme, et même de notre âme chrétienne ?" Extrait de Constantin Léontiev par Nicolas Berdiaev, Berg international, 1993.Recueilli dans La Russie retrouve son âmenuméro de juin 1967 de la revue La Table rondehttp://www.biblisem.net/citatio/leontcit.htm

    Léontiev fait partie de ces écrivains prophétiques. Comment ne pas adhérer à sa vision de la "modernité européenne" ? Comment ne pas penser avec lui que l'homme des modernités aux centres d'intérêt limités, à l'égo boursouflé, narcisse qui ne supporte pas la frustration et la critique, incapable de faire face son vide intérieur, n'est qu'un individu terne dont le prétendu individualisme n'est qu'un moutonisme, dont la singularité renvendiquée  (qui n'a jamais entendu ce fameux récurrent "je ne suis pas comme les autres" !) relève de la plus effroyable des banalités, et qu'absolument plus rien ne transcende. Comment le sentiment du sacré (voir simplement un peu d'"esprit") pourrait-il, de toutes façons, émerger d'une fosse à purin ? Or donc, le "pas comme les autres" n'est, dans la plupart des cas, qu'un pauvre type (pauvre femme) mal élevé(-e) qui pensant défier la norme en se comportant comme un porc (une truie), ne fait cependant qu'adhérer à celle-ci. 
    A propos de gorets... le livre de Gilles Châtelet "Vivre et penser comme des porcs" sorti à la fin des années 90 du XXe s., aussi amusant dans sa forme que tragiquement réaliste sur le fonds, témoigne de la présence réelle de l'homo porcus en ce monde...On peut vérifier cet état de fait quotidiennement. 
    Il s'ensuit que chez ce pousse-caddie la capacité d'émerveillement  devant la Création ne peut être que, de toute évidence, totalement absente. Pour paraphraser Clouscard qui, malgré le sentiment qui pourrait émaner  d'une lecture très superficielle de son oeuvre n'avait rien d'un anti-moderne ou d'un réactionnaire, le voyage au bout de la nuit, parsemé d'indigestes introspections, que revendique l'individu d'attitude moderne n'est, finalement, qu'une promenade pantouflarde dans le jardin des idées reçues...Ici, Clouscard rejoint Léontiev...
    L'homme religieux est le seul à pouvoir assumer la totalité du monde, de l'existence y compris cet événement  angoissant qu'est la Mort. Savants et pseudo-savants reculent à l'évocation de cette dernière. Ils n'ont absolument rien à dire à son sujet...et ne veulent rien en savoir... Au mieux, peut-on s'attendre de leur part   à la récitation des éternels poncifs relativitives... relatifs à l'autonomie du sujet, la liberté de conscience (un pas de côté...). 

    dimanche 15 décembre 2013

    Abolition du temps historique : fin d'année et fin du temps...


    Pour l'homme traditionnel, archaïque (1), les derniers jours de la fin de l'année sont identifiés au chaos d'avant la création. Cette période du passage de l'ancienne à la nouvelle année doit être considérée comme une abolition du temps et une répétition de la création. C'est à la fois le monde et l'homme qui sont est anéantis pour renaître à nouveau. Par la régression ab origine, l'homme devient alors contemporain des dieux. Le nouvel an a donc une fonction eschato-cosmologique. Traditionnellement, c'est dans cette période que se manifeste le monde suprahumain., comme par exemple, lors de la fête de Samonios ou Samain qui marque l'entrée dans la nouvelle année chez les Celtes antiques (Novembre). La dernière nuit de l'année est marquée par l'apparition des animaux funéraires comme le cheval (Nubie, septentrion européen...), animal psychopompe accompagnant les âmes des défunts et assurant le lien entre les différents "niveaux cosmiques". Durant ce temps de transition et d'abolition du temps ordinaire, les âmes des morts et surtout les dieux et des déesses tellurico ou chtonico-funéraires qui viennent des entrailles de la terre, de l'Enfer, selon une conception traditionnelle (grecque par exemple) se manifestent aux vivants. L' invasion du monde des vivants par les morts et les dieux annule la "loi du temps", la confusion sociale est grande, les orgies se multiplient, etc. A Babylone, la récitation rituelle du "poème de la création" (Enuma Elish) se faisait à cette époque de fin d'année donc de fin du monde. Ce récit cosmogonique, narrait le combat mythique entre dieu Marduk et le monstre marin Tiamat dont le corps déchiqueté servit à créer le monde, soit la victoire de l'ordre cosmique sur le chaos. Pour l'homme babylonien d'existence traditionnelle chaque fin d'année considérée comme une période chaotique, était le moment de la renaissance de Tiamat. La nouvelle année -qui correspond donc à un événement mythique qui eut lieu ab origine : la création- marquait la victoire de Marduk sur Tiamat. Au risque de nous répéter, nous signalerons qu'on trouvera trace de ces idées dans les toutes dernières sociétés agro-pastorales d'Europe centrale et orientale pourtant chrétiennes mais marquées par des formes religieuses archaïques.
    Cet intérêt pour le  renouvellement périodique du monde et sa réalité qui s'inscrivent dans une conception cosmogonico-eschatologique souvent indéchiffrables pour le moderne  sont communs à de nombreuses sociétés et courants philosophiques : Mésopotamiens, peuples amazoniens, Grecs (stoïciens, platoniciens...) néo-pythagoriciens ("Grande année" et cyclicité du temps), Indiens hindouistes...L'idée d'une régénération du monde (palingénésie) succédant à sa destruction est assez commune à travers le temps et l'espace. Cette compréhension du passage de l'année révolue au  nouvel an comme événement purificateur et régénérateur  n'est qu'un aspect de la conception cyclique du temps pour de nombreuses sociétés. Mais les juifs et les chrétiens sont loin d'être étrangers à cette approche cyclique du temps (cyclicité de l'année liturgique). (2)

    En outre, il est peut-être possible d'observer dans les "beuveries" et excès inhérents à ces fêtes de fins d'années chez les "modernes" (3), la permanence de cette volonté de s'affranchir pendant la durée des festivités, du temps continu, profane. On pourrait affirmer que la prise de substances (alcool, drogues...) à des doses permettant de modifier son état de conscience, dans ce "monde moderne" n'est que la persistance d'une volonté recréatrice d'une expérience religieuse -renouer avec un monde originaire, chaotique appelé à être transformé en cosmos- sans cesse renouvelée mais parfaitement vaine ; l'homme d'attitude moderne, c'est-à-dire l'homme de l'avoir et du paraître, ayant totalement rompu avec le religieux sacré et n'en n'ayant plus aucune clé de compréhension...Là où l'homme archaïque fêtait les dieux ou le Dieu (son corps appartenait aux dieux ou au Dieu) et se solidarisait avec le monde suprahumain à travers une pratique rituelle, le "moderne" (son corps lui appartient) ne va que vers sa néantisation. D'une manière certaine, écrivons que ce dernier cherche à s'abrutir, pour effectivement échapper à une histoire (individuelle ou collective) tout comme l'homme archaïque mais au contraire de ce dernier ses "abus" ne s’inscrivent en rien dans une perspective religieuse, cosmique et/ou "transcendante". En effet, tous les excès du "moderne areligieux" (états d'ébriétés répétés, orgies et intoxications sexuelles chnotiques, gavages divers : sons, images, nourriture...) relèvent du "pathologique". (Post-)Modernité et fabrique d' "abrutis"...

    Il faut donc aussi comprendre que par rapport à l'homme archaïque, l'homme moderne areligieux n'est en aucun cas "libre". Le premier contrairement au second est le seul à pouvoir réellement "abolir l'histoire" pour un temps donné. Les techniques orientales menant au dépassement de sa simple condition d'être humain, du yogi ou du méditant à titre d'exemples, tiennent de cette volonté de s'affranchir de l'histoire momentanément puis définitivement (la "répétition", le temps cyclique, le cercle des existences étant un "piège" dont il faut se sortir pour les "Orientaux" traditionalistes). C'est parce que dans ce cas, le temps cyclique (des hindouistes ou des bouddhistes) est désacralisé, donc parfaitement terrifiant, effroyable. 

    La "terreur de l'histoire" dans une "existence traditionnelle" conduit ou oblige l'être humain à abolir périodiquement le temps. Le caractère insupportable de certains événements historiques mais aussi des catastrophes cosmiques le mène à adopter ce comportement mythique.

     Que reste-t-il au moderne areligieux pour définitivement s'affranchir, quant à lui, de cette "terreur de l'histoire" ? Le marxisme et sa promesse d'un hypothétique âge d'or qui viendra à la fin de l'histoire une fois les "conditions réunies" ? Le délire techno-scientiste et transhumaniste et autres philosophies prométhéennes qui verraient émerger  un homme nouveau ? La recherche de l'immortalité du corps biologique ? d'une "terre sans mal" ?
    Enfin, il est inutile d'évoquer une autre réponse radicale possible -et  individuelle cette fois- face à cette angoisse du moderne et son désir de mettre fin à son histoire personnelle, tellement elle est "évidente"... 

    (1) le terme n'étant pas utilisé dans un but  dépréciatif, entendre "archaïque" au sens de "début", de "commencement" ou d'antique

    (2) savoir également que les "penseurs de la modernité" ont mis en évidence des conceptions cycliques  du temps  :
    -  Kondratiev "rectifié" par  Shumpeter :
    cycles économiques : deux phases expansion-(innovation) puis récession(baisse de la consommation)-dépression
    - Clouscard :
     répétition de trois "moments", trois modalités du capitalisme : libéralisme, fascisme, "société de consommation" qui interviennent à des moments opportuns, soit une autorégulation du système capitalisme. Chaque nouvelle modalité sauve la précédente
     
    (3)  à différencier du "moderne" croyant strictement monothéiste qui lutte contre l’histoire par la croyance, la méditation/contemplation/prière même si le moderne areligieux s’inscrit comme le premier dans l'histoire, le linéaire judéo-chrétien


     

    vendredi 11 octobre 2013

    (Post-) Modernité et déchéance

    L'homme moderne, c'est l'homme déchu. C'est l'homme qui prend conscience de sa nullité face au règne de la quantité et qui est, en même temps, parfaitement narcissique. C'est l'homme qui n'existe que parce qu'il porte une marchandise dans ses bras. Si on lui enlève cette marchandise il n'existe plus en tant que "moderne". Il ne redevient alors pas pour autant un homme des sociétés traditionnelles, il est simplement perdu. Il n'a, alors, plus d'existence au sein de la "modernité". L'homme moderne c'est l'homme repu, autosatisfait, c'est celui qui ne s'interroge que peu sur lui-même. C'est l'homme esclave de ses passions mauvaises, orgueilleux, ennemi des gens de bien, coupable d'hybris. Il vit dans le chaos. C'est un "individu". Mais ce qui le caractérise le mieux, et si on s'exprime clairement c'est la haine du sacré qu'il porte en lui. Il ne peut guère penser l'existence en dehors de l'économie. A l'inverse le monde traditionnel ne conditionne plus l'existence humaine à travers des impératifs économiques qui deviennent, dans ce cas, subordonnés à des principes extra-économiques susceptibles de donner un sens profond à l'existence humaine et de permettre le développement des capacités les plus hautes. L'homme (post-)moderne est prisonnier de l'histoire. Son esprit obscurci par la matière, focalisé sur le monde sensible est alors dans l'incapacité de soupçonner l'existence d'un monde suprahumain. Le moderne est agonisant, il se retourne sur son lit, incapable de se tenir debout, sensible aux convulsions de l'histoire. Sa chute dans le règne du matériel lui ôte, de fait, toute nostalgie du divin. Il n'a alors que deux possibilités : s'effondrer totalement, définitivement et aller vers son anéantissement complet, sa néantisation, c'est-à-dire vers une"seconde mort" ou bien s’élever, s"augmenter" au prix d'un effort  qui demande des "forces" difficilement mobilisables pour un homme d'attitude moderne.

     La modernité (ou post-modernité depuis une quarantaine d'années) est fondamentalement catagogique, elle n'élève pas mais tire vers le bas, elle massifie, elle rend ridicule. Elle s'illustre dans l'homme cannabinoïdé (au propre ou au figuré) à prothèses technologiques qui pousse un caddie dans les allées des non-lieux de le (post-)modernité, après une semaine de travail dans un "open-space"...Elle ne répond à rien, détruit, ne construit pas dans la mesure où elle ne suit (ou n'est guidée par) aucun plan supérieur, transcendant lié à une méta-histoire. L'homme moderne ou post-moderne s'illustre aussi à merveille à travers trois figures parmi d'autres : celle du "fan,", du militant politique, ou du "supporter" d'équipe sportive, trois comportements, trois façons qui s'offrent à lui d'être un parfait imbécile qui se noie dans la matière, dans ce que l'on appelle, in fine le "quotidien". Mais on pourra toujours voir, avec un peu d'effort, dans ces trois cas de figures des comportements mythiques dans une existence moderne...une volonté de sortir du temps profane de la modernité pour entrer dans un temps mythique...

     Il faut, bien sûr, ne pas confondre cette critique de la modernité -puisqu'elle est antipolitique et n'est pas uniquement "nostalgique" d'un temps historique révolu- avec les pathétiques "petites réactions" bourgeoises qu'on retrouve ici et là de nos jours en France par exemple : celles des faiseurs d'opinions à la  Finkielkraut, Zemmour ou encore celles des vulgaires "revanchards" lepenistes,et autres épiciers du "mécontentement plébéien" qui appartiennent toutes à la modernité. C'est peu de le dire... Cette critique n'est pas, systématiquement, non plus une critique du "progrès". Elle existe aussi (ou surtout) pour pointer du doigt les scories du "progrès". Disons qu'elle est bien plus une critique du "développement" que du "progrès".

    En outre, cette critique peut fort bien être autant chrétienne, musulmane, bouddhiste, hindouiste (l'hindouisme est numériquement le plus grand paganisme) que "païenne"(1)  (mais faut-il accorder crédit aux montages païens post-modernes?) ou a-religieuse si on en reste strictement aux quelques remarques du présent billet. La véritable pensée traditionnelle qui s'oppose donc à la pensée moderne est une et multiple. Elle prend de nombreuses formes mais est fondamentalement unique. Elle s'adapte ou s'est adaptée à des contextes historiques ou des structures mentales particulières à un moment donné. Nulle question ici de retour du même, d'indifférenciation donc. Au contraire, c'est bien la différence entre moi et l'autre qui permet l'existence de pensées traditionnelles. Autrement dit, nous sommes très éloignés ici des grands projets unificateurs de la post-modernité, telle l'idéologie mondialiste.

    (1) au-delà de l'hindouisme, les formes de paganismes vivants présents à la surface de la terre sont trop nombreux pour être citées ici.















    mercredi 11 septembre 2013

    Musiques metal et temps du mythe



    Durant la décennie 80 du siècle dernier, un phénomène particulier émerge dans le monde du hard rock et du heavy metal. Des virtuoses -ou "shredders" même si le terme n'est pas tout à fait synonyme, il est parfois employé indifféremment pour désigner ces musiciens- c'est-à-dire des instrumentistes possédant un bagage technique bien supérieur à tous ceux qui les ont précédés  (Malmsteen, Satriani, Macalpine, V. Moore et quelques d'autres...) retiennent les leçons de musiciens de hard rock et heavy metal comme Ritchie Blackmore, Randy Rhoads, Eddie Van Halen précurseurs voire prophètes dont ils accomplissent, abolissent et dépassent les œuvres en s'imprégnant de musique ancienne (mal nommée "classique")  sortent du carcan pentatonique-accords de puissance en allant fouiller dans la discographie de musiciens de jazz-rock ou fusion (Allan Holdsworth, Al di Meola...). La plupart sont étasuniens (ou naturalisés) mais les influences viennent, très souvent, des musiques savantes européennes. Pas vraiment des "rebelles" au sens ou le vulgaire peut l'entendre.  La musique avant tout. Mais en (ré-)introduisant de la "beauté" dans le metal, ils se distinguent fortement de ces cliques de groupes de suiveurs qui pataugent (déjà au milieu des années 80) dans la provocation porno-sataniste de buveurs de mauvaise bière. Là se situe véritablement la dimension subversive de ces musiciens et de leurs compositions dans la mesure où ils remettent en cause la "doxa" en matière de jeu de guitare et de compositions. Pour prétendre devenir musicien de heavy metal, il ne suffira plus désormais de ressortir des plans pentatoniques interchangeables. Concernant ce dernier point, il est évident que nombre de musiciens ne dépoussiéreront pas leur jeu pour autant, mais c'est pourtant une véritable révolution dans l'histoire du monde du rock en général (et bien au-delà) qui se produit à cette époque.

     On peut dire que la musique de ces virtuoses permet à l'auditeur de sortir du temps linéaire induit par l'homme-dieu qui s'incarne dans l'histoire (c'est bien le Christ qui a imposé une conception du temps en Occident et ailleurs) et d'entrer dans le temps sacré, mythique, fabuleux trans-historique, c'est-à-dire où présent et passé se confondent. A chaque écoute d'une pièce purement instrumentale -c'est à l'évidence la même chose qui se produit avec l'écoute d'une pièce de musique ancienne ou savante- l'auditeur réintègre non pas à proprement parler le temps que l'on réintègre à l'écoute un récit mythique dans une société traditionnelle, mais un temps fabuleux... 


    Écouter une pièce de musique, qu'elle soit "classique" ou "métallique" (a fortiori instrumentale) c'est se révolter contre le temps de l'individu, se révolter contre le temps historique, transcender son propre temps et adopter un comportement mythologique.  Ce temps mythique, cyclique, n'est, d'ailleurs, pas nécessairement le temps du paganisme. Les chrétiens utilisent, en effet, des catégories de la pensée mythique. Nombre d’éléments qui apparaissent propres au christianisme relèvent de la cyclicité : l'année liturgique par exemple. Le comportement du fidèle qui réitère rituellement la naissance, la vie et la mort du Christ appartient bien à cette catégorie.

     On pourrait évoquer les différents sous-genres ou courants dérivés du heavy metal : le thrash, le death subissant tous les deux, l'influence des guitaristes virtuoses, mais surtout le black metal autre manière d'intégrer un temps fabuleux, mais aussi forme de régression musicale (il ne s'agit pas d'un jugement de valeur), de rejet de la "technique" qui se développe parallèlement au courant du metal instrumental, mais qui est pourtant aussi une forme artistique de rejet du temps de l'homme d'attitude moderne. 


    Le black metal (on n'évoquera pas ici les thèmes propres à ce genre) qu'on n'opposera pas forcément à la démarche des "virtuoses"est sûrement, à sa manière, une forme de destruction d'un langage artistique, une force d'épuration, une manière de créer un chaos qui doit aboutir à un renouvellement, une nouvelle création, s'apparentant à la création d'une nouvelle cosmogonie. Un nouvel ordre cosmique succédant au chaos...
    Évidemment, nous pourrions considérer qu'il en est, également, ainsi concernant l'écoute de toute pièce musicale "moderne" (metal ou pas), pour la lecture d'un roman, etc.

    suite :  musique-metal-et-temps-du-mythe-2

    vendredi 16 août 2013

    Musique metal et satanisme. Un mouvement culturel entre ténèbres et lumières

    http://www.editionsducygne.com/editions-du-cygne-musique-metal-satanisme.html

     Disponible chez l'éditeur, les plateformes de ventes en ligne (Amazon, Fnac, Decitre, Gibert Joseph, Chapitre, Eyrolles, Furet du nord, CDdiscount,lalibrairie.com, librest, etc.) et chez tous les libraires.

    Après avoir retracé, de manière critique, l'histoire des différentes philosophies satanistes et païennes, puis des différents courants du metal depuis les années 1970 (de l'Europe occidentale à l'Algérie en passant par les États-Unis et la Russie), l'auteur remet en cause le discours des médias de masse et d'enquêteurs qui, à travers de véritables procès en sorcellerie, s'acharnent à discréditer toute une scène musicale incroyablement vaste et diversifiée.
    Pourtant, c'est une révolte contre le monde moderne, parfois maladroite mais souvent sincère qui guide le parcours de nombreux musiciens qu'ils soient satanistes, néo-païens, chrétiens ou anarchisants. En s'appropriant tout un imaginaire issu de la littérature, de l'histoire européenne et mondiale, des religions mais aussi en empruntant certains codes de la musique savante, le metal défie la postmodernité, ses non-lieux et ses non-sens, et permet à l'auditeur de la transcender en renouant avec le Grand Temps du mythe mais aussi avec le lieu anthropologique.
    Face au rap capitaliste qui génère de la fausse subversion, le metal devient, pour qui veut bien en saisir certaines dimensions, un mouvement de résistance face à la vulgarité du monde, à la raison marchande. Ainsi, le metal s'affirme-t-il à coups de riffs de guitare lourde ou de solos virtuoses comme une subtile pièce tour à tour sombre et blasphématoire, lumineuse et christique, dramatique ou plus légère... entre ténèbres et lumières.

    samedi 1 septembre 2012

    De l’idéologie dominante, de la gouvernance globale et du néo-totalitarisme à travers l’opération « Pussy riot »




    L’affaire des « pussy riot » qui aura mobilisé tout le bottin mondain du show-business et politique « occidental », de Sting à Bernard-Henry Levy, du ministre du logement Mme Duflot (encagoulé pour l’occasion), au département d’Etat américain, aura permis de donner une nouvelle dimension à la dénonciation du « totalitarisme poutinien ». Sous couvert apparent de défense de « toutes les libertés », y compris celle de s’insérer un poulet mort dans le vagin, c’est tout le système de domination mondialiste, toute l’idéologie « libérale-libertaire » -néo-conservatrice dans sa version Outre-Atlantique- qui se sera affirmée, sûre d’elle-même, autoritaire, dominicaine et insensible (comme dans tout bon système totalitaire) aux arguments des parties adverses. Que peut représenter ce « groupe de musique punk », qui n’a visiblement jamais rien enregistré, ayant rapport avec la musique ou le mouvement « punk » (mort depuis 30 ans -le Système l’ayant récupéré comme n’importe quelle autre tendance (méta-musicale))- pour ces thuriféraires du pouvoir global ?Encore une fois, il nous faut aller au-delà de l’écume des choses, un travail infaisable pour ces hordes de journalistes et parfois d’universitaires « aux ordres », tous relais, plus ou moins savants et habiles d’une idéologie dominante ne faisant que peu de cas des positions divergentes » des leurs, en tout cas peu soucieuses d’un minimum d’objectivité…

    Soyons clairs et directs, derrière « Pussy Riot » il y a OTPOR (« résistance » en français), groupuscule créé en 1998, accompagné par d’autres ONG transnationales, actives dans la campagne de déstabilisation du régime de Milosevic. Plus encore, c’est George Soros, Gene Sharp et son « Albert Einstein Fundation », ou encore « Freedom House », qui fournissent le matériel idéologique à OTPOR. In fine, nous retrouvons sous le vernis subversif porno-punk pro-occidental des « Pussy Riot », la CIA, qui à travers l’USAID (United States Agency for International Development) rejeton du « Plan Marshall », soutient tout ce qui a pu se révéler anti-Milosevic, anti-communiste viscéral ou plus généralement opposé à la « gouvernance globale » et à son bras armé dévastateur, ces dernières décennies. 


    Or donc, « Pussy Riot » n’est rien, ou bien plutôt, disons, une vitrine visant à déstabiliser par le « spectacle » la Russie poutinienne, tout comme le groupe de « performeuses féministes » ukrainiennes des « Femen » (300 membres !) qui s’est récemment distinguée, à Kiev, en sciant une croix érigée en mémoire aux victimes du… stalinisme. Qu’il s’agisse à travers cela, d’une volonté de provoquer l’émotion et une réaction virulente des peuples dans ce monde slavo-orthodoxe encore très pieux -tout imprégné de ce « christianisme populaire », encore très rural, largement emprunt de paganismes, très loin de ce catholicisme bourgeois d’Europe occidentale par ailleurs- pour dénoncer des « sociétés réactionnaires » selon les critères bourgeois américano-occidentaux, ou qu’il s’agisse de dénoncer les positions russes sur la Syrie, une chose est sûre, la Russie est la cible prioritaire des « forces occidentalistes ». Dans une « société occidentale » (euro-américaine) (nous pourrions discuter d’une telle expression, mais elle répond bien à la désastreuse soumission des peuples à la thèse « huntingtonienne ») à l’inconscient miné par le refus trans-classe de l’interdiction, des limites ; la victimisation de l’entité Pussy-Riot fera sans doute plus dans la mobilisation des opinions dans cette croisade contre le monde russo-eurasien orthodoxe et musulman d’essence socialiste que n’importe quelle dénonciation de prétendues fraudes éléctorales dans cette nouvelle « Russie unie », par exemple.

     La guerre psychologique -en attendant l’entrée en scène de la soldatesque armée et casquée- a pris son rythme de croisière. Il faut s’attendre à encore plus d’opérations de subversion « orange-brune », à voir s’afficher dans les media « maintream », ces groupes d’ « agit-prop » composés de jolies femmes blondes ax culottes oranges, armées de tronçonneuses de couleur identique, parfois détentrices de visa de résident(e) canadien ou de pays vassaux de la sphère d’influence anglo-américaine, portant haut des bannières signées du logo inspiré du mouvement OTPOR -un poing serré cerclé de blanc- copié sur celui de mouvements anti-fascistes (identique, d’ailleurs, au geste rageur et déterminé d’un certain Anders Breivik lors de l’ouverture de son procès…). La Russie est redevenue une grande puissance. Elle n’est plus gouvernée par des alcooliques et une poignée d’oligarques qui n’ont jamais hésité à aller chercher leurs soutiens aux Etats-Unis d’Amérique. Dès lors, ces derniers doivent plus que jamais empêcher le rapprochement de la Russie avec certaines puissances est-europénnes (les anciennes républiques soviétiques et les « démocraties populaires ») mais surtout ouest-européennes et asiatiques (Allemagne, Chine ou même encore la France) pour éviter que l’heartland ne leur « échappe » définitivement. La puissance thalassocratique étatsunienne a besoin du rimland, des « rivages » qu’un « bloc eurasiatique » uni serait en mesure de lui rendre inacessible pour longtemps… 


    Certains diront que nous allons chercher bien loin les tenants et aboutissants de ces médiocres « performances » réalisées par ces jeunes personnes… Nous dirons que des provocations des « Voïna » russes pornographes hédonistes aux « rebelles » anti-Assad, c’est bien pourtant le bloc occidentalo-mondialiste, d’essence capitalo-protestante, qui soutient ces actes de subversion et de déstabilisation protéiformes. Et, c’est bien la même monstrueuse machine politico-médiatique qui est à l’œuvre dans la mise en place de ce nouvel ordre militaro-consumériste global. Au final, les « pussy riot » n’incarnent donc rien en même temps qu’ elles reflètent tout… tout ce que le monde occidental produit d’indécent, de « non-valeurs », de réellement autoritaire, de « spontanéiste » au service d’un projet tout aussi creux que non-viable. Elles reflètent tout aussi bien, le monde de la prédation financière, l’hédonisme porno-publicitaire, abrutissement par le « je » et le « jeu » . Elle sont, de toute évidence, le prodrome de « fin d’un monde »… le déclin de l’ « Ouest », là où le soleil se couche… Nos regards d’hommes et de femmes debout ne peuvent, par incidence, que scruter l’Est, le Levant, et attendre le retour du Soleil invaincu…

    par Jean-Michel Lemonnier, retrouvez cet article ici : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/de-l-ideologie-dominante-de-la-121969