: Jean-Michel Lemonnier, bloc-notes: paganismes
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dimanche 24 avril 2016

Duminica Floriilor - christianisme cosmique - Dimanche des Rameaux

"Duminica Floriilor", fête pagano-chrétienne ou bien plutôt chrétienne-cosmique...A la réactualisation rituelle de l'entrée du Christ dans Jérusalem se mêle une fête  païenne célébrant le printemps, certainement d'origine daco-romaine mais vraisemblablement antérieure au moment de l'arrivée des Indo-européens en Europe. On rappelera que l'existence d'un calendrier litugique identique d'une année à l'autre, milite en faveur de l'existence d'une pensée mythico-cyclique au sein du christianisme, orthodoxe ou non par aillers. De surcroît, on sait, de manière quasi-certaine que nombre de réjouissances festives liées aux cycles bio-cosmiques existaient bien avant l'installation des Indo-aryens en Eurasie occidentale (nous incluons ici l'Europe centre-orientale et occidentale). La naissance  de ces  fêtes s'incrivant dans un calendrier bio-cosmique sont sans doute contemporaines des peuples néolithiques, voire paléolithiques.
En outre, à l'évidence, c'est la célébration chrétienne (les "Rameaux"), réactualisation d'un événement de la vie de Jésus-Christ qui s'est superposée à cette fête païenne "des fleurs" (il existe d'autres fêtes de ce type, célébrant l'arrivée du printemps ou de l'été comme Saint-Jean/Sânziene en juin par exemple), donnant naissance à toutes ces créations originales que sont les fêtes chrétiennes roumaines et plus généralement européennes centre-orientales. C'est évidemment dans le monde rural que celles-ci ont été le mieux conservées. Aujourd'hui, elles subissent le funeste sort de toute tradition appartenant aux sociétés traditionnelles (archaïques) et qui subsistent en ces temps de modernité (avancée)...

jeudi 14 janvier 2016

Croix de Belenos et saint Michel Archange - Gargantua, fils de Belenos - introduction (partie VII)


VOIR auparavant sur ce blogue :

http://jeanmichel-lemonnier.blogspot.fr/2015/03/croix-de-belenos-et-saint-michel.html
http://jeanmichel-lemonnier.blogspot.fr/2013/10/croix-de-saint-michel-de-belenos-en.html

On reprendra donc ici l'étude (dernière publication début 2015) des rapports entre Belenos, saint Michel archange et leur "grande croix" bretonne, le complexe mégalithique de l'arrière pays du Mt-St-Michel en étendant géographiquement l'étude à la partie occidentale de l'Ille et Vilaine (monuments mégalithiques de St-Suliac, du mont Garreau et légende gargantuesque associée). Le travail de Paul Béziers  à l'appui.
En guise de présentation à cette nouvelle partie de notre travail, on peut rappeler que l'on sait avec quasi-certitude que le fameux Gargantua popularisé par Rabelais, est un dieu celtique (qui peut être) gaulois. Gargantua serait le fils de Belenos (cf. Geoffroi de Monmouth). Chez Rabelais le père du géant se nomme Grandgousier. Si on veut établir une homologation entre le dieu gaulois et le personnage littéraire, on peut conclure que celui-ci ne serait autre que Belenos, lui-même fils de Taranis.
Moins répandue est l'hypothèse d'un Gargantua appartenant à la catégorie des héros civilisateurs des temps mythiques. On trouve traces des légendes mettant en scène ce personnage, le long des voies romaines. Gargantua serait alors celui qui défriche et crée des voies de passages. De passage, on passe à passeur. Gargantua devient passeur, peut-être celui qui transmet...qui pose un geste aux origines et dévoile aux hommes une activité, forcément sacrée.
Si l'on veut faire un peu de philologie, on recherche les origines du nom Gargantua. On trouve alors que le nom vient du latin gurges qui signifie gouffre qui aurait donné Gargan (on reviendra sur le mont Gargan italien, frère jumeau du Mt-St-Michel d'un point de vue de sa création mythistorique en tant que lieu sacré) issu du latin gurges (gouffre). A partir du radical Garg se forme le mot gargate qui a donné gorge en français moderne ou en core gargariser. Gargan ou gargant est un participe présent signifiant avalant. Garguanta devient alors l'avalant. On retrouve ici une caractéristique du personnage littéraire : sa gloutonnerie. 

à suivre...

jeudi 17 décembre 2015

"Din cer senim", Colinda (chant de Noël) et signification des fêtes de fin d'année

COLINDE orthodoxes chrétiens

Les origines de la tradition des colinde (sing. colinda, étym. calendes), chants qui, originairement, répondaient à une structure rituelle fixe, se perdent dans la protohistoire roumaine. Si les motifs chrétiens sont, depuis des siècles, privilégiés, les thèmes païens sont très présents dans ces chansons particulières réservées à ce temps fort de l'année qu'est la réactualisation de la Nativité du Christ. Temps fort de l'année liturgique dont les comportements qui s'y rapportent sont largement hérités du monde pré-chrétien, ce moment répondait à la nécessaire levée périodique des tabous en vigueur dans les sociétés traditionnelles lors des fins d'année : rituels orgiaques, boulerversement temporaire de la hiérarchie sociale (l'esclave devient le maître, ce dernier est moqué...), etc. Cette période de chaos est ou était homologable à la fin des temps, à une fin de cycle, à la destruction d'un monde auxquels succède nécessairement un nouveau monde, un cosmos régénéré. C'est ainsi qu'il faut interpréter tout passage d'une année à une autre. Par là s'affirme le caractère cyclique de l'existence humaine et de la Création, qui suivent des périodes de destruction et de renouvellement (palingénésie).  Si la période de Noël évoque nécessairement les Saturnales romaines, puis la fête du Sol Invictus-Mithra, il est à peu près certain que les pratiques licencieuses qui avaient cours lors du solstice d'hiver ont une origine bien plus lointaine. Il faut assurément remonter au néolithique européen pour approcher  les origines de ces fêtes de réjouissances solsticiales communes en Europe. 

Masque rituel selon la tradition populaire roumaine
VOIR aussi sur ce blogue :



lundi 14 décembre 2015

Bathory - One Rode To Asa Bay (1990)


Grèce et influences asiatico-égyptiennes

On sait, avec certitude, que la civilisation gréco-romaine n'a jamais été vierge de toute influence asiatique ou levantine, comme l'affirmait Sengler en son temps. On ne doit pas opposer l'héllénisme aux civilisations asiatico-égyptiennes. La Grèce mycénienne du IIe millénaire (proto-achéens ?) intégre bon  nombre d'éléments de la Crète minoenne, elle-même sous l'influence de l'Asie (Voir Arthur Evans, "inventeur" de la civilisation minoenne) qui seront préservés, assimilés par la civilisation grecque classique.
 Athéna ne présente-t-elle pas les mêmes caratéristiques que la déesse chthonienne (tellurique ou infernale) minoenne aux serpents, elle-même très similaire à la paire divine   Ouadjet (déesse serpent-cobra basse-égyptienne) Nekhbet (la tête de vautour de Haute-Egypte) ou la divinité mésopotamienne Astarte ? Leurs attributs sont les mêmes : l'oiseau, les serpents...


mardi 15 septembre 2015

Léon Bloy - Le Pèlerin de l'Absolu (émission de télévision de 1970)

Le sang du pauvre
"Le Verbe de Dieu est venu dans une étable, en haine du Monde, les enfants le savent, et tous les sophismes des démons ne changeront rien à ce mystère que la joie du riche a pour substance la douleur du pauvre. Quand on ne comprend pas cela, on est un sot pour le temps et pour l’éternité. — Un sot pour l’éternité ! "
Le désespéré
Léon Bloy à la BNF


samedi 21 février 2015

Alan Stivell - An alarc'h et Barzaz Breizh (T. H. de la Villemarqué) - Eloge du génie breton par G. Sand


Lien : Texte français-breton - extrait du Barzaz-Breiz, T. H. de La Villemarqué
An alarc'h (le cygne), consacré au retour de Jean IV de Bretagne (Montfort), se trouve au chapitre XVII dans la partie consacrée aux CHANTS MYTHOLOGIQUES, HÉROÏQUES, HISTORIQUES ET BALLADES.
Lien :  Le Barzaz Breizh - 1883 
Très court extrait du Barzaz : 



Théodore Hersart de la Villemarqué, philologue, peut être considéré comme un des premiers savants modernes à avoir entrepris la réhabilitation de l'immense richesse du patrimoine historique, mythologique (ou mythistorique), populaire (folklorique) breton, du merveilleux pagano-chrétien breton et celto-druidique. Récits et chants authentiques, "emprunts", créations, peu importe, cette somme est un monument littéraire pourtant largement méprisé (ignoré ou inconnu) par les "lettrés" d'expression française.


Le génie breton par George Sand



On en parle ici, à lire : http://www.editionsducygne.com/editions-du-cygne-musique-metal-satanisme.html











dimanche 15 février 2015

Liturgie orthodoxe, cosmique : exemple de la fête de la théophanie et du sacrement du baptême, une renovatio totale


La liturgie orthodoxe est une liturgie cosmique car elle convoque toute la Création, s'adresse au cosmos tout entier. Les fêtes liturgiques, le sacrement de l'eucharistie (action de grâce) réactualisation non sanglante du sacrifice christique, présentent un caractère cosmique clairement affirmé. C'est la création tout entière qui est bénie, de prime abord sanctifiée par la réactualisation des Evénements, des Temps forts de la vie du Christ. Prenons l'exemple de fête de la théophanie et du baptême. D'une part, lors de la théophanie (épiphanie catholique), le fidèle revit le baptême du Christ (qui révèle au monde sa nature divine) par la régression ab origine, c'est-à-dire en devenant contemporain de Jésus-Christ, il intègre l'époque où le Christ a vécu. Lors du sacrement du baptême, le croyant imite Jésus-Christ  en recevant le "don de l'Esprit" par abandon du "vêtement de corruption". Le baptême du Christ est un acte exemplaire qui a eu lieu à ce moment et qu'imite donc le fidèle. D'autre part, l'officiant bénit à la fois les eaux de la piscine baptismale mais également toutes les eaux de la Terre. Ainsi, l'acte rituel des "bains de la Théophanie" et la bénédiction des eaux chez certains orthodoxes sont un témoignage du caractère cosmique de la liturgie orthodoxe. Les fidèles orthodoxes reconnaissent à ce moment les vertus miraculeuses, guérisseuses, de ces eaux car par leur renovatio, elles acquièrent un nouveau statut intégrant le corps de Gloire de Jésus-Christ révélé comme seigneur de l'Univers, de toutes choses existantes, visibles ou invisibles. Le fidèle est purifié, par l'immersion meurt à l'ancienne vie et en sortant victorieux des eaux devient, à l'instar du Christ un nouvel Adam. La cérémonie rituelle a pour fonction de retrouver l'innocence primitive du premier homme au sein d'une nature non souillée, immaculée. L'apôtre Pierre dit que "le baptême sauve". Il sauve et produit le "nouvel homme" mais délivre aussi l'univers tout entier qui est sauvé des conséquences de la Chute originelle. Aussi, on ne peut pas dire que la nature est seulement sanctifiée par la bénédiction car, en effet, elle retrouve un caractère sacré. 
Le baptême est donc à la fois mort initiatique et renovatio individuelle pour le converti, tout autant que reconnaissance du caractère sacré des éléments de la Création : la nature (les eaux), elle-même est sauvée, rénovée. Le régime existentiel du baptisé tout autant que celui de la nature est bouleversé. Tout (animés et non-animés) accède à un mode d'être supérieur, différent de ce qui prévalait antérieurement. Par le sacrement, le cosmos est aussi est appelé à la Vie nouvelle. Nous sommes donc bien en présence d'une sotériologie cosmique. Ainsi, l'analyse assez répandue opposant paganisme et christianisme (soit d'un côté le sacré, de l'autre le saint ; par l'avènement du christianisme la nature ne serait donc plus sacralisée mais sanctifiée) doit être remise en cause. Le christianisme, surtout dans sa version orthodoxe, reconnaît donc bien en vérité la sacralité de la nature, des éléments, de l'univers dans sa totalité, le monde suprahumain y compris. 
Montage, JML, 2014
Voir aussi : 
http://jeanmichel-lemonnier.blogspot.fr/2015/01/theophanie-et-bapteme-du-christ.html






lundi 2 février 2015

Imbolc, purification et promesse d'une renaissance, déesse Brigid et sainte Brigitte de Kildare (1er-2 février)

Libre de droits

On parle d'Imbolc ou d'Oilmec c'est-à-dire "ewe's milk", "lait de brebis", le lait est prêt à couler en abondance car la brebis a mis bas, tout comme la déesse Brigid qui met au monde un dieu qui va grandir et prendre des forces, à l'instar de la période diurne de la journée qui se "renforce" en se prolongeant. Fête marquée par des rites de fécondité et de lustration (le lait, l'eau et la terre et le feu sont les éléments des rituels festifs), Imbolc marque la mi-saison hivernale, le début du réveil de la vie et une promesse de renaissance totale, de nouveauté, de joie nouvelle et complète qui viendra plus tard : le printemps annonce sa venue prochaine...Les heures d'ensoleillement plus nombreuses désormais réveillent progressivement la vie de plus en plus exposée (mais insuffisamment) à la lumière du soleil qui poursuit sa course depuis sa victoire sur la nuit lors du solstice d'hiver.
Imbolc, fête agro-pastorale, est liée aux premières naissances et Brigid la triple déesse trifonctionnelle protège les nouveaux-nés (le sien, cf. SUPRA) et le foyer, elle est gardienne du feu, et protrectrice des bardes, des poètes, des arts...Les premiers végétaux à s'extraire timidement de la terre sont une manifestation du sacré pagano-chrétien, ils sont les signes des premières joies de la certitude que la nature va revivre, suite au combat contre la mort et les ténèbres de l'hiver, ils sont la preuve que le cosmos tout entier travaille ou continuer à travailler -depuis le retour du soleil invaincu incarné dans et par le Verbe- à la victoire définitive des forces de vie, de la lumière du soleil et de la Lumière du Christ (dans une optique chrétienne) sur les ténèbres à qui il reste peu de temps avant leur défaite définitive...La nature "revient à la vie" peu à peu et est dans l'attente de l'accomplissement de la promesse equinoxiale de renouveau...de la résurrection du christ cosmique.
Voir : Calendrier



jeudi 25 décembre 2014

Noël, traditions dans les Maramures - Roumanie

Une chaïne principalement consacrée aux traditions des différents pays roumains : Terravox Films / Lisa Orsini Productions
Outre le fait d'entendre les fameux colinde, on peut voir dans cette courte video ces masques portés lors des réjouissances des fêtes de fin d'année : Noël (Craciun), Nouvel An (Mic Craciun, Anul nou). On ne s'attardera pas sur la fonction, complexe, de ces masques avec lesquels les êtres humains s'affichent durant  ces temps forts de l'année. De nos jours, la signification profonde des pratiques rituelles populaires pagano-chrétiennes est, d'ailleurs, méconnue, la plupart du temps, chez les plus jeunes (mais pas uniquement chez eux...). On peut dire en tout cas que nous avons affaire à un héritage typique de la culture archaïque protohistorique et que c'est sans doute dans ces campagnes de Maramures ou de Moldavie que l'on peut encore observer ces pratiques, rites et croyances (héritage daco-gète, voire néolithique, qui ont participé de la construction de ce christianisme populaire, cosmique) parmi les plus (sinon les plus) anciens d'Europe. 

Voir aussi :
http://jeanmichel-lemonnier.blogspot.fr/2013/12/abolition-du-temps-historique-fin.html
http://jeanmichel-lemonnier.blogspot.fr/2013/09/le-paysan-roumain-homme-religieux.html







lundi 22 décembre 2014

La lumière qui s'éteint - Mircea Eliade, partie II : metanoïa, nouveau solstice

La lumière qui s'éteint, p. 264 - Manuel, dieu païen
Extrait : la métanoïa de Manuel, l'un des héros du roman, participant au rituel orgiaque dans la bibilothèque -lieu initiatique- qui prendra feu (comme celle d'Eliade bien des années plus tard...événement traumatisant pour cet érudit, savant majeur du XXe s.)  Voir ici : http://jeanmichel-lemonnier.blogspot.fr/2014/06/la-lumiere-qui-seteint-mircea-eliade.html

Ce paganisme est très nietzschéen dans ses valeurs. L'homme qui devient dieu est en réalité le surhomme, le créateur de valeurs. Le chaos destructeur réalisé grâce au rite  orgiaque (au début du roman) aboutit à la création de nouvelles valeurs portées par Manuel, l'Emmanuel, c'est-à-dire "Dieu est avec nous (avec lui)". Le rituel orgiastique fut bien un évenement comparable au  "25 décembre", à un solstice (le soleil qui "s'arrête" et adopte un nouveau mouvement), à une victoire de la Lumière sur la Ténèbre (Dies natalis solis invicti). C'est à la fois une cratophanie et une théophanie (hiérophanie suprême). On a vu qu'Eliade pouvait très bien faire référence aux comportements des phibionites. Avec ce passage, l'auteur nomme  l'hindouisme. Le savant roumain évoque, de toute évidence, la consubstantialité dieu-esprit (ou âme)-lumière-semen virile dont on retrouve la trace dans les constructions religieuses indo-aryennes. N'oublions pas qu'Eliade, loin de défendre une tradition et d'en montrer la supériorité par rapport à telle ou telle autre, a montré à travers ses recherches, à l'instar de Guénon, l'unité des différentes traditions religieuses présentes et passées. 
Or donc, le paganisme de Manuel est tout autant hindouiste que nietzchéen. Manuel est Shiva, destructeur et créateur. La destruction se fait sur le plan physique -la bibilothèque détruite par le feu régénérateur- et sur celui des valeurs. Manuel, le jounaliste (quelle profession plus médiocrement moderne ?) découvre que tout était faux jusque là. Désormais, il a enterré Dieu, le dieu chrétien ou plutôt le dieu des chrétiens (aussi lâche et médiocre qu'eux, à leur petite hauteur...),  il ne tremble plus devant l'univers, devant l'immensité du cosmos, il n'a plus ni terreur ni effroi. L'homme fait l'expérience de la solitude cosmique...Il devient lui-même un dieu...païen. Manuel devient Shiva Nataraja, le danseur cosmique. La voie de la délivrance vient par la danse dans le monde religieux hindouiste.  Manuel-Shiva détruit les anciennes valeurs et en crée de nouvelles à l'infini, c'est l'éternel retour des cycles de destructions et de créations (différent du sens nietzchéen). 
La danse cosmique de Shiva
Source non identifiée
A partir de ce passage, on peut peut-être considérer, par déduction, que les  trois acteurs du rituel dans la bibilothèque à savoir Melania, le professeur et Manuel incarnent symboliquement trois divinités (avant d'acquérir leurs qualités, au moins dans le cas de Manuel le double "sombre" dans le sens de "caché" et "non controlé"du bibliothécaire Cesare héros principal du roman. Cesare est-il simplement schizophrène du fait de sa difficulté à interpréter le réel ou plus encore atteint du trouble de la personnalité multiple, ce qui ne serait pas contradictoire avec son "état", la maladie comme signe divin, phénomène transitoire vers la délivrance, sa recosmisation ?...) : Shakti, Kali ou plus sûrement Parvati, le principe féminin suprême, la Lumière, est Mélania et les deux divinités complémentaires Shiva et Vishnu (Hari Hara) sont Manuel et l'universitaire? En effet, Parvati procrée en même temps qu'elle détruit les illusions et l'ignorance, Shiva détruit lui aussi pour créer ensuite un nouveau "cosmos". A travers ces interprétations et "incarnations", on lit la prostitution sacrée telle que pratiquée, par exemple, autrefois dans certains temples hindouistes ? L'acte sexuel qui imite l'acte divin de hiérogamie (imitation de la syzygie), est donc un rite initiatique, ici effectué dans la bibilothèque-temple brûlée par le feu de Shiva (attribut phallique porteur du feu infini) donne naissance à "l'homme nouveau", ou plutôt au surhomme affranchi des contraintes de ce monde, un dieu finalement, si on doit le comparer aux autres hommes de condition spirtuellle misérable.

Dernières remarques. Ce dieu païen "au-delà de toutes catégories", s'oppose en tout au "dernier homme", au médiocre petit homme gris de notre ère, bien dans son époque, éternel satisfait de sa  condition, de ses centres d'intérêts qui ne dépassent guère son horizon immédiat, abruti par son travail, ses loisirs, son absence de convictions profondes etc.  Notre époque hypermoderne semble être réellement celle du dernier des hommes, de ce nouveau type anthropologique, de cet être faible moralement (homme ou femme), construit sur un mode hystérique, arrogant, sarcastique et stupide, ce narcisse dégénéré, imbu de lui-même  (sans pouvoir s'avouer consciemment qu'il se déteste pronfondément), pousseur de caddie dans les galeries marchandes -non-lieux- du supermarché mondial.."Je vous le dis : il faut porter encore en soi un chaos, pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante. Je vous le dis : vous portez en vous un chaos. Malheur ! Les temps sont proches où l’homme ne mettra plus d’étoile au monde. Malheur ! Les temps sont proches du plus méprisable des hommes, qui ne sait plus se mépriser lui-même.Voici ! Je vous montre le dernier homme." Nietzsche, "Ainsi parlait..."

Prophétie réalisée...







Pour une lecture nietzschéenne des évangiles, le bon livre d'Eric Edelmann :




dimanche 16 novembre 2014

Jason et les argonautes (1963) versus 300 (2007)


Tellement plus palpitant, exaltant que ces récents peplums et autres récits mythistoriques "numérisés", destinés à des BDphiles ou hardcore gamers bloqués au stade pré-adolescent, tel le manichéen, anhistorique, propagandiste (1) et accessoirement sans scenario et dialogues véritables, "300", d'une nullité abominable avec ses personnages imberbes sortis d'une salle de musculation de banlieue....Avec ce film, Jason et les argonautes, on a, au contraire, exactement la réprésentation qu'un excellent élève de 6e ou 5e pouvait se faire des héros bien humains (pas des gros beaufs en slip moulant qui s'injectent de l'huile Synthol dans les muscles)  et créatures mythologiques dont lui parlait son professeur d'histoire...

(1) Sparte=Etats-Unis, Perse=Iran. On avait déjà relevé cette utilisation du cinéma (dans un film qui, d'ailleurs, traite, même si très différemment, le même sujet) à des fins de propagande politique (période de Guerre froide) dans The 300 Spartans-La bataille des thermopyles sorti en 1962, dont s'inpire d'ailleurs la BD "300" qui donnera plus tard naissance au fil éponyme.