: Jean-Michel Lemonnier, bloc-notes: Michel Foucault
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mercredi 10 février 2016

"La vraie vie à l'école", éducation et néo-totalitarisme déconstructionniste dans le monde euro-américain

C'est en lisant cet article sur le site Politis http://www.politis.fr/articles/2016/02/de-la-misere-en-milieu-enseignant-34064/ que le souvenir de la lecture récente du du livre de Philippe Lacadée, psychiatre et psychanalyste "La vraie vie à l'école. La psychanalyse à la rencontre des professeurs et de l'école" (2014, Ed. Michèle) m'est revenu à l'esprit. Le fossé est tellement immense entre la réalité, aujourd'hui dans un établissement scolaire, et les solutions présentées dans ce petit ouvrage où l'auteur élabore des néologismes ("lalangue") qui n'apportent fondamentalement rien en matière de concepts opérationnels, euphémise (insultes-> provocations langagières), joue misérablement sur les mots en bon lacanien ("le langage de l'authenti-cité") et à la suite des légions de spécialistes en "sciences" de l'éducation explique tranquillement, témoignages complices d'enseignants qui travaillent avec lui en renfort, ce dont l'école a besoin. Bref, la longue litanie des niaiseries "égalitistes" habituelles. Encourager la création de toilettes mixtes élèves-professeurs, par exemple...
Cette lecture a été d'autant plus énervante que la thèse développée dans l'ouvrage nous a été présentée à plusieurs reprises, et ce dans un laps de temps très court, pratiquement sinon comme une "voie alternative de salut", une analyse innovante du système scolaire suivie de propositions en rupture avec le modèle sur lequel il est bâti. Or, il n'est rien, bien évidemment. Il faut toujours garder à l'esprit que le vaste domaine de la littérature des "sciences" de l'éducation est avant tout un marché et l'ouvrage de Lacadée n'en est qu'un énième produit. Lacadée ou comment continuer à être dans la norme tout en se réclamant de la marge. L'auteur est proche de Philippe Mérieu et trouve admirable le film de François Bégaudeau "Entre les murs"...La messe est dite...
 Ce qu'écrit Lacadée, certes  - on en convient - auteur bien moins médiatique et idéologue que certains autres "experts", on le retrouve en substance dans nombre d'ouvrages consacrés aux sciences de l'éducation :
 -partir des connaissances des élèves et considérer leur "culture" (sans rire et là encore il y a un sous-entendu monstre et parfaitement méprisant de la part de ce psy, VOIR ICI : http://jeanmichel-lemonnier.blogspot.fr/2015/12/trahison-des-elites-et-instruction-au.html) pour les amener à la culture savante, soit en cours de français partir de Joey Starr pour arriver à Du Bellay...(Toujours cette fascinatioin des classes moyennes et de la bourgeoisie libérale post-68 pour les voyous et les abrutis. Par ailleurs, personnellement, je n'ai jamais vu un rapport même lointain entre une chanson de rap et la poésie, la littérature en général)
-privilégier les modes d'organisations socio-spatiaux horizontaux, rhizomatiques (deuleuzianisme), 
-maintenir en vie la comateuse école "foucaldienne" inclusive, 
-persévérer dans la voie du relativisme-constructivisme interactionniste,  etc.
Enfin, on a du mal à comprendre le titre du livre, une fois que l'on s'est attardé sur le contenu ? "La vraie vie à l'école ?" Vraiment ? L'Ecole, si sa mission est  d'instruire, doit effectuer une critique radicale du spectacle de la marchandise, or ce Lacadée ne fait à la suite d'autres ses semblabes (bourgeois libéraux et "libertaires") qu'encourager la dictature démocratique de la merde, de la police du spectacle, le maintien de l'illusion de l'anti-vie par l'Ecole...Ce qu'écrit cet auteur lacanien (à la suite de son maître et de sa pensée de psychotière) s'inscrit  impeccablement dans la longue lignée des verbiages des flicaillons freudo-lacano-marxistes,  kapos du camp de concentration spectaculaire marchand globalisé.

On préferera à cet énième essai défendant l'enchantement aliènatoire, la lecture du Michéa sorti il y a des années "L'enseignement de l'ignorance et ses conditions modernes" (1999, réed. 2006, Ed. Climats-Flammarion). Dans ce livre, Jean-Claude Michéa montre qu'une critique efficace et réelle du système éducatif des pays du monde euro-américain, passe nécessairement par une critique conjointe du libéralisme économique (de droite) et du libéralisme culturel (de gauche) et plus généralement par un démontage des fondements philosophiques sur lesquels repose le "monde moderne" (incluant ses monstrueuses extensions paroxystiques dites "postmoderne" ou "hypermoderne" ; nous sommes bien contraints d'utiliser le langage de l'ennemi), ce que Lacadée et ses disciples ne veulent pas ou sont tout simplement incapables de faire...




Ce qui suit ne s'éloigne pas, à proprement parler, du sujet. Nous restons toujours dans le cadre de ce néo-totalitarisme pédocentré. Ici en Norvège, nous avons plusieurs exemples de l'application de ce mélange de féminisme autoritaire (matriarcat, facho-féminisme) et  pensée déconstrutionniste.
- Un premier cas où des parents (un père roumain, une mère norvégienne) se sont vus retirer la garde de leurs enfants car ces derniers  recevaient de temps à autre une petite fessée. 
- Un second cas :  une mére russe qui avait aidé son enfant à faire tomber sa dent de lait a été "signalée" (fiche S?) aux servives sociaux norvégiens, sur dénconciation de l'institutrice à laquelle l'enfant avait confié cette histoire...
Ces affaires peuvent paraître aberrantes pour toute personne possèdant encore un peu de "bon sens", expression détestée des bourdieusiens et autres derrido-foucaldo-deleuziens, freudo-marxistes ou marxistes culturels, car le "bon sens" pour ces idéologues, c'est le préjugé, le fascisme en germe. Pour les comprendre, il faut bien réaliser que de leur point de vue, le pouvoir, la domination, donc (encore une fois) le fascisme sont partout et notamment dans les valeurs que peuvent transmettre les parents à leurs enfants... 
http://stirileprotv.ro/stiri/international/familia-bodnariu-si-a-vazut-pentru-prima-data-copiii-dupa-2-luni-cazurile-similare-care-vorbesc-despre-un-stat-in-stat.html


 Ici, un directeur d'école de nationalité roumaine installé en Norvège, explique à des journalistes roumains, à quel point le système éducatif (au sens large) norvégien et "occidental" en général est catagogique (des enfants illettrés, des adultes qui n'ouvrent jamais un livre, des individus qui méprisent le savoir...) et crée des ordures narcissiques (narcissisme au sens de C. Lasch) à la chaîne. Cet homme n'a pas voulu placer ses enfants dans ces écoles transformées en pétaudières où je cite "les élèves font absolument ce qu'ils veulent", et a donc préféré les laisser grandir en Roumanie... http://stirileprotv.ro/stiri/international/familia-bodnariu-si-a-vazut-pentru-prima-data-copiii-dupa-2-luni-cazurile-similare-care-vorbesc-despre-un-stat-in-stat.html


Ici un article intéressant sur les nazis-féministes en Suède :
http://www.lauraagustin.com/extremist-feminism-in-swedish-government-something-dark

VOIR AUSSI sur ce BLOGUE : 
Trahison des élites et instruction au rabais :
http://jeanmichel-lemonnier.blogspot.fr/2015/12/trahison-des-elites-et-instruction-au.html
Socialisme clouscardien contre gauche deleuzienne :
http://jeanmichel-lemonnier.blogspot.fr/2015/08/socalisme-clouscardien-contre-gauche.html
et tous les articles marqués Michel Foucault :
 http://jeanmichel-lemonnier.blogspot.fr/search/label/Michel%20Foucault






jeudi 3 décembre 2015

Vampires psychiques

Qui n'a jamais estimé avoir perdu trop de temps avec ces baveux (mâles ou femelles), ces post-humains élevés par leur mère ou martyrisant leurs deux parents (ou seulement l'un des deux), de cette race dont on fait les meilleurs consommateurs et les plus toxiques parasites, parfois atteints du trouble du délire d'interprétation, qui s'écoutent parler ou se regardent écrire leur vie (et qui bien sûr ne s'intéressent pas à celle des autres), persuadés d'avoir quelque chose de fondamental, d'essentiel à dévoiler au monde ? Et encore, on pourrait faire un effort d'attention si jamais cela était fait avec style (Ah, le Grand Style romantique ou celui des anti-modernes, des réactionnaires aigris !). Mais non. On a avec cette engeance, systématiquement, le droit à un étalage de lieux communs d'essence névrotique sur d'épaisses tartines de narcissisme. 

Dans le domaine de la post-littérature, ça donne Christine Angot, Virginie Despentes ou Catherine Millet...De la baise petite-bourgeoise à laquelle on aime donner des dimensions cosmiques, des bruits de gros intestin irritable dont on voudrait faire des symphonies lyriques, alternativement "ça pète ou ça roucoule" ! Ces biographies de sous-préfets, ces confessions de notaires libertins, ces ragots de dame pipi éconduites ne devraient jamais franchir le périmètre des cabinets des psys.

 Malheureusement, ces vampires psychiquesqui profitent très facilement de l'empathie leurs interlocuteurs, immatures affectifs, éternels insatisfaits donc forcément agressifs, exhibitionnistes et indécents, incapables de se décentrer, de faire la différence entre eux et leur environnement à l'image du petit enfant s'imaginant omnipotent et qui une fois devenu grand n'aurait pas dépassé ses fantasmes archaïques, ont le désir (ah, ce foutu désir des soixantehuitards et de leurs rejetons idéologiques !) de se manifester. Alors, ça se répand, ça appelle en tapant du pied, ça se confie même quand personne n'a rien demandé...Leurs tromperies, leurs mesquineries, leurs mensonges, forcément foncièrement honteux ne peuvent, donc, avoir la virilité de ceux du Grand Bouc. On les prend la main dans le sac ? Ils répondent par une attitude de petite fille vexée à mort.

Une société composée de machines désirantes bercées par l'illusion de la possibilité de satisfaction de tous leurs désirs, de l'illimité, des identités mouvantes, de la table rase, tend naturellement vers le "fascisme". Ce n'est pas le vieux fascisme à pépé, c'est celui généré par les thèses du deleuzianisme et d'autres débris libidineux à la Michel Foucault. Du point de vue socio-politique, si le vote FN progresse, ce n'est pas à cause d'une poussée de fièvre nationaliste et d'un amour soudain pour la France d'un nombre de plus en plus important d'électeurs (ce qui en soit n'est pas condamnable), c'est parce que des franges entières de la population ont été exclues du marché du désir qui est aussi celui du Grand mensonge du "tout est possible". Et, ces exclus du "grand festin" veulent désormais leur part du gâteau...

lundi 17 août 2015

Socalisme clouscardien contre gauche deleuzienne

Michel Clouscard, un des derniers marxistes conséquents de ces 40 dernières années, détruit ou déconstruit (c’est bien la seule déconstruction à laquelle ne s’attaqueront jamais les butlero-derrido-deleuzo-foucaulâtres (1)) à travers son œuvre le grand "mythe" (au sens de mensonge) politique d’un mai 68 libérateur, d'où les accusations infamantes de "déviant ultra-dextriste" dont il fait l'objet de la part de tous les argousins de la bonne conscience social- démocrate molle du genou et de leurs alliés flicaillons de la juste pensée de gauche. Rappelons que détruire un "mythe", c'est prendre le risque d'être exclu d'une communauté...

Or donc, Clouscard démontre comment le mai 68 social a été liquidé par le mai 68 sociétal (bourgeois-estudiantin) acheté par avance par le libéralisme, mais aussi la fonction du plan Marshall vis-à-vis du C.N.R....Comment le ludique, le libidinal, la transgression vantés par la "nouvelle gauche foucaldo-deleuzienne" ont permis le mutation du capitalisme et l’émergence de nouveaux marchés, comment certains progrès ont été détournés de leur usage (ou bien était-ce alors leur fonction initiale ?), etc. L'usage progressiste (maîtrise de la natalité) détourné par l'usage mondain, corporatiste. Allez faire comprendre, par exemple, à l’électeur de "gauche RU486" que le phallocrate et la facho-féministe sont deux faces d’une même pièce que la pilule (ne plus s’emmerder avec une "poule pondeuse" ) mais aussi l’union libre, la famille monoparentale, c’est le rêve du premier... 





 Le freudo-nietzscheo-marxisme deleuzophrénique sera donc la doctrine qui justifiera la contre-révolution capitaliste de mai 68 et le marché du désir. Ainsi donc, selon Deleuze et les freudo-marxistes en général, l'inconscient produit les flux révolutionnaires du désir. Ce sont donc ces flux qu'il faut libérer pour renverser la "vieille société capitaliste répressive". Pourtant, à l'épreuve des faits, le discours de rejet des valeurs répressives n'aboutit pas à une remise en cause de l'ordre capitaliste. Bien au contraire, la permissivité et la prétendue libération des mœurs permettent le sauvetage d'un capitalisme en crise, celui de l'après-guerre : introduction de l'idéologie libertaire dans la consommation (création de nouveaux marchés à destination des couches moyennes), dans le monde de l'entreprise : fini le "vieux con", le patron sévère et vaguement misanthrope en costard qui va à l'église le dimanche, lecteur de Mauriac et amateur de musique baroque, place aux "jeunes ordures" du néo-capitalisme libidinal, sociables et narcissiques, fumeurs de cannabis (voir les rites d'initiation au modèle de consommation du néo-capitalisme) en jean's et baskets Nike qui fréquentent les boites porno-branchées d'Ibiza, fans de David Guetta et des Beatles...Le désir coupé du procès de production est ainsi pure propagande de parvenus.

L'idéologie freudo-marxiste devra ainsi camoufler les mœurs profiteuses du néo-capitalisme, des arrivistes, en modèle transgressif et émancipateur vis-à-vis de la prétendue "vieille société répressive" en libération des tabous par la circulation des flux du désir, par la séduction. Schématiquement, le corps est alors présenté comme un instrument de jouissance pour mieux nier le corps-instrument-force de travail, de par incidence nier l’exploitation. Valoriser le sexe et le genre et ignorer la classe, faire en sorte d'occulter cette lutte des classes qui s'est pourtant généralisée, métamorphosée. Mais, il ne s'agit plus, désormais, de se référer aux classes constituées, ontologisées ("les ouvriers contre les bourgeois") mais de retracer leur engendrement historique depuis la fin de la seconde guerre. Travail lamentablement refusé par les "chercheurs" et autres théoriciens marxistes de seconde zone. Le deleuzianisme (et tous ses rejetons idéologiques : genrisme/post-porno, etc.) n'est donc pas contestation mais accomplissement du néo-capitalisme. Ce discours confusionniste, faussement progressiste, de décervelage sera le pouvoir de classe des parvenu-e-s de la nouvelle société. La levée des interdits n’est que dressage des corps et conformisme total, écrasement des âmes, soumission à la doxa du libéral-capitalisme deleuzien.

Outre son démontage rigoureux de l'idéologie freudo-marxiste (ou libérale libertaire), Clouscard dévoile, à la fois, le non-dit du marxisme et...de la psychanalyse. Chez lui, il n'y a pas de volonté de destruction de cette dernière à la manière (deleuzienne) du philosophe du jouir à la plage (dans le bac à sable) sagement et sans morale...Le philosophe et sociologue Clouscard ne s'intéresse -il va sans dire...il va s'en dire- ni aux bruits de couloirs, ni aux ragots. Il ne regarde pas l'histoire par le petit trou de la serrure. Aucun marxiste mal dégrossi, genre "appareil" (si le chef de secte n' a rien dit sur le sujet, c’est que c’est contre-révolutionnaire) n'évoquera, par exemple, l'engendrement réciproque de Psyché (ici l’âme) et du politique ou du psychoaffectif et du mode production, de l'Oedipe freudien et de l'Oedipe de la praxis (le second surdéterminant le premier). Le philosophe sudiste propose de faire remonter à la surface la psychologie des profondeurs, "là où ça se passe réellement", de démystifier les termes de la psychanalyse pour les situer dans les rapports de production. La vérité de la chair n'est donc pas si cachée et pas si inconsciente que cela. Dressage ! Clouscard est donc authentiquement freudien et authentiquement marxiste et non pas freudo-marxiste. Il rénove la pensée marxiste et freudienne sans les vider de leur essence.


Clouscard décode le parcours (humiliant) qui mène de Cohn-Bendit à Le Pen (le retour du refoulé, de l’impensé de la nouvelle société post-68) : le raté de mai 68, sans qualifications, qui dit n’avoir pas trahi, ni renoncé (grande naïveté ou mauvaise foi ?) qui pensait vivre de petits boulots après le retour à la campagne, possible dans les conditions socio-économiques idéales de plein emploi et évidemment impossible après re-migration vers la ville, boulot de grouillot...qui s’oppose donc au parvenu "il y a des carrières-affaires après 68". Retour sur terre...ça ne l’empêchera de continuer à planer mais avec grande maîtrise de cette consommation ludique/marginale ("on n’aime pas les toxicos chez nous, on sait se droguer"), et/ou partie de tennis et plongée pour décompresser et de prendre la posture du rebelle mondain genre "docteur House narcisse-cynique". Cela résume bien la situation politique actuelle : deux grandes catégories, pas les seules, mais les plus représentatives du psychodrame.

Désormais, le second se sent menacé. Le spectre de l’interdit, de la castration resurgit. L’ado attardé se fait "père sévère" (remarquez comme c’est comique au passage). De libertaire, il passe à sécuritaire..., quand (les) Le Pen font accéder à la conscience de la nouvelle société post-68, tout à fait opportunément, ce qui était nié jusqu’alors par le libéral-libertaire : le producteur (le premier..."Voici venu le temps des frustrés revanchards"). Sous les pavés Le Pen, en effet... Effectivement, Clouscard ne s’est pas intéressé à Le Pen dont l’unique fonction a été, pour la gauche (et la droite), de fournir une figure du diable, de bête immonde aux suffrageants, empêchant alors l’analyse clouscardienne de se déployer...

Évidemment, les jeunes faiseurs de Mai ont 70 balais aujourd’hui. Mais, il s’agit de deux situations originaires, archétypales, fondatrices créées par deux "ancêtres mythiques" qui auraient posé un geste in principio, aux origines, en ces temps là...


Aucune idéologie désormais. A la place, une bouillie apolitique de dames patronnesses (mâles ou femelles) : "contre la peine de mort mais pour l'euthanasie", pédocentrée : maternage névrotique et dans le même temps, refus d'éduquer et d'instruire, négation de la différence parents-adultes/enfants, "sexualités périphériques"..., démagogie face à l'oligophrénie adolescente, tolérance-lâcheté, "il faut vivre avec son époque", la mondialisation comme phénomène naturel, "libéralisme avec compensation", judiciarisation des relations sociales, déresponsabilisation(s), spontanéité "analphabète" jaillie des profondeurs de l'inconscient, etc. Un brouet qui révèle de mieux en mieux le cloaque fétide qu’est devenue cette nature humaine déchue (Clouscard n'utiliserait évidemment pas ce terme, sa critique n'est pas "morale" au sens religieux) de l’ex-Occident.

La théorie clouscardienne (ni idéologie du loisir-plaisir-hédonisme, ni idéologie du travail) a une portée comparable à celle de la découverte de l’inconscient (L’Huma, 1981). Rien d’étrange à ce que cet authentique intellectuel reste méconnu (ou méprisé par les sociologues et philosophes si on doit encore leur donner un nom...) puisqu’il s’attaque au cœur d’un système qui s’est mis progressivement mis en place après 1945 et dont mai 68 a fait la promotion (une vingtaine d'années pour la période d'incubation, la France radical-socialiste plutôt rurale n'était, de toute évidence, pas prête à subir ces mutations socio-économique, politique et culturelle d'une violence inouïe au sortir de la guerre) et qui nourrit nombre de coteries politiques, économiques, "intellectuelles"...

On peut cependant formuler des critiques à propos de sa pensée. La première et la plus conséquente c'est l' absence de remise en cause du productivisme. Toute l'écologie politique (même si une bonne part est effectivement, aujourd'hui, totalement indigente : de Corinne Lepage à Cécile Duflot en passant par les Nicolas Hulot et Maud Fontenoy) présentée comme "chantage moral". On délocaliserait et on délocalisera, de plus en plus, les usines pour des raisons de protection de l'environnement, la "décroissance" ne serait qu'un concept flou, nouvel avatar du gauchisme. Pourtant, des milliers de pages savantes existent sur le sujet et n'ont rien de lubies néo-hippies : critique conjointe du libéralisme-libertaire, des scories du progrès et du productivisme capitaliste ou de type socialiste (Voir notamment N. Georgescu-Roegen, J. Ellul, S. Latouche, l'anarchiste-conservateur, "socialiste sans le progrès", J-C Michéa ou encore un précurseur comme G. Bernanos). De surcroît, la défense d'un sport élitaire qui cohabiterait avec un sport pour les masses (on ne parle pas ici de la nécessaire activité physique) est franchement discutable. En voilà, un beau système d'illusion...de la vraie "fausse conscience" (Engels) : sophismes sur le "beau jeu", la culture populaire, le "sport, lieu de synthèse de ces deux principes anthropologiques" figurés par Narcisse (le "plaire") et Vulcain ("le faire")...Sur ce point, Michéa écrit la même chose que Clouscard. Malgré ces quelques pirouettes rhétoriques, la réalité historique dit que le "sport socialiste" n'existe pas et n'a jamais existé. C'est toujours le camp capitaliste qui a imposé, impose et imposera ses règles, même dans le sport amateur. Sur ce sujet, on lira donc G. Debord avec profit.
Malgré ces quelques réserves, plonger dans l'œuvre de Clouscard c'est prendre le risque de ne pas pouvoir en assumer la totalité et d'effectuer d'abominables contresens (sa critique du capitalisme libidinal n'est pas celle d'un père fouettard mais bien une critique marxiste, certes non-stalinienne mais bien entendu matérialiste).
Quoi qu'il en soit, Clouscard est toujours aussi peu lu (surtout à gauche). Le grand public devra donc se contenter des débats de merde entre Onfray (bon pédagogue au demeurant, mais cette qualité ne fait pas de lui un penseur) qui vient de découvrir les vertus de l'Etat-nation (et Hegel par la même occasion) et Zemmour (ou n’importe quels autres publicistes interchangeables) et pour la "classe intellectuelle" se satisfaire de la logomachie des mutants (de Panurge) de la déconstruction et des sophismes bourdieusiens.

(1) Cette domination des logorrhées foucaldo-derrido-deuleuziennes (French theory) dans les discours universitaro-culturo-mondains est d'autant plus totale qu'elle a trouvée peu de téméraires (en dehors des Clouscard, Quine, Michéa, Mandosio, Bricmont-Sokal, Annie Le Brun dans une certaine mesure...) en mesure d'en effectuer la critique radicale. En effet, l'opacité de ces écrits "postmodernes" décourage rapidement toute initiative de...déconstructions de ces déconstructions ; celui qui s'attellerait à une telle tâche courant le risque de passer pour un imbécile "non-sachant" s'exposant aux sarcasmes de sophistes pleins de morgue, conspédants aux raisonnements vicieuxés ("ceci n'est ni un mot, ni un concept, ni un jeu de mots", Derrida...)...Au cœur de la théorie du langage de Derrida on dit : on ne peut saisir immédiatement le sens d'un discours ou ce que nous sommes sans passer par des médiations, je ne suis pas ce que je pense être "je est un autre" en somme (même si "je" n'existe pas selon Deleuze...). Bien pratique pour tous ces imposteurs puisque je n'assume plus ce que j'écris, ni ce que je suis... Nous ne parlons pas ici de personnes atteintes de certaines pathologies qui se manifestent, entre autres, par des idées et un discours délirants mais bien de ce quart-monde intellectuel pour qui l'incohérence des paroles et des écrits sert à dissimuler une absence d'idées et à dire à peu près tout et son contraire, de ce "subventionné" muni d'un outil scripteur, simplement névrosé -et conscient de l'être- qui se prend pour un schizophrène ! Ainsi, plus c'est illisible, plus la mystification peut durer...et l'inintelligibilité du discours présenté comme subversion pour échapper à la "normativité langagière" est évidemment pure escroquerie...

Publié le 22:08/2015 sur Agoravox : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/socialisme-clouscardien-contre-170978

jeudi 13 août 2015

La gauche au milieu des ruines...

Michéa part d'un constat : la pensée de gauche contemporaine est un immense champ de ruines. Loin de se limiter à quelques critiques superficielles qui effleureraient à peine le sujet, il établit une sorte de généalogie, bien plus encore une carte génétique (sa démarche est philosophique) du libéralisme pour y trouver les causes premières de la situation présente. Il rend alors compte du fait que la gauche telle qu'elle se présente de nos jours (de Hollande, à Emmanuelle Cosse en passant par Mélenchon), suivant à la lettre la formule de Michel Foucault selon laquelle tout l'héritage du socialisme est bon à mettre à la jaille, n'a jamais été que l'Incarnation du versant culturel du libéralisme. Derrière ce GRAND renoncement, qui pour paraphraser Jean-Claude était de toute façon, consubstantiel à la stratégie de cette gauche sorbonnarde-mitterrandienne-pétard-caviar, il y a un projet "total"-itaire : faire du "citoyen" une machine désirante (libérer les flux libidinaux !, les fascistes historiques auraient parlé de force vitale !), autrement dit un consommateur abruti et un employé servile, sans conscience politique et le priver de l'héritage de contestation radicale de ses ascendants (qui n'est que fascisme selon cette "nouvelle" gauche pour qui le confusionnisme et l'inversion accusatoire sont des modes d'opérer systématiques), sans racines donc, sans passé et finalement sans "qualités" (Musil). 

En lieu et place, de cette radicalité contestataire réellement subversive car "ENRACINEE", puisqu'il est désormais hors de question d'en finir avec le "capitalisme", la gauche libérale butlero-derrido-deleuzienne propose-impose à ce nouveau type anthropologique parfaitement immature (mâle ou femelle), nourri aux films de cet abruti de Tarentino et qui continue de jouer à la console Nintendo après 40 balais, les  slogans les plus creux les plus apolitiques et d'adhérer tous les couillonneries de la révolte mise en spectacle : de la techno-parade aux apéros festifs parrainés par Nike et les Inrocks, du "changement c'est maintenant" à la lutte anti-fascistes sans fascistes, du rebelle abruti techno-rapoïde qui gigote du cul dans les émissions de Canal + aux  études sur le "gender-post-porno-queer" et autres bavardages pervers déconstructionnistes, etc.

Être dans l'air du temps, vivre avec son époque...toute forme de nostalgie ou références à propos d'un certain mode vie qui exclurait, de facto, un bon nombre de parasitages mentaux actuels, toute contestation du mode de production capitaliste ne pouvant être que réactionnaire, "d'essence barrésienne" (Michéa citant Pascal Lamy à propos des déviants qui se posent deux ou trois questions au sujet d'une  mondialisation basée sur la croyance en une croissance infinie dans un monde aux ressources limitées), chacun est, par incidence, sommé d'adhérer au slogan : "il n'y a pas d'alternatives (au capitalisme)". Nier la réalité de la lutte des classes, écraser la psyché, salir les âmes ! Penser et vivre comme des porcs finalement...C'est le projet libéral-libertaire, un contrat à tacite reconduction entre la gauche et la droite depuis 40 ans, parfaitement respecté, par exemple, à travers l'alliance du sociologue de gauche et de l'économiste de droite...

Ceci étant dit, Michéa n'oublie pas la critique du marxisme (et des marxistes) en montrant la parfaite indigence de son anthropologie et son adhésion a-critique à l'idéologie du progrès (et cette stupide conception de l'histoire des sociétés : passage du stade de l'enfance à celui de l'âge adulte qui est la même chez les libéraux), au productivisme, à l'idée de croissance infinie, etc.

lundi 13 juillet 2015

De la lutte des places...


Les lieux de cultes (hors saison et sans curés chanteurs de variétés...), les bibliothèques malheureusement de moins en moins épargnées par l'invasion thématico-festive et de plus en plus inclues dans d'horribles médiathèques et autres Nouveaux Equipements Culturels, bâtiments à l'architecture hybride fusion entre le modèle stalinien et le tas de boue postmoderne (1) et les hôpitaux psychiatriques sont sans doute les derniers espaces publics de la modernité post-historique où l'on peut encore trouver silence, apaisement et réflexions non conditionnées.
Le bord de mer ? Peut-être, mais alors en hiver et par gros temps, quand les "f - estiva(n)liers" bruitistes à la démarche simiesque, trimbalant leurs flatulentes effluves et leur vaniteuse connerie bavarde (2) en tous lieux ont foutu le camp et ont réintégré leurs lieux d'ennui de travail machinal d'accumulation d'humiliations et de servitudes lâches.
Le reste de l'espace public ? Occupé par l'individu/machine-désirante, merveilleusement bien dressé pour servir (bien malgré lui?) les intérêts de l'hyper-classe, qui fait valoir son droit à une certaine "spatialité", DJ' de ses mobilités-"mobilitudes" multiples, qu'il soit porteur de murs des cités artificielles mais plus encore libéral-libertaire consommateur d'espaces et de biens matériels (3), tertiarisé, apéritifisé, nomadisant d'un espace "requalifié" signifiant (signifiant pour lui ; car ce signifiant ne renvoie qu'à lui-même et à sa "tribu") à un autre. Autrement dit, dans le dernier cas cet espace public urbain hypermoderne "festivisé" est investi par l'héritier direct du petit-bourgeois gauchiste-hippy spontanéiste ; il est l'ultime expression du parasitage néo-colonialiste du bourgeois culturel.  Donner l'impression de re-tisser du lien social, de renouer avec des solidarités authentiques alors que seuls certains groupes (qui, certes, donnent l'impression du plus grand nombre) s'approprient, dans une perspective purement égotique, des pans de plus en vastes de l'espace public...

De l'occupation libidineuse et ludique des villes en temps de paix... Destruction de l'intimité, place à l'intimisme de foule...à l'ère des masses (anomiques)...


Les intellectuels, conseillers du prince, sous-doués de la déconstruction, abstractionnistes du réel, spécialistes du néant, animateurs des cortèges mortuaires des saccages spectaculaires qui se réjouissent de la destruction de ce "monde ancien moisi" qui n'existe pourtant plus depuis des décennies sont, bien sûr, l'avant-garde de la "lutte des places" : tout appartient à tout le monde, sauf, de tout évidence, leur poste confortable (mobilité sociale...), le loft de ces partousards (souvent d'anciens logements familiaux acquis après relégation des classes populaires à bonne distance de leur quartier) ou leur maison de campagne achetée pour une poignée de cacahuètes grâce à la déportation des masses rurales (euphémisée en "exode rural" par des légions de sociologues, de géographes et de statisticiens) vers les camps de concentration de la modernité urbaine et (techno-)industrielle...La terreur à la campagne doit être camouflée par le discours de la libération par la ville, à la ville...et les procédés rhétoriques qui mènent à la négation des campagnes (ça n'existe plus!) comme à la négation du prolétariat sont les mêmes. On dressera dans le même mouvement la "classe ouvrière" contre les classes moyennes pour mieux liquider ces dernières ensuite, par la valorisation politico-médiatique des discours de beaufs anti-fonctionnaires notamment.


                                                                      Spéculations...
L'unique fonction de ces pantins subjectivistes à roulettes -la boîte à outils foucaldienne sous le bras- enfonceurs de "portes ouvertes" (festives...) qui ne circulent plus qu'en "site propre" (4) est de donner une forme vaguement philosophique aux lieux communs de leur époque, de justifier un statu quo. Et avec quelle arrogance ! Il faut avoir fréquenté un de ces techno-populistes yuppies, néo-scientistes mystiques pour prendre la mesure de cette autoritaire connerie satisfaite (Ah, comment évoquer ce perpétuel petit air supérieur et agacé, si caractéristique de ces hystériques dont la volonté de toute-puissance infantile n'a jamais été contrariée ?!...). Des maquisards mondains, pour qui, toute désagrégation des valeurs qui permettaient de vivre dans un monde signifiant et familier est un formidable pas de plus vers ce que les adjudants de la pensée appellent "émancipation".


L'explosion de la cellule familiale remplacée par les "connaissances" et la bande de potes -quel horrible mot !- (ah, ces listes d'"amis", de véritables annuaires !), l'arrachement des individus à la terre de leurs ancêtres, la négation de la "nature humaine" qui ne serait qu'une construction sociale visant à imposer et légitimer des dispositifs de "normalisation" par incidence l'apologie des identités multiples ("Je" est un autre, Gilles Deleuze écrira que "je" n'existe pas, ce qui est encore plus radical), de la confusion-superposition de l'usage des lieux et des genres, mais aussi des temps (de travail, de loisirs...à foison) autrement dit la promotion de la déresponsabilisation et du parasitisme socio-spatial participent donc de cette reconfiguration du vécu spatio-temporel d'une violence inouïe, désormais sans limites fixes et évidemment impossible à assumer pour l'individu : confusionnisme, mélangisme, "shizoïdie", de quoi fournir une patientèle intarissable à tous les praticiens des métiers "psy".


Simple question rhétorique : comment ces intellectuels progressistes peuvent-ils ignorer que toute cette contestation ludique, toutes ces transgressions ne servent qu'à implanter et normaliser le marché du néo-capitalisme ? Parce qu'ils ne sont, tout simplement, consciemment ou non (très souvent l'inconsistance de leur culture politique milite en faveur de la seconde hypothèse), qu'une face de la pièce de ce néo-capitalisme qui ne peut guère s'embarrasser d'interdits pour étendre son Marché à l'infini.


L'échec de toutes les idéologies laisse un "Moi vide" au milieu d'un champ de ruines intellectuel, à la merci de tous les simulacres, de toutes les campagnes "marketing", toutes les impostures novlangagières, toutes les logorrhées de mutants, de toutes les théories fumeuses qui doivent combler un trou noir idéologique qui s'étend inexorablement...occuper l'espace... Désormais, anxiété chronique, dépression nerveuse, névrose personnelle et objective, psychose attendent n'importe qui au bout du chemin de l'après-histoire... Des solutions ? La personne contre la masse, l'esprit contre la matière, le Don contre le Marché, le "cosmos" contre le chaos, la qualité contre la quantité, la réalité et la vie contre le simulacre et le spectacle.


(1) jusqu'à quand l'un des derniers havres d'anti-bruitisme ne sera plus préservé de la présence de jongleurs, de joueurs de djembés et des cracheurs de feux au nom du "pas de temps mort", "pas d'immobilisme"...pas de réactions ?
(2)souvenir d'une visite de la nécropole des rois de Saint-Denis : des shorts Nike qui recouvraient des viandes logotisées, faces de haine, hyènes hargneuses mais spontanéo-festives et "mobilisées", avachies sur les escaliers qui mènent à la crypte des Bourbons
(3) on "consomme" ainsi tout autant de la place publique consacrée à des événements ponctuels tels les apéros "intervilles" (demain les partouzes Tweeter sponsorisées (parrainées !) par Les Grandes Gueules de RMC, NRJ12 et Bouygues Telecom ?) à destination d'une clientèle particulière et limitée, qu'on pratique la consommation ludique et libidinale dans des shopping malls, accessible à cette même clientèle : les nouvelles classes moyennes d'argent principalement ; les plus pauvres, forcément frustrés, devant se contenter des miettes du festin-festif...Exciter l'envie sans jamais la satisfaire...
(4) on fera peu cas du fait que tout en défendant les transports doux, certains parmi eux prennent l'avion, parfois, 6 fois dans l'année


Publié sur Agoravox ; http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/de-la-lutte-des-places-170135



dimanche 5 avril 2015

Capitalisme libidinal, suite n° X...


Selon Deleuze et les freudo-marxistes en général, l'inconscient produit les flux révolutionnaires du désir. Ce sont donc ces flux qu'il faut libérer pour renverser la "vieille société capitaliste répressive". Pourtant, à l'épreuve des faits, le discours de rejet des valeurs répressives n'aboutit pas à une remise en cause de l'ordre capitaliste. Bien au contraire, la permissivité et la prétendue libération des mœurs (mai 68 dans sa variante bourgeoise-estudiantine) permet  le sauvetage d'un capitalisme en crise, celui de l'après-guerre : introduction de l'idéologie libertaire dans la consommation (création de nouveaux marchés), le monde de l'entreprise. Fini le  "vieux con", le patron sévère et vaguement misanthrope en costard qui va à l'église le dimanche, lecteur de Mauriac et amateur de musique baroque, place aux "jeunes ordures" du néo-capitalisme libidinal, sociables et narcissiques, en jean's et baskets qui fréquentent les boites d'Ibiza, fans de David Guetta et des Beatles...

samedi 22 novembre 2014

Neutralité philosophique théorique et hypocrisie du discours de gauche

Dans une société prétendument philosophiquement neutre, avec par incidence un Etat qui n'intervient pas pour porter des jugements de valeurs ou moraux en dehors des quelques limites sur lesquelles  les membres d'une telle société peuvent s'accorder (crime, pédophilie, viol, racisme et antisémitisme véritables et non fantasmés par quelques uns, etc.)  -mais pour encore combien de temps encore?- il est impossible de déterminer la part du bien de celle du mal. ça, c'est pour la théorie.

Mais dans les faits, on achoppe rapidement sur des problèmes insolubles. Qui pourra dire, par exemple, où s'arrête/commence la liberté des uns et des autres dans une société soit-disant axiologiquement neutre. Outre le fait qu'un tel modèle de société peut conduire n'importe qui au tribunal pour réclamer, contester, dénoncer, se défendre etc., on voit bien que l'Etat, en matière de justice, doit forcément en faveur de telle ou telle partie. Donc il prend position, il n'est pas neutre. Et c'est finalement le rapport de forces du moment qui fait la différence. Autrement dit l'idéologie dominante, autrement dit encore "l'air du temps" impose sa LOI. On voit bien, en effet, que notamment la gauche française (même dans sa version marxiste ou ce qu'il en reste), par exemple, se croit dépositaire de la vérité et du côté du bien. Sur le plan de la méthode, on sait comment ces gauches fonctionnent : anathèmes, intimidations, confusionnisme (1) etc. A titre d'exemple, l'usage abusif des termes "fasciste" ou "réactionnaire" sert à disqualifier toute pensée divergente de cette doxa qui depuis une quarantaine d'années se nomme freudo-lacano-marxisme et basée plus encore que sur un compromis, une alliance se traduisant par deux faits essentiels pour comprendre le jeu politique actuel : la permissivité des moeurs défendue par la gauche et le laisser-faire économique à droite. 

Cette gauche (ou ces gauches) dont l'émergence a été possible grâce la liquidation du marxisme (cela dit, les quelques marxistes qui survivent en France ne valent même pas la peine d'être défendus puisque la stratégie de stigmatisation de leurs adversaires est identique à celle des freudo-marxistes) qui s'indigne à chaque évocation de principes moraux, de références à des valeurs que partagent encore un bon nombre de citoyens français, passe pourtant  son temps à exclure, pointer du doigt les "déviants idéologiques". On confondra ainsi le conservatisme sur un certain nombre de questions sociétales avec des thèmes authentiquement fascistes, on jouera sur le registre de l'émotion sans faire intervenir la raison : on use d'une sorte de stratégie du choc, finalement, pour empêcher un authentique débat d'idées. 

(1) Où l'on a la confirmation que le discours des universitaires de gauche est du même niveau niveau que ceux des magazines comme le Point ou de l'Express. D'ailleurs, pour un certain  nombre d'entre eux c'est un des seuls moyens d'exister et d'être vus : voir aussi le journal Libération et ses tribunes tenues par ces universitaires...


mercredi 22 octobre 2014

Michéa et les "autres"...


Jean-Claude Michéa réhabilite des notions somme toute peu "scientifiques" car non mesurables, non quantifiables et qui ne rentrent dans aucun tableau statistique du CNRS, comme la "décence commune", la gentillesse ou le Don, voir le très respectable sentimentalisme "petit-bourgeois" (à distinguer du spectacle télé-perfusé de la sensiblerie générique entrecoupé de scènes d'ultra-violences pour troupeau de décérébrés peuplant le "global state" surdomerne), qui dépassent les "clivages politiques".
A une époque, où il faut, à la fois (et nécessairement) se comporter comme un-e abruti-e, un goujat (et, toujours en "mouvement" ! Sans nostalgie réâââctionnaire, SVP !) pour se donner l'impression d'exister, mais aussi notamment dans le domaine des SHS ne plus faire de la "littérature" (ce que les Sc. Humaines et Sociales sont la plupart du temps et réellement, ce qui ne présente, dans l'absolu aucun caractère méprisable), en donnant à sa prose des aspects de scientificité à grands renforts d'indicateurs (forcément ALTERNATIFS), de graphiques et de cartes et de courbes tracées par des crétins qui, parfois, manipulent des formules mathématiques (et des concepts philosophiques...) auxquelles ils ne comprennent rien, ce Michéa ne pouvait que rencontrer l'hostilité de ces cyniques "éclairés", qui peuvent indifféremment se réclamer du gauchisme, du marxisme, du freudo-marxisme, du "libéralisme" en général ou du libéralisme en particulier, de la droite machin-chose, etc. "Evidemment", c'est sans doute dans certains milieux authentiquement "conservateurs" qu'il rencontre le plus de sympathie, d'où les accusations """infamantes""" de "déviance dextriste" dont il est régulièrement la cible...

à lire :
 http://jeanmichel-lemonnier.blogspot.fr/2014/09/deconstructions-mortelles.html



mercredi 15 octobre 2014

Pierre Clastres - Chronique des indiens Guayaki / Mircea Eliade et terreur de l'histoire


"(...) de nos jours, alors que la pression historique ne permet plus aucune évasion, comment l'homme pourra-t-il supporter les catastrophes et les horreurs de l'histoire - depuis les déportations et les massacres collectifs jusqu'au bombardement atomique - si, par-delà, ne se laisse pressentir aucun signe, aucune intention transhistorique, si elles ne sont que le jeu aveugle des forces économiques, sociales ou politiques ou, pis encore, que le résultat des 'libertés' qu'une minorité prend et exerce sur la scène de l'histoire universelle." Eliade, M. (1969, rééd. 2009). Le mythe de l'éternel retour. Archétypes et répétitions. Paris : Gallimard, Coll. Folio essais, p. 169
Encore une fois la preuve que les écrits d'auteurs aux engagements/opinions politiques très différents (bien que le cas  Eliade soit fort complexe, malgré ce que certains charognards ont pu écrire sur sa période de jeunesse pour dénigrer l'ensemble de son oeuvre) peuvent entrer en résonance parfaite... 

mon exemplaire, édition de 1972...



A lire : 
La forêt d'Emeraude,1985-sociétés primitives :

Où on rappelle que si dans ces sociétés primitives les  moeurs sont libertaires, dans le même temps, il y a nécessairement un très grand conservatisme à la fois dans le processus de transmission et dans le contenu des valeurs et de l'éducation (ce qui revient pour une partie au même)  pour assurer la survie des communautés...Au passage, on notera, non sans ironie, que les mêmes qui s'extasient devant les codes culturels de ces sociétés premières (par ailleurs, parfois très violentes : guerres permanentes pour des raisons politiques, exo- et endo- cannibalisme, infanticide...ici on ingère ses ennemis sans SADISME, autre part on les fait mourir dans d'atroces souffrances : napalm, bombes à  fragmentation...qui sont les "barbares", où est le progrès ?) à 6000 km de chez eux, ne voient, souvent que "réaction", "répression" et "fascisme" dès que l'on parle de "valeurs" chez eux...(il y a aussi, il est vrai, des progressistes de gauche, profondément haineux à l'égard du mode de vie de ces peuples autochtones "en dehors de l'histoire").

En outre, avec Clastres ou Eliade, on est donc bien loin de certains auteurs "freudo-marxistes" (et avatars)
(voir ICIprétendant parfois s'inspirer de ces "sociétés traditionnelles" (on ne parle pas ici de la "vieille France vertueuse" ante-1968, mais bien d'un primitivisme fantasmé) pour élaborer leurs thèses. Des théories qui ne pouvaient que mener à la catastrophe anthropologique actuelle en les imposant à une "société complexe" comme la nôtre...

...on ne dénoncera, par exemple, jamais assez l'immense nocivité de l'oeuvre foucaldienne, dont une part a consisté à affirmer que le surmoi n'est qu'une création de la société bourgeoise-capitaliste cherchant par là à imposer un ensemble de normes strictes et à reproduire ad infinitam les mécanismes de dominations...Il n'est pas inutile, à ce moment, de se souvenir que ce même Foucault fut un défenseur (et pourquoi il le fut) , comme d'autres à sa suite et encore de nos jours, de ce qu'il nommera "sexualités périphériques"...

lundi 29 septembre 2014

Déconstructions mortelles - Mort de l'homme

A travers la philosophie du refus du "binarisme" (homme/femme, masculin/féminin, majeur/mineur, professeur/élève, coupable/victime, etc.) des penseurs déconstructionnistes (Derrida-Deleuze-Foucault...) et de tous leurs épigones, il y a cette volonté de destruction de la famille, des villes et des campagnes, de la nation, de l'Etat, de l'Ecole, du langage, de la justice et un désir...de disparition des adultes et...des enfants, implictement de mort/meurtre du "père". 
"On ne sait plus rien..." Il s'agit ni plus ni moins d'une entreprise hautement perverse et criminogène ayant pour résultat autant la catastrophe anthropologique actuelle (il n'y a plus d'adultes, mais des ados attardés narcissiques, bloqués au stade pré-oedipien, névrosés, dépressifs, dénués de surmoi et "accessoirement" dépolitisés) que la liquidation de l'Etat social (et non pas "Etat-providence" car il n'est pas tombé du ciel, et l'expression sert à dissimuler l'histoire des luttes sociales) au profit d'instances supranationales et de puissants réseaux d'acteurs privés (le fonctionnement horizontal, en réseaux...). En somme, la philosophie "pratique" (ou foir'fouille philosophique) deleuzophrénique -le confusionnisme- c'est celle du néo-capitalisme. 

Le corollaire de cette situation, c'est évidemment toutes les impostures "novlangagières", l'ésotérisme socio-philosophique parfaitement abscons, logomachique (l'intellectuel incompris qui ne trouve pas d'interlocuteur à sa hauteur "vous êtes des cons, vous ne comprenez pas ce que je dis", soit la posture du rebelle institutionnalisé) (1), la spontanéité jaillie des profondeurs ("littérature", "peinture"...) (2), le raisonnement par l'absurde, l'illogisme mais aussi par extension "l'esprit d'équipe" (le patron-copain, collaborateur et non plus extorqueur de la "plus-value"), les techniques de management, avec comme objectifs : empêcher le retour au réel (le retour du réel se fera, pourtant, par la force des choses...), la re-politisation des masses (l'accès à une conscience politique), par suite dissimuler des faits fondamentaux : les véritables dominations, la violence des rapports de classes...Enfin, on sait, par contre, combien ces intellectuels penseurs-caméléons (nombreux parmi les universitaires de gauche) peuvent redevenir très terre-à-terre, laisser de côté leur verbiage déconstructeur (et leur "boîte à outils" foucaldienne), surchargé et indifférent au réel, et se faire très concret quand il s'agit de gravir les échelons académiques et "soigner" leur carrière. Là, il n'est, évidemment plus question de "déconstruire", d'analyser, de réévaluer, rééxaminer  son propre rapport à "l'instinct de puissance"... En définitive, ces maquisards d'amphithéâtres ne sont que des trissotins des cabinets d'aisance de tous les pouvoirs.

(1) Cette domination des logorrhées derrido-deuleuziennes dans les discours universitaro-culturo-mondains  est d'autant plus totale qu'elle a trouvée peu de téméraires (en dehors des Clouscard, Quine, Michéa, Bricmont-Sokal dans une certaine mesure...) en mesure d'en effectuer la critique radicale (Ai-je bien compris?). En effet, l'opacité de ces écrits "postmodernes" décourage rapidement toute initiative de...déconstructions de ces déconstructions ; celui qui s'attellerait à une telle tâche courant le risque de passer pour un imbécile "non-sachant" s'exposant aux sarcasmes de sophistes pleins de morgue, conspédants aux raisonnements vicieuxés ("ceci n'est ni un mot, ni un concept, ni un jeu de mots", Derrida...)...Au coeur de la théorie du langage de Derrida on dit : on ne peut saisir immédiatement  le sens d'un discours ou ce que nous sommes sans passer par des médiations, je ne suis pas ce que je pense être "je est un autre" en somme (même si "je" n'existe pas selon Deleuze...). Bien pratique pour tous ces imposteurs puisque je n'assume plus ce que j'écris, ni ce que je suis... Nous ne parlons pas ici de personnes atteintes de certaines pathologies qui se manifestent entre autres par des idées et un discours délirants, mais bien de ces "intellectuels" pour qui l'incohérence des paroles et des écrits sert à dissimuler une absence d'idées et à dire à peu près n'importe quoi (vacuité intellectuelle), en somme l'intellectuel simplement névrosé -et conscient de l'être- qui se prend pour un schizophrène : POSTURE ET IMPOSTURE. Ainsi, plus c'est illisible, plus la mystification peut durer...et l'inintelligibilité du discours présenté comme subversion pour échapper à la "normativité langagière" est évidemment pure escroquerie...

(2) On est évidemment bien loin des mouvements du style "surréalisme" avec des précurseurs comme Baudelaire ou Mallarmé. Dans ce cas, le rejet de la rationalité, le détricotage du langage, le "cassage des codes" étaient sérieux et sincères puisque d'une part, ces artistes possédaient une culture classique, avaient "fait leurs Humanités" et bien sûr, cause première de cette rébellion, ils avaient vécu l'abomination d'une période historique à laquelle ils ne trouvaient aucun sens, aucune raison d'être, aucune justification d'où leur rejet d'un monde soi-disant rationnel.  D'autre part, ils étaient les premiers à s'engager sur cette voie de l'affranchissement d'avec la raison. Cependant, cette approche a montré ces limites et est, rapidement, devenue caduque. Pourtant, c'est sur cette voie sans issue créatrice, désormais pure imposture (l'art contemporain et le chaos créateur qui n'aboutit après des décennies à aucun renouveau) que s'engagent encore aujourd'hui toutes ces légions d'artistes improvisés qui ne possèdent aucun des repères culturels de leurs aînés (le faux "délire créateur"...)...

Voir : http://jeanmichel-lemonnier.blogspot.fr/2014/09/notre-epoque.html



mercredi 24 septembre 2014

Karl Marx, Michel Clouscard et Jean-Claude Michéa contre la gauche

Marx et Clouscard ne s'attaquent pas aux réactionnaires de leur époque, mais à la gauche qui leur est contemporaine. Ainsi, Marx ne fustige pas Bonald ou de Maistre, tout comme Clouscard ne fait pas une fixation sur Le Pen. Pour Marx, "être de gauche", c'est appartenir au "camp des bourgeois". Pour Clouscard, qui produit évidemment une analyse réactualisée des rapports de classes et de productions, mais également des clivages politiques, le problème (entendre l'adversaire du prolétariat -de fait du socialisme- dont il donne une définition élargie par rapport à celle des marxistes-idéologues) depuis 1945 et surtout depuis 1968, ce n'est pas la vieille bourgeoise gaulliste, bonapartiste ou le "nationalisme intégral" maurrasien dont il ne reste plus rien, mais le freudo-marxisme (la gauche sociétale-libérale) avec Deleuze, Foucault, Derrida...(des "néo-fascistes" ou "pré-fascistes"...on pourra toujours discuter de l'apppelation...) et par incidence les pseudo-clivages et catégories d'analyses créés par la "nouvelle gauche" : homme/femme (le féminisme), les "jeunes", les minorités sexuelles, ethniques, religieuses qui taisent et nient donc la lutte des classes. De même, le travail de Jean-Claude Michéa s'attache à démonter, avec des références différentes (Mauss, Orwell, Debord, Lasch, Caillé...) de celles du précédent cité,  l'imposture freudo-marxiste autrement dit le triomphe du libéralisme libertaire soit du néo-capitalisme né de la collusion entre la droite patronale, des affaires, et la gauche dite libertaire, qui s'incarne sur le plan intellectuel à travers l'alliance de l'économiste de droite et du sociologue (ou tout autre chercheur en sciences sociales) de gauche.
Par ailleurs, ajoutons que les belles âmes de gauche ont, visiblement, grand mal à comprendre que critiquer la gauche ne veut absolument pas dire être de droite, si cette distinction a un sens...Et, c'est tout le travail, finalement, des deux sus-cités que de confirmer l'obsolescence de cette distinction, voire sa facticité. 

samedi 20 septembre 2014

Notre époque...

Croyance sans faille dans le progrès scientifique et technique propre à la mentalité puérile et petite-bourgeoise gauche-droite...


...idéologie pavillonnaire "classe moyenne" qui se manifeste à travers le quadriptyque : baraque standard (même la déco intérieure est normalisée), bagnole, grande surface, boulot de tâcheron sous la supervision d’un chefaillon qui dispense sa science du management entouré d'une cour de délateurs...Il faut, ajouter le crédit à la consommation ("marché du désir") et le culte du "pouvoir d'achat", seul horizon métaphysique de l'euroccidental-e, désormais...

...des classes moyennes peuplant le global state hypermoderne qui ont si bien intégré, les codes de cette existence spectaculaire qu'elles attendent des autres des comportements stéréotypés calqués sur ceux véhiculés par cet imaginaire "hollywoodien" (entendons par là toute l'industrie du loisir télé-perfusé, du blockbuster au jeu TV), désormais dans l'incapacité de distinguer le vrai du faux, le bien du mal, ravalés au rang d'animaux-objets, à la psyché écrasée, entretenus dans un nouvel obscurantisme "technicien" voulu par leurs maîtres pour mieux leur faire accepter leur statut d'esclaves modernes... par incidence ces classes moyennes, sans convictions politiques personnelles, s'adapteront sans difficultés à tous les régimes politiques...


...disparition des intellectuels critiques remplacés par des employés-guignols de la société spectaculaire-marchande qui adhèrent, eux aussi, parfois
 revêtus de l'attirail du néo-beauf (sweat à capuche, rap-U2 en boucle et à fond dans leur mp4, VTTistes pratiquants) (1), au spectacle de la rebellion et aux mythologies modernes du nouvel idéal du globalisme libéral, créées par les séries US (séries hospitalières, séries policières avec des super-flics mâles et femelles top-models brushingué-e-s, série sur la vie des hystéro-pouffes euro-américaines éternelles auto-lacano-psychanalysées, etc.)...

...intellectuels, faiseurs de "doxas" (malgré leur baratin sur leur indépendance, leur lutte contre la vulgate, les prénotions) au service de la propagande du pouvoir économique et politico-médiatique (complicité, copinage, cooptation, collusion entre l'économiste libéral et le chercheur en sciences sociales de gauche, cf;  freudo-marxisme), qui défendent les "nouvelles sociabilités" de la beuverie, du vomi conviviaux et le "légitime droit au pétard"
(2) et, pour qui le monde n'est plus qu'un décors au sein duquel ils peuvent mettre en scène leurs gigantissimes  z'égos-zéros que la plus grande des galaxies ne suffirait même pas à contenir...


...mépris donc de la "gauche" des bo-beaufs (qui n'est en réalité qu'une "ultra-droite" qui refuse de dire son nom) à la connerie satisfaite,  pour les penseurs de l’ultra-radicalité tels (pêle-mêle) : Ellul, Georges Sorel, K. Marx (autant martyrisé par les "marxistes" que par les anti-marxistes...), Clouscard, Eliade, Castoriadis, Lasch, Jésus-Christ, Michéa, Rousseau, Berdiaev, Spengler, Rudolf Otto, E. de la Boëtie, Georgescu-Roegen, de la Villemarqué, Orwell, Chateaubriand, Bernanos au profit de la mollasserie conceptuelle et marketing, hautement complaisante avec le libéralisme (sinon sa meilleure ambassadrice) des Bourdieu, Foucault et sa boîte à m.... idées, Deleuze, Dubet, etc. ou encore des penseurs-militants de l'alter-féminisme post-porn queer...fascinés par les sphincters, la merde, le foutre, et les prurits gynécologiques...

...et puis l'inévitable traduction médiatique de tout cela : Bergé, BHL, Onfray, Fourest, Sorman et cie, nécessaire à la diffusion cette idéologie néo-totalitaire, au maintien de cette "dictature molle" décadentiste...



On parlera à peine de ceux que certains aiment encore classer à "droite" alors que rien de fondamental ne les différencie de ceux de "gauche" précédemment cités et dont l’intérêt pour les idées doit tenir sur un confetti, comme l'a résumé Alain de Benoist de manière excellemment concise... Ainsi, quand François Fillon affirme que les universités françaises sont controlées par des "marxistes", on pourrait bien rire...si cela ne révélait la dramatique absence de culture politique de ceux qui prétendent au pouvoir...


...et pourtant, ce sont toujours les mêmes vieux idiots-idéologues (certains se prétendent pourtant dialecticiens) et leurs héritiers jeunes cons porte-valises, pleinement responsables du désastre civilisationnel qui continuent aujourd’hui à nous faire la leçon et nous disent quoi penser et où on doit pisser...

...les uns avec leur collectivisme du caca et du partage de la misère, les autres avec leur individualisme et leur Marché régulateur et bienveillant (libéralisme avec compensation...) mais tous avec leur "progrès" et leurs "modernisations" de la connerie hors-sol et mobile de la flexisécurité-Work in progress...




(1) Le beauf de la "tradition", tel que formalisé, défini justement par ces néo-beaufs (juste retour de bâton après tout) est/était, sans doute bien moins sinistre et méprisant, parfois, que les individus qui composent ce nouveau sociotype


 (2) "La spontanéité libertaire venue de la consommation transgressive, du freudo-marxisme, du gauchisme, qui a cheminé autour des premiers émois, autour du flipper et du juke-box jusqu’à Woodstock est, en fin de parcours, pris en charge par le ministère du temps libre. La société assistée devient celle de la la libido assistée. (...) La geste libertaire s’abandonne à l’Etat, dans la mesure où celui-ci accomplit ses désirs. C’est, certes, un processus de banalisation. C’est aussi une conquête de masse. Le révolté, le transgresseur jette le masque : ce n’est qu’un veau. Le hash sera en vente libre."
Clouscard (M.), 1981, rééd. 2012. Le capitalisme de la séduction, Ed. Delga





mercredi 29 janvier 2014

Point de vue des marxistes orthodoxes sur un ensemble de questions sociétales

Etincelles, revue théorique du PRCF (Pôle de Renaissance Communiste en France), numéro 25- Mai 2013
Le point de vue du PRCF (pas du Parti Communiste Français) sur les évolutions/réformes sociétales souhaitées ou/et imposées par le gouvernement social-démocrate actuel (p. 19 à 34). 

Signalons d'abord que le PRCF, marxiste-orthodoxe dit oui au mariage civil (s'il est souhaité bien sûr/ critique implicite de l'intitulé maladroit "mariage pour tous") entre époux ou épouses avec les mêmes droits que les couples hétérosexuels. Oui à l'adoption par TOUS  les couples et...  Non à l'homophobie, évidemment. 
Et tout cela sur la base de "Marx, sans s'intéresser à 'la question homosexuelle' semble dire que" ou "Lénine écrit... concernant l'amour libre"...et en mentionnant le "Deuxième sexe" jugé "globalement émancipateur" (on se demande, cependant, émancipateur pour qui...Pour la bourgeoise bisexuelle rentière oisive certainement, beaucoup moins pour la femme ouvrière ou employée à bas salaire et hétérosexuelle par exemple).
On pourrait prendre cela pour un discours de "gauche normale" pour laquelle les références théoriques/idéologiques ne sont, cependant, pas à chercher du côté de chez Marx, ni chez Lénine, ou alors de manière tout à fait résiduelle. 

Mais, le PRCF refuse le confusionnisme sur un ensemble de problématiques sociétales ce qui le différencie assez nettement des autres partis de gauche ou considérés comme tels. Etre sceptique vis-à-vis de certaines innovations sociétales ne signifie pas faire le jeu de ce ce que ces marxistes appellent la "réaction". Autrement dit, on peut soupçonner (à défaut d'être certains) que certaines mesures présentées comme "progressistes" ne sont que les chevaux de Troie du capitalisme ou qu'elles n'ont pas à être acceptées comme telles parce que simplement présentées (sans "preuves" à et en l'absence d'un débat de fond) comme un "incontestable progrès". Le PRCF refuse donc le "chantage à la réaction" des sociaux-démocrates et autres libéraux-libertaires envers ceux qui "doutent" du bien fondé de certaines lois, "directives" ou projets de lois. 


Ainsi donc, faut-il refuser une "tenaille idéologique" et de choisir entre un  de ces deux camps :
-Celui des beaufs (qui dans leur imaginaire barbare se font gloire de casser du pédé)", de la "réaction" et du bloc "UM'Pen"en gestation (UMP'en est une formulation des théoriciens du PRCF convaincus d'un rapprochement partiel ou total (fusion) en cours des deux partis UMP-FN)

-Celui des Bobos, clientèle du PMU (Parti Maastrichien Unique-UMP et PS et partis satellites) voire des petits partis gauchistes (parti de Gauche, NPA), qui dans le cadre de l'idéologie capitaliste actuelle de la transgression, de la déréglementation, de la dénationalisation, de la "nomadisation", se fantasment sans classe sociale, sans patrie, sans sexe, sans couple, sans identité, "sans qualités" comme eût dit Robert Musil, en portant aux nues le mythe d'une pseudo-'liberté transcendante' qui n'est que la couverture mythifiée de la totale fluidité du capital et de sa devise managériale bien connue : "ne pas s'attacher aux pays, ne pas s'attacher aux produits, ne pas s'attacher aux hommes" (et dans la foulée, ne pas s'attacher aux couples, aux enfants, à son propre sexe, etc. et avoir pour seule identité stable la monstrueuse déclaration de Parisot : 'l'amour est précaire, la vie est précaire, pourquoi le travail ne serait-il pas précaire?')

On ajoutera qu'il faut être profondément stupide pour croire que critiquer la gauche c'est être forcément de droite. A considérer que ce clivage a encore un sens en France...

En outre, on  sait à quel point, pour certain(e)s, le fait d'afficher des "convictions de gauche" à leur boutonnière suffit à les convaincre d'être dans le "camp du Bien", voire d'incarner personnellement ce "Bien"...même dans le cas où on serait une ordure finie, moralement parlant...Mais c'est vrai qu'à gauche, on n'aime trop pas la morale...On ignore même jusqu'au sens du mot parfois...

Or donc, on va faire appel ici à l'anthropologie marxiste, qui s'intéresse donc à l'histoire sur des temporalités longues, pour prendre de la hauteur et comprendre les "conditions de l'autoformation du genre humain". S'en suivent les considérations habituelles sur le mépris des femmes par les institutions religieuses (de ce côté là rien de nouveau, c'est du marxisme pur et dur dans le texte...On continue à vouloir bouffer du curé), mais surtout entre autres (on ne fera pas un résumé complet des analyses présentées dans le numéro de cette revue), une critique de la "théorie du genre" (1) 

Une critique suivant deux axes complémentaires donc :

Une théorie (d'autres diront qu'il n'en existe pas/cf. : études sur le genre) jugée "dangereuse" par des marxistes (donc des progressistes) que seraient bien avisés d'écouter  les "gauchistes" et autres petits-bourgeois radicaux de gauche toujours prompts à choper tous les courants...d'air du temps.  Les mêmes petits et moyens bourgeois, totalement étrangers au monde ouvrier, toujours prêts à donner des leçons d'ouvriérisme à... des enfants d'ouvriers, d'ailleurs...

En somme, l'attitude réellement "progressiste" consiste à faire preuve de la plus grande prudence à l'égard d'un ensemble de mesures et de postures idéologisées et à mettre en avant le principe de précaution. Car, il existe indéniablement des constantes anthropologiques (la position des marxistes n'est pas d'affirmer que rien ne doit "évoluer"/ l'homme est un produit de la nature ET de la culture) et la théorie du genre pourrait être dévastatrice dans la construction de la personnalité de sujets déjà aliénés par le mode de production capitaliste. 


En outre, il n'existe pas de "droit à l'enfant". Les mères porteuses (pauvres forcément?) ne seraient finalement que des "machines à pondre" des enfants contre de l'argent pour de riches parents homosexuels (voir GPA). L'enfant-marchandise est une abjection totale ! Le sous-entendu idéologique relatif à ce "droit à l'enfant" c'est, qu'au final, un morceau de sucre, un gamin ou une bagnole c'est pareil. Soit le cynisme libéral le plus complet, le plus "achevé".  

A travers ses propositions (qu'elles aboutissent ou non à des lois), la "gauche" se révèle être, donc une nouvelle fois, le meilleur V.R.P. ou la meilleure caution morale (-> le "Progrès") -si l'on veut- des "avancées" du capitalisme total. 


(1) Voir Judith ButlerJohn Money. Mais les chantres des "gender studies" qui récusent l'appelation "théorie du genre" diront que ces deux là n'ont rien à voir ensemble et préféreront vous parler hypocritement de l'anthropologue Margaret Mead...Cet article démontre pourtant la continuité idéologique entre Money et Butler : http://www.nerve.com/content/mythbuster : "Judith Butler and others were all very supportive of John Money because he was saying what they wanted to hear. He was saying that, if you start early enough, a boy can be socialized as a girl."
Il faut reconnaître, aussi, une évolution de l'utilisation du terme "genre". Les "penseurs du genre" vont s'appuyer sur une distinction originelle  faite par des médecins étasuniens dans les années 50.  On passe alors en quelques décennies au "combat" de Butler sous l'influence des travaux charniers de Foucault et de Bourdieu et bien évidemment du "Deuxième sexe" du Castor bourgeois. Nous ne sommes alors plus dans la lutte traditionnelle féministe contre le sexisme (le déterminisme social lié au sexe biologique), mais dans la dénonciation d'une soi-disant "norme sociale hétérosexuelle". Ces "penseurs" affirmeront la non-universalité de la division masculin/féminin en se référant, d'ailleurs, à des cas marginaux existant dans certaines sociétés non-européennes.

On arrive alors aux travaux (parmi d'autres) des Rachele Borghi, géographe (sic) (l"anus comme espace indifférencié, car "non-discriminant") et des Beatriz Preciado "philosophe", toutes deux activistes post-porn queer. A leur lecture, on comprend alors "l'état d'esprit" de cette "gauche pathogène" genriste. Preciado, universitaire, écrit dans un article pour un journal français : "Depuis cette modeste tribune, j’invite tous les corps à faire la grève de l’utérus. Affirmons-nous en tant que citoyens entiers et non plus comme utérus reproductifs. Par l’abstinence et par l’homosexualité, mais aussi par la masturbation, la sodomie, le fétichisme, la coprophagie, la zoophilie… et l’avortement." (Libération, 17 janvier 2014).

A la suite des Judith Butler et autres fanatiques féministes lesbiennes post-porn queer..."chercheurs" en sciences humaines et sociales, B. Preciado propose de libérer l'individu par la négation de toute identité sexuelle et par la mise en place d'une société alternative "contra-sexuelle", de remplacer" le pénis et le vagin par l'anus ("centre universel contra-sexuel") et le godemichet (!). Refuser de faire des enfants pour déconstruire l'Etat-nation (espagnol dans ce cas) etc. Les foutaises derrido-deleuzo-foucaldo-althusseriennes habituelles adaptées aux luttes LGBT...Par ailleurs, en tant qu'homosexuelle, on ne voit pas en quoi ces questions de procré-n-ation la concernent...

Soit le crétinisme de l'idéologie de la transgression systématique propre à cette "gauche" qui ne se soucie guère de savoir à qui servent réellement ces postures outrancières... Haine de soi, refus de l'altérité. Bref. De la merde, des animaux objets sexuels pour ces dames et du plastique comme projet de civilisation...

Annihiler toutes les forces de vie au nom d'une lutte contre la "réaction". Ces "penseurs" veulent nous vendre une idéologie de mort sous couvert d'émancipation des "minorités sexuelles", de soi-disant tolérance plus généralement... Et, tout cela en dit long, également, sur l'état des sciences sociales dans le monde euro-étasunien (l'Europe centrale et orientale semble relativement épargnée jusqu'à présent par cette dérive narcissique et  autoritaire des SHS). Des laboratoires en SHS devenus pour certains les bas-fonds de la pensée humaine...remplis d'"intellectuels" coprophages (c'est Preciado qui l'écrit finalement...) et autres névrosé(e)s profonds, produisant des travaux à prétention scienfitique subordonnés à diverses idéologies mortifères.